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2 mars 2007 5 02 /03 /mars /2007 10:34

NEW-YORK MIXTAPE !!!

Cliquez ici pour la télécharger !!!

The Balloon Farm "A question of temperature"

The Chain Reaction "When I needed you"

Nick d'Angelo Farmers "Mr. Zeppelin man"

The Descendants "Lela"

The Groupies "Down in the bottom"

The Heard "Stop it baby"

The Inmates "Drop your drawers"

World Of Milan "One track mind"

Paul Martin "It happened"

Pete Moticelli "Lost"

The Overtones "There's a girl down the way"

Jake Holmes "Think I'm being had"

The Young Rascals "Lonely too long"

The Vagrants "Oh, those eyes"

The Scoundrels "Up there"

The Saints "Girl forgive me"

The Denims "I'm your man"

The First Crow On The Moon "The sun lights up"

The Mystic Tide "Mystery ship"

The Eldorados "All I want to do"

The Yo-yo's "Crack in my wall"

The Tigermen "Tiger girl"

The Third Bardo "Don't lose your mind"

The Off-Set "A change is gonna come"

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 19:12

Crime

Pour cette émission au bord de l'usure, Jeanpop2 et JPPP furent délaissés par Uder Mermouch, en villégiature en Tanzanie, mais qui fidèlement n'oublia pas de faxer ses notes sur la Louisiane.

Phrase de la semaine : pas de phrase de la semaine.

Link Wray "Street fighter"

The New Fugitives "That's queer"

The Brogues "Don't shoot me down"

The Judges "The judge and jury"

Mike Berry & The Outlaws "My baby doll"

Gene Maltais "Gangwar"

Bobby Fuller "I fought the law"

The Everly Brothers "A message to Mary"

The Gang Of Saints "Yes, it's too bad"

Motion "The thief"

Polk Shelton "Catch a thief"

The Brigands "Would I still be her big man"

Larry & Tommy

Fredie Scott

Gino Washington "Love bandit"

O.V. Wright "Eight men, four women"

The Band "Jawbone"

Little John & The Monks "Black winds"

Keith West "Kid was a killer"

The Inmates "Fakirs & thieves"

Idols "Wanted by the law"

Uder Mermouch a attribué à la Louisiane un indice de 6.8 sur l'échelle Psycho-Batave

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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 19:12

Prénoms masculins

Pour cette émission consacrée aux prénoms masculins chantés par des hommes, nos héros mirent à l'épreuve leur génie hebdomadaire tout en restant sur le fil du rasoir, pour cette heure et demie qui le fut peu, rasoir.

Phrase de la semaine : "Pourquoi vous ne l'appelez pas par son véritable nom ?" (M. Poire, pris en flagrant délit d'inculture)

Johnny Cameron & The Camerons "Funky John"

We The People "Alfred, what kind of man are you ?"

The Madmen "Alfred E. goes surfin'"

The Chantells "Shaggy Baggy Joe"

PB & The Staunchmen "Mean Willie"

The Spiders "Yves"

The Castaways "Sam"

Heinz  "Just like Eddie"

The Juveniles "Bo Diddley"

Bobby Womack "Harry Hippie"

Guitar Ray "Funky Pete"

Allen Toussaint "Country John"

Andre Williams "Cadillac Jack"

The Daily Flash "Jack O'Diamonds"

The Kinks "Do you remember Walter"

The Traces Of Time "Oh Bob"

Scott Walker "Thanks for Chicago M. James"

Charlie Feathers "Dinky John"

Chuck Barr & The Playboys "Joe Botch"

Peter & The Prophets "Johnny of dreams"

The Epics "Henry Long"

The Nightbirds "Richard Corey"

Guitar Wolf  "Fire Joe"

Uder Mermouch a attribué au Kentucky un indice de 4,1 sur l'échelle Psycho-Batave

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10 février 2007 6 10 /02 /février /2007 12:44

Prénoms féminins

Pour cette émission en honneur à la femelle, Tout le monde était sympa, sauf Mermouch qui s'est montré un peu trop entreprenant et autoritaire. Attention Uder, beaucoup se sont retrouvés sur l'île du diable pour moins que ça.

Phrase de la semaine : "Jai été à Nancy et j'ai été à Brooklyn."

The Mystery Trend "Mambo for Marion"

The Shandels "Mary, Mary"

The Indifferents "Cindy"

Little Phil & The Nightshadows "Perils of Pauline"

The Canadian VIP's "Mary Ann"

Mike & The Ravens "Goodbye to Mary Jane"

Will Bill Kennedy "Mary Lou"

The Satellites "Linda Jean"

Ray & Lindy "Big Betty"

Elwood James "Arkansas Jane"

Eldridge Holmes "Beverly"

David Ruffin "Dinah"

Otis Clay "Baby Jane"

The Lemon Drops "Jennifer Ann"

The Shadows Of Knight "Willie Jean"

The Hearsemen "Christy Anne"

The Inner Circle "Sally go round the roses"

Huey Piano Smith "Little Liza Jane"

Buddy Holly "Peggy Sue got married"

Michael Cox "Angela Jones"

Bobby Fuller "Nancy Jean"

The Hustlers "Linda"

T. Valentine "Hello Lucile, are you a lesbian ?"

The High Llamas "Dorothy Ashby" 

Uder Mermouch a attribué au Kansas un indice de 4 sur l'échelle Psycho-Batave

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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 21:54

            Au commencement étaient trois jeunes Noirs, employés dans une société d’agro-alimentaire de la banlieue de Dayton, Ohio. Le premier d’entre eux s’appelait Rudolph Sapnish. Parce qu’il était doté d’une puissante voix éraillée et qu’on ne le croisait jamais sans ses lunettes de myope, Rudolph Sapnish, qui avait en outre passé son enfance dans un foyer d’accueil, évoquait irrésistiblement David Ruffin. Cette comparaison ne joua pas en sa faveur, car Rudolph se contraignit par la suite à adopter l’humeur fantasque du grand vocaliste et à renoncer au caractère affable qui lui avait attiré ses rares amitiés. Le second, Rod Highland, était un larron jovial, buveur sympathique et incapable de la moindre profondeur. Sa force herculéenne le destinait à la fonction de batteur/percussionniste au sein des Insane Niggers. Le troisième, Felipe Jackson, avait une démarche claudicante, héritée d’un combat nocturne contre deux sans-abri particulièrement véloces, qui lui dérobèrent son portefeuille et sa veste d’université (Felipe, à la différence de ses deux comparses, avait reçu une instruction universitaire). Mais Felipe souffrait aussi de manière plus intangible. Il était un métis afro-américain/portoricain et considérait sa mixité ethnique comme un fardeau, bien que ni Rudolph ni Rod n’y eussent jamais fait allusion. Evidemment, c’est lui, Felipe, qui baptisa le groupe The Insane Niggers.

                                          

                                       Rudolph Sapnish aka "Dayton David Ruffin"

     

       A l’automne 1964, les trois collègues jouent leurs premiers concerts dans des bars de Dayton. Merveilleuse fidélité à la modestie des débuts, The Insane Niggers ne joueront ni dans les clubs, ni dans les radios, ni dans les Battles Of The Bands et encore moins dans les Fraternity Houses. Leur répertoire consiste uniquement en reprises, et le groupe ne possède alors pas de guitariste. Bien qu’il soit quasi impossible de connaître les chansons que les Insane Niggers interprétaient, un témoignage existe sous la forme d’un acétate mystérieux, enregistré loin de chez eux, en Pennsylvannie, sous la houlette de Clay Barclay Jr. : « What’s On A Surfer’s Heart b/w Valley Of Tears ». L’original de « What’s On A Surfer’s Heart » est crédité aux légendaires Faraway Suns, le premier orchestre du mythique Guy Kraines. Quant au second titre, il est bien sûr une relecture patiente et lyrique du classique de Buddy Holly.

            En août 1965, le trio est augmenté en quatuor avec l’arrivée du guitariste Earl Mulberry. Earl vient de s’installer à Dayton, et, sans activité, il est immédiatement séduit par le nom du groupe qui semble promettre une orgie ininterrompue et tapageuse, et lui offre surtout, à lui Earl, la chance de mettre un pied dans le « rock-business ». Proche de Felipe, il encourage ce dernier à composer des originaux. Très vite, le son de l’orchestre atteint à cette frêle et menaçante carcasse que nous lui connaissons et qui assimile The Insane Niggers aux lointains The Mauve et The Rising Storm. Les textes, extrêmement novateurs, sont tout empreints de ressentiment de classe, de dépréciation de soi et de paranoïa ethnique : ils singularisent pour nous, modernes, The Insane Niggers.

            Leland Christburgh était le fils d’Owen Christburgh, un vénérable chirurgien-dentiste de Dayton. Son père venait de lui procurer un matériel d’enregistrement des plus rudimentaires qu’il était désireux d’essayer avec le premier groupe sans contrat dont il verrait le spectacle. The Insane Niggers n’étaient pas à proprement parler une sensation locale, mais ils étaient entourés d’une certaine aura qui leur valait au moins respect et déférence. Si aucun directeur exécutif ne les signerait, tout le monde en ville estimait que leurs chansons méritaient d’être immortalisées. Leland sauta sur l’occasion et pressa quatre 45 tours sur son label « Steel Music ». Leur parution, mensuelle, fut la suivante : « You Caught The Wrong Man b/w Through With Dope » (février 1966) ; “I Wasn’t Here (Where You Thought I Was) b/w I’m Accused Of Something I Didn’t Do” (mars 1966) ; “It’s Cold In Jail b/w I Didn’t Steal Nobody” (avril 1966) ; “Ain’t Marching In The Latino Parade b/w Cuffs On My Knees” (mai 1966). Quelques engagements suivirent mais en août 1966, un événement étrange précipita la séparation du quatuor : Rod apprit à ses amis Felipe et Rudolph qu’Earl n’était pas celui qu’il prétendait être.

                                     

                                                     Owen Chritburgh & Wife

      Il avait découvert, un matin que lui et Earl s’éveillaient dans la même pièce, au lendemain d’une party très wild, que leur guitariste n’était pas un Noir. Earl était issu d’une vieille famille de riches magistrats de l’Alabama. Leur foncière iniquité avait conduit leurs ouvriers agricoles à entrer en rébellion, et ceux-ci avaient tué à coup de pierres le frère aîné d’Earl. Bouleversé, le garçon s’enfuit du domaine et erra dans les Etats du Nord, grimé en Noir. Le matin de sa découverte, Rod avait fixé son attention sur la cheville dénudée du guitariste. Il en avait tiré les justes conséquences, puis avait fouillé dans les papiers de son ami. Earl fut récupéré par sa famille et placé en internement. The Insane Niggers tirèrent alors leur révérence. Rod fut appelé sous les drapeaux ; on l’inculpa de viol à l’hôpital militaire de Saigon, où il termina ses jours, empoisonné. Rudolph tenta infructueusement une carrière solo sous le nom de « Dayton David Ruffin », puis retourna à l’usine. Quant à Felipe, qu’il soit aujourd’hui en paix ou non avec ses démons, il intégra le staff du docteur Christburgh. Il est devenu homosexuel.

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3 février 2007 6 03 /02 /février /2007 11:58

They didn't went to Harvard

 

C'est sans la moindre hauteur professorale que Jeanpop2 et son crew s'intéressèrent ce soir aux pauvres et à leur parler fleuri. Après avoir bien rigolé, il reprirent néanmoins la lutte Psycho-Batave, qui ne connaît de trèves que comme le ciel subit les éclairs.

Phrase de la semaine : "Il (Hoover) avait une réputation de grande fainéantise (M. Poire)- Et de papy queutard (Jeanpop2)"

The Treytones "Nonymous"

The Liberty Lads "Too much lovin'"

The New Lime "Ain't got no soul"

The Castaways "Ain't gonna cheat on me"

The Impressions "She don't love me"

Lou Pride "Comun' on home in the mornun'"

The Ambassadors "I ain't got the love"

The VIbrations "Gonna get along without you now"

The Playboys "It's awright"

Derek's Accent "Ain't got no feelin'"

The Prodigal "You got me"

Evil "Watcha gonna do"

Phil & The Frantics "Till you get what you want"

The Abstrack sound "Your gona break my heart"

The Fantastic Dee-Jays "Love is tuff"

The Psychotivcs "If you don't believe me don't"

Roosevelt Grier "C'mon cupid"

Roy Redmond "Ain't that terrible"

Joey Gilmore "Somebody done took my woman and gone"

The Young Tyrants "She don't got the right"

The Wave-Riders "Ain't it a shame"

Uder Mermouch a attribué à l'Iowa un indice de 5.4 sur l'échelle Psycho-Batave

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 14:33

Puisque 2007 sera l'année de la reconnaissance de la Psycho-Batave Belt

Jeanpop2 et son crew vous offrent :

ARIZONA/NEW MEXICO MIXTAPE !

Cliquez ici pour la télécharger !

 Playlist :

The Caravelles "Lovin' just my style"

Cordials "Misery"

Mile Ends "Bring'em on in"

The Spiders "Don't blow your mind"

The Grodes "I won't be there"

Lincoln St. Exit "Paper Place"

Phil & The Frantics "Till you get what you want"

Era Of Sound "Girl in the mini skirt"

The Kreeg "How can I"

Lewallen Brothers "Only a dream"

The Solid Ground "Sad now"

The Dearly Beloved "Flight 13"

Outer Limits "Don't need you no more"

The Striders "Am I on your mind"

Fe-Fi Four Plus Two "Double crossing girl"

Tongues Of Truth "Let's talk about girls"

The Plague "Go away"

The Chop "We're pretty quick"

 

Topsy Turbys "Topsy Turby"

The Burgundy Run "Stop !"

THAT'S FUCKING RIGHT !

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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 12:32

Autorité

Pour cette émission Patful et pleine d'esprit, Poire fit un retour remarquable, changé et grandi qu'il est par la mentalité est-africaine. Aucune bagarre à signaler, puisque Mermouch s'est révélé d'humeur stable, jusqu'à sourire une fois ou deux. Merci messieurs.

Phrase de la semaine : "Je pense que les gens veulent connaître les règles du jeu." (M. Poire)

The Aztex "I said move"

Reflections "Let me go"

The Illusions "Just be you"

Ray Colombus & The Art Collection "Kick me"

The Guess Who "Don't act so bad"

Billy Wade & The 3rd Degree

The Daylighters "Oh mom (teach me how to uncle Willie)"

The Flames "Stand up and be counted"

The Steelers "Get it from the bottom"

Buddy Holly "Listen to me"

The Gestures "Don't mess around"

The Beau Brummels "Don't talk to strangers"

The Triumphs "Don't ask me why"

The Surfaris "So get out"

The Trespassers "Come with me"

The Plague "Go away"

The Monks "Shut up"

Marion Black "Go on fool"

Mike & The Censations "Don't sell your soul"

The Radiants "Hold on"

The Clefs Of Lavender Hill "Stop ! Get a ticket"

The Burgundy Runn "Stop !"

The Chimney Sweeps "Give your lovin' to me"

Uder Mermouch a attribué à l'Indiana un indice de 4 sur l'échelle Psycho-Batave

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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 13:50

            Un être peut donner l’impression d’une grande austérité, lorsqu’il s’attache à des études très savantes et complexes, en obéissant à un protocole des plus stricts, ayant réduit, et même annihilé sa sociabilité, et châtier pour cela dans son langage toute marque d’abandon, cet être continue de nous aimer s’il réserve pour son usage intime une grande œuvre du sentiment, qu’il chérit sans ostentation et qui, à ses yeux, compense la vilenie des êtres vivants, en rassemblant toute la sagesse des êtres morts. Uder Mermouch ne se connaît aucun frère et cependant, son cœur m’apparut inépuisablement généreux lorsque je vis le 45 tours « Look At The Moon » par The Amoebas, par-dessus l’épaule de mon hôte. Je ne fus pas longtemps sans explication, l’extrême sollicitude de Mermouch ne permettait pas que l’on adopte tel comportement sans que celui-ci ne fût analysé et parfois critiqué par l’impitoyable observateur que Mermouch était. J’appris ainsi ce qui suit :

 « Les distractions au fort ne sont pas légion. Parmi elles, le bridge nous délasse le soir venu. Je peux m’y livrer avec détachement, échafauder alors quelques raisonnement, des plans de travail, et je suppose que tous mes partenaires, tacitement, jouent leur partie pour une raison identique : cette toile de fond virile, ennuyeuse, honorable, s’avère très nécessaire à nos pensées respectives. Avez-vous remarqué combien la pensée ne supporte plus le confinement de la chambre mais exige un espace légèrement, simplement socialisé, l’obstacle le plus menu, le moins rebutant, car c’est à cette condition : la possibilité de poursuivre un cheminement d’idées dans un espace qui ne lui est pas dédié, c’est à cette condition que nous vérifions la vigueur de nos idées, et il faut pourtant que l’espace ne soit pas trop éloigné de la chambre, qu’il conserve un caractère de chambre d’étude, sinon l’hostilité à la pensée croît au point de détruire l’esprit. La salle de bridge, qui n’est pas une salle, plutôt la partie d’un salon, la salle de bridge est bien cette supra-chambre d’étude, son prolongement, et ainsi, j’aime nos parties insouciantes et silencieuses. Il y a un mois de cela, notre ami Poire a posé bagage au fort, mais son acrimonie l’empêchant de se livrer au moindre jeu, son nihilisme l’ayant temporairement séparé de l’idée-même de plaisir, Poire qui a laissé ses cheveux pousser et ne contrôle plus son poids, fouille avec frénésie dans la prestigieuse collection de 45 tours Psycho-Batave de Jean Pop 2, et joue certains disques. C’est ainsi que j’entendis pour la première fois « Look At The Moon ». La chanson provoqua en moi un curieux phénomène. Je nous vis, moi et mon père, à Istanbul au début des années 1950. Par une nuit chaude et claire, nous arpentions une galerie que de véritables torches éclairaient. Nos ombres, portées par la lumière des torches, dessinaient des silhouettes monstrueuses. Je n’osai trop regarder dans les ruelles où je craignais de réveiller la fureur des mendiants et des assassins. Mon père portait un uniforme galonné. J’imitai la rectitude de son allure. Nous approchâmes bientôt des rives du Bosphore, là mon père soudain plus souple s’assit au bord d’un débarcadère, et il renversa sa tête, en sifflant une mélodie qui était celle de « Look At The Moon ». Puis il chanta les vers que vous connaissez. Je découvris chez cet homme qui me terrifiait une joie paisible et nostalgique. Il prononça ces paroles : « Songe que nous sommes le monde merveilleux contenu entre les plis d’un drap incommensurable, et quand il plaira aux Dieux de se réveiller, tout s’effondrera, même ces fleuves dont nous admettons un peu vite la puissance. » Mon père me sourit et proposa de nous chercher des glaces.

-         Au début des années 1950 ?

-         Oui, à Istanbul.

-         Ce souvenir serait-il spécieux ?

                                          

                                                     Uder Mermouch Senior

-         Il l’est. Les Mermouch vivaient à Ankara. Mon père vouait une passion à Gibbons, plutôt qu’à la poésie Psycho-Batave de Baltimore. Son dos était voûté, abîmé. Alors comment expliquez-vous que cette scène se fût présentée si spontanément, si complètement formée, à mon esprit, avec une précision que n’importe quel souvenir serait en peine de copier ?

-         Cette propriété remarquable qu’ont certaines œuvres à inventer de toutes pièces un passé idéal pour chacun, je l’explique par le concept de Passé en tant qu’Absolu. Le Passé en tant qu’Absolu rejoint peu ou prou l’idée d’une mythologie privée, il est ce qui ouvre à chacun les formes, le récit, les figures décisives de son existence rêvée, mais afin qu’un tel prodige ait lieu, l’œuvre doit réunir les qualités essentielles du Passé absolu. « Look At The Moon » semble les comporter toutes. Comme vous, une enfance légendaire a surgi sous mes yeux la première fois que j’entendis cette chanson de The Amoebas, et je me vis au milieu d’un convoi, plein de bêtes et d’hommes, de fusils et de pioches, un convoi dangereux dans les forêts de l’Oregon, je nous vis bâtir une église et une école, ramasser les premiers légumes, récolter les premiers fruits. J’étudiais ensuite les composantes de « Look At The Moon » et tentais d’en justifier les parties et le tout. Le premier trait frappant est l’égalité du rythme, un rythme ni trépidant ni trop lent, un cours régulier, une vivacité point trop alerte. J’en conclus qu’il s’agissait là de la joie des éléments : le rythme traduisait la joie d’une vie saine et ataraxique. Les voix, elles aussi, même lorsqu’un écho profond les garde d’atteindre à une pleine clarté, témoignent de cette santé ; ce serait un contre-sens d’associer des harmonies puissantes au sentiment d’une Nature révélée. Les voix ne doivent pas agir comme une piqûre ou un éclair, mais dans le halo qui les emporte, elles parlent comme le Dieu qui se manifeste par les nuages dans le firmament, ou bien comme la brume de l’aurore, une présence ineffable et bienveillante. J’aime particulièrement le canon bref et évaporé sur le vers « Look At The Moon » : au lieu de la fusée chorale attendue, les voix figurent une échelle dont les premiers barreaux s’effaceraient au fur et à mesure de l’ascension, et dont la destination est masquée à notre entendement. Le procédé est simple. Comme cette mélodie, marquée par la perfection circulaire et concise des airs patriotiques américains, dénuée d’accent, à la tonalité unie, ennemie de l’emphase, et cependant, il existe un accord mélancolique, celui que soutient le vers « And now she’s gone ». Cet accord symbolise la tentation passagère de la tristesse, et il est d’autant plus beau d’entendre juste après la reprise du mood initial, qui console le chanteur de la perte de son amour. Il n’est d’autre compensation que la saveur d’un Immuable reconquis sur le malheur d’une déception. Enfin, ce qui, je peine à la confesser, me transporte d’aise et d’admiration, et conforte notre théorie d’un Passé absolu, c’est… ah, vous risqueriez d’en tirer des conclusions regrettables…

-         Achevez.

-         La lead guitar, Mermouch, sa virtuosité me touche. Le virtuose est médiocrement considéré dans l’histoire du Psycho-Batave, mais celui qui joue sur « Look At The Moon » mérite une statue dans sa bonne ville de Baltimore. Rien qu’avec une fine réverbération, de magnifiques glissandi, ou des grappes de trois notes cristallines, le soliste, parfaitement au diapason de la rumeur océanique du reste de l’orchestre, respectueux de cette section rythmique engloutie mais pas morte pour autant, le soliste assume à lui-seul le mouvement fin, l’esprit subtil, le fluide sympathique de la chanson. Je dirais que sa partition vaut toute l’histoire de l’estampe japonaise, qu’elle en résume le style et la grâce, le vif et égal déplacement, le furtif et néanmoins toujours égal passage d’air, d’eau et de vie. Le Passé absolu comme le discret et infime passage des éléments, qui, lorsque nous l’appréhendons, annule pour nous et l’agitation et la vaine grossièreté de notre condition, celle d’hommes en lutte, bons à la souffrance et à l’inquiétude, dans la fournaise intolérable de nos intérêts.

 

-         New-age que cela. Nous avons besoin de chair, de cruauté et d’a priori violents. Et peut-être que certaine main d’enfant attend votre venue, vieux bougre. Suivez-moi.

 

The Amoebas - Look at the moon

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24 janvier 2007 3 24 /01 /janvier /2007 12:13

Doute

M. Poire parti en safari avec le petits-fils d'Ernest Lemol, Jeanpop2 et M. Mermouch assumèrent en duo la programmation et l'animation de cette soirée au thème préoccupant. Heureusement notre ami King Of The Lose vint sauver la soirée avec sa légendaire bonne humeur et son sobriquet ridicule.

Phrase de la semaine : "c'est très beau le roi du savoir perdre" (Jeanpop2)

Bunker Hill "You can't make me doubt baby"

The Young Rascals "How can I be sure"

The NightCrawlers "Who knows"

The Chapparals "It may be my fault"

The Syndicats "What to do"

The Guess Who "Could this be love ?"

The Striders "Am I on your mind ?"

The Squires "I can't do it"

Disraeli "What will the new day bring ?"

Thomas and Richard Frost "Where are we ?"

Bumble Bees "Maybe someday"

Everpresent Fullness "Sometimes I don't know where I'm bound"

Them Two "Am I a good man ?"

Irma Thomas "It's too soon to know"

Ike Turner & Tina "I can't believe what you say"

Bobby Womack "What is this ?"

The Kreeg "How can I ?"

The Dovers "What am I going to do ?"

The Innsmen "I don't know"

The Gestures "It seems to me"

Squiremen 4 "What's on your mind ?"

Short 66 "I don't know why"

Lee VI's "I don't know"

Uder Mermouch a attribué à l'Illinois un indice de 5.1 sur l'échelle Psycho-Batave

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