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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 18:38

Soleil

Pour cette émission dédiée aux âmes jumelles, soeurs d'inquiétude, de Randall Webb et Dennis Wilson, rien de spécial à signaler, si ce n'est que c'était un moment de haute voltige Psycho-Batave. Uder Mermouch continue à se montrer fort sévère avec les Etats Américains. Serait-il un rouge ?

Phrase de la semaine : "J'écoute souvent the doors" (Uder Mermouch)

The Monterays "Sunset"

The Baracudas "Days of a quiet sun"

New Colony Six "The time of year is sunset"

Suburban 9 to 5 "Only sunshine becomes you"

The Sunsets "I want love"

Ron Gray "Hold back the sunrise"

Sounds Ltd Set

The Temptations "Ain't no sun since you've been gone"

The Marvellos "In the sunshine"

The Soul Masters "You took away the sunshine"

The Misunderstood "Children of the sun"

The Ravens "Reaching for the sun"

Dean Carter "Midnight sun"

Boystown "Hello M. Sun"

The Dantes "California sun' 65"

The Ballroom "Sunshine today"

The Blades Of Grass "You turned off the sun"

Elliott's Sunshine "Cos I'm lonely"

The Rare Breed "I talk to the sun"

The Bounty Hunters "The sun went away"

Uder Mermouch a attribué à l'Idaho un indice de 3.2 sur l'échelle Psycho-Batave

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 12:51

La playlist de l'émission spéciale "noms ridicules" reste introuvable

Jeanpop2 est effondré

 

 Le galaxie Psycho-Batave s'écroule

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11 janvier 2007 4 11 /01 /janvier /2007 19:41

Le lecteur aura la bienveillance de vouloir considérer tout le fastidieux qu’impliquerait le récit pourtant très attendu de mon ascension du mont Elbourz, et de lui préférer ma soudaine apparition au beau milieu d’une cour. Le sable y avait vaincu la pierre, ainsi que toute espèce de végétation. Une fontaine, un baquet, une piste comme tracée par d’insolites petits cailloux noirs, voilà qui formait l’essentiel de ce que je pouvais observer, et je n’y trouvais pas même le charme de l’élémentaire, du fruste assemblage d’un village mexicain, régulièrement pillé et affamé. Au-dessus de moi, il courait un chemin de ronde, où seul un canon brisé montait la garde. Un vent âpre, froid et coupant, était le fantomatique orchestre saluant l’arrivée du visiteur et le sable aggloméré en minuscules tornades chassait les parfums irréels de la toile et du crin. Le fort de Jean Pop 2 n’en portait que le nom. Sous le porche, car la cour n’en était cependant pas dépourvue, une ombre s’avança. Elle me fit signe, mais la distance m’empêchant de déchiffrer le signe, je restai à ma place et attendis. L’ombre redoubla son activité et cette fois, je pus comprendre qu’on me priait d’approcher. Je ne m’exécutai pas et déclarai très haut que la courtoisie, l’obligeance et l’humanité exigeaient de celui qu’il était raisonnable de croire mon hôte, de révéler en premier sa présence, puis d’encourager son visiteur à révéler la sienne en le mettant à son aise, parce que non seulement l’honnêteté d’une introduction en bonne et due forme n’y suffirait pas, mais qu’il faudrait bien mieux créer tout de go un climat propice à la chaleur de l’entretien, peut-être au moyen de quelque mot d’esprit, point trop subtil, point trop grossier non plus, mais tout juste plaisant, assez pour qu’on n’en retire pas un préjugé fatal à celui qui nous tend la main. Tout cela, je le clamai dans le feu de l’instant, au mépris du vent qui semblait dérober la moitié de mes paroles. L’ombre se vexa, jura, et fracassa quelque chose contre le sol. Une voix s’éleva, douée d’une rapidité d’élocution déconcertante, piquée par endroits d’inflexions hystériques, et m’ordonna de rentrer sous le porche « sans délai aucun ». Je renouvelai ma requête. L’ombre, n’y pouvant plus, fonça à ma rencontre, et tandis que je découvrais les traits de l’être impérieux qui me fustigeait, j’entendis à nouveau rugir à mes oreilles l’objurgation de rentrer sous le porche « sans délai aucun, absolument aucun ». Je fis remarquer à celui qui me commandait si rageusement que ce délai proscrit venait pourtant de m’être accordé, qu’en conséquence, je ne subirais plus sans rire ses tentatives autoritaires, que nous pourrions dès à présent envisager nos rapports avec plus de calme et de sérénité. « Pourquoi diable ? S’étonna mon hôte, dont le front restait lisse malgré la colère sanguinaire qui brûlait son regard. La patience d’un solide discours est pour moi la marque d’un esprit suffisant, d’un esprit suffisant et fort, oui fort exécrable ; à quoi tentez-vous donc de me réduire, en vous complaisant dans cette identité de Libéral Britannique qui s’est armé d’une bonne rhétorique afin de justifier ses crimes, qui plaide pour la santé de sa logique avant de célébrer le triomphe de ses instincts ? Vous tuez des zèbres, c’est ça qui vous définit, ça et rien d’autre, la morale et la philosophie ne servent qu’à vous faire admettre cette vérité toute simple : que vous tuez des zèbres, et que c’est probablement tout ce que vous ferez jamais. Je sais qui vous êtes, Boulter Lewis, je sais celui que vous fûtes, je déplore la tragédie qui s’est abattue sur le plus impitoyable policier du Massachusetts et qui l’a changé en un épais raisonneur, êtes-vous de ceux qui, leur action condamnée, en deviennent les pires avocats, comme des professeurs repentis ? Rentrez sous ce porche, sans délai aucun. Rentrez, nous allons occuper une pièce, puis nous passerons à travers une autre, et enfin nous gagnerons une deuxième cour. Je veux que nous occupions la première pièce, parce qu’il y flotte toute ma pensée, et le travail qui l’exprime et les œuvres qui en résultent, je veux que vous compreniez combien une pièce saturée de pensée est suffocante pour celui qui n’est pas à l’origine de cette pensée, mais que par ailleurs, lorsque vous y pourrez respirer, à certains instants seulement, vous devinerez et saurez ce que je n’aurai aucune peine, moi, à saisir, et que je ne formulerai même pas, oui, dans ce qu’on pourrait qualifier d’étourdissement, vous serez instruit, alors ne tardons plus : rentrez sous ce porche sans délai aucun. »

                           

                                 Un jeune Mermouch très mignon

            Uder Mermouch avait exagéré la densité spirituelle du bureau où il promettait de me faire languir de nombreuses heures. Calfeutrée dans le bleu douceâtre de ses rideaux de serge, la pièce en question paraissait propice à l’étude et à l’ensommeillement. Mermouch, installé à son bureau, compulsait déjà ses fiches et ses plans, qu’il replaçait avec méthode sitôt consultés. Il ne daignait pas m’observer. Je remarquai nichés dans les étagères d’une bibliothèque des ouvrages peu amènes sur l’art de la poliorcétique et l’histoire de la fauconnerie, si bien qu’en étudiant la physionomie de mon hôte, je m’aperçus que la rigidité de son maintien ainsi que de ses traits ne s’expliquait pas autrement que par un contact prolongé avec les mœurs militaires, qu’ils eussent été familiaux ou bien seulement livresques. « Vous n’ignorez pas que je suis Boulter Lewis, ancien officier de police de Concord, Massachussets ?

-         Je l’ignorais. Je me doutais bien que vous étiez mêlé à cette croisade du Psycho-Batave, sinon je ne vous aurais pas trouvé posté irrégulièrement dans notre fort.

-         Le nom de Boulter Lewis ne vous évoque donc rien ? Je suis au fondement de la doctrine Psycho-Batave, j’ai au moins encouragé, favorisé la vocation de notre cher Randall Webb.

-         Je respecte cette histoire, que je connais fort mal mais suffisamment pour en concevoir une bonne opinion, mais voyez-vous, je travaille pour Jean Pop 2, ou, puisque vous émettez des réserves à peu près chaque fois que vous parlez, je mène une entreprise qui regarde de très près ce que notre ami Le Second poursuit de son côté, et qui parfois m’est nébuleux, je dois l’avouer.

-         L’épisode de l’arche Psycho-Batave ? En étiez-vous ?

-         Je connais cela, et entendez-moi : je méprise ardemment.

-         Quelle utilité retirerai-je de votre conversation, Mermouch, si vous adoptez systématiquement cette position périphérique au drame ? Je veux bien espérer que vous contribuiez au Psycho-Batave contemporain, mais pour ce qui concerne mon affaire, je n’attends rien de vous.

-         Une main momifiée.

-         Qu’avez-vous dit ?

-         Soyez patients. Laissez-moi vous exposer la nature de mes recherches. Depuis quelques années, Jean Pop 2 et moi nous interrogeons sur les conditions d’une reviviscence du Psycho-Batave, et, sous mon impulsion, nous décidâmes que certes plusieurs facteurs se liguaient contre l’idée d’une renaissance, mais qu’il était possible d’en isoler un et, à force d’en cerner la composition, nous pourrions, grâce à sa mobilisation unique et délibérée, poser le premier jalon d’une reconstruction ; le temps aidant, nous reporterions nos efforts sur les aspects provisoirement négligés, et les approfondirions de la sorte. Pour l’heure, il est question de cité, de géographie urbaine. Il faut saisir au plus juste la forme exacte de ce qu’est une cité Psycho-Batave. A cet effet, notre premier problème fut de considérer une zone que nous avons baptisé la Psycho-Batave Belt, s’étendant de la Californie du Sud à la Floride. Alors, oui, votre Massachussets natal, berceau du Psycho-Batave Tendre n’en fait pas partie, parce que, comprenez-vous, il s’agissait de ne circonscrire qu’un espace purement, exclusivement Psycho-Batave, et il nous apparut que la séduisante Nouvelle-Angleterre n’en offrait qu’une expression atténuée, pas fausse, ni gauchie, mais trop spécifique quand même. Une fois la Ceinture tracée, nous devions examiner à la fois la genèse, l’organisation et la logique à l’œuvre dans la formation et la croissance des principaux centres urbains du Psycho-Batave. Enfin, et nous n’en sommes pas encore arrivés à ce point, il faudra déterminer comment, artificiellement, nous pouvons reproduire ce modèle ou l’ajuster à des modèles éloignés, voire contraires.

-         Eh bien, que savez-vous sur la cité Psycho-Batave ?

-         C’est une banlieue pavillonnaire.

-         Est-ce tout ?

-         Le reste consiste en hypothèses, la seule certitude est que la banlieue pavillonnaire désigne une réalité récurrente du Psycho-Batave, et que nous devons ainsi la considérer comme une expression haute et décisive de ce qu’est urbanistiquement le Psycho-Batave.

 

En écoutant Mermouch, je me fis la réflexion que les hérauts contemporains du Psycho-Batave possédaient une vigueur toute discursive et s’attachaient aisément à des domaines extra-musicaux, deux traits qui nous séparaient, Mermouch et moi, mais que le passage du temps, le renoncement de Don Creux et la mort de Marvin Marty justifiaient. C’était donc là ce que le Psycho-Batave actuel, sous la férule de l’invisible Jean Pop 2, proposait, et qui, efficient ou non, avait son honneur, son ambition et sa criante originalité. Je me sentis à la fois exclu du cours des choses et favorablement porté à goûter ce Psycho-Batave moderne, qui tranchait avec tous les désaveux, rococo, Arméniens ou Bulgares, que j’entendis et dus braver pour moi-même, en ce qu’il postulait sans hésitation au siège intégral de toutes les cités du monde. Le réconfort fut immense, et j’eus la tentation de poser sur l’épaule de Mermouch une main paternelle, de ces mains dont Sred Sweign possède une maîtrise inégalée. Je trouvai heureusement un biais à cette impulsion qui aurait contrit notre Psycho-Géographe, en repérant opportunément, sous une vitre murale, un disque cher à mon cœur, et qui devait l’être tout autant à celui de Mermouch : «Look At The Moon », par The Amoebas, trésor du Psycho-Batave Lavette de Baltimore, Maryland. 
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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 12:47

Amitié

 

Pour cette émission consacrée à l'amitié, Jeanpop2 et M. Poire connurent un grand moment de solitude, qui fut contrebalancé par la visite chaleureuse de notre droit collègue King Of The Lose. Merci.

Phrase de la semaine : "c'est très beau la naissance d'une toge" (M. Poire)

The Beach Boys "Friends"

The Primitives "Your friend"

Pamela Blue "My friend Bobby"

Nightriders "With friends like you"

Rocky & his Friends "You weren't using your head"

Brothers and Sisters "And I know"

Soul Brothers Six "I'll be loving you"

The Brilliant Corners "Three lonely guys"

The Kelly Brothers "I'm so bad today"

The Zombies "Friends of mine"

The Ballroom "Opus to a friend"

Dave & The Customs "He was a friend of mine"

The Others "My friend the wizard"

Private Property Of Digil "To my friends"

Teddy & The Pandas "Childhood friends"

The Friends "Empty handed"

The New Breed "Friends and lovers forever"

The Vagrants "I can't make a friend"

The Brothers "Today is today"

Roscoe & Friends "Barnyard soul"

Marvin Gaye "Abraham, Martin & John"

Love "Your friend and mine- Neil's song"

The Puppets "Three guys looking for love" 

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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 13:53

Jeanpop2 et son crew vous offrent cette sélection :

Cliquez ici pour la télécharger !

SOON LISTENABLE ON GO FASTER RADIO, BRIGHTON ! 

 

TEXAS BLEND 

Destiny's Children "Fall of the queen"

Zakary Thaks "Face to face"

Danny & The Escorts "You need love"

Liberty Bell "For what you lack"

The Bad Seeds "Sick and tired"

The Crabs "Bye bye little girl"

Michael "I'm nobody's man"

The Cynics "I'll go"

The Sparkles "No friend of mine"

Murphy & The Mob "Born loser"

Kenny & The Kasuals "Come on kid"

Front Page News "Thoughts"

The Loose Ends "He's a nobody"

Lavender Hour "I've got a way with girls"

The Five Americans "Big cities"

Dalton, James & Sutton "One time around"

Larry & The Blue Notes "In and out"

The Chains "It's a shame"

The Eccentrics "Baby I need you"

Yesterday's Obsession "The Phycle"

The Mysterions "It's a lie"

Tommy & The Heartbeats "Come on darling"

The Esquires "These are the tender years"

Brym-Stonz Ltd "Times gone by"

YEAH !!!

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30 décembre 2006 6 30 /12 /décembre /2006 12:53

Cold-Wave

un jeune Mermouch pré-Psycho-Batave

Pour cette émission-pélerinage sur les terres gelées de l'enfance Mermouchienne, organisée pour faire plaisir à notre collaborateur Turc, et peut-être le faire sourire, M. Poire et Jeanpop2 firent tout leur possible pour amadouer le farouche Uder. En vain. Celui-ci refusa même d'acueillir La Carpa, venu tout exprès de Mejico pour le saluer.

Phrase de la semaine : "Putain" (Uder Mermouch)

The Starblazers "You better change"

The Music Machine "Everything is everything"

The Pastels "Circuit breaker"

The Bojax "Fast life"

The Troggs "Surprise surprise"

Yesterday's Obsession "The phycle"

The Friars Of Youth "All you wanted was a stand by"

The Monks "Oh how to do now"

Paul Martin "It happened"

The Henchmen "Please tell me"

Kim Fowley "We're not having a good time"

The Mystic Tide "Mystery ship"

The Younger Brothers "Go away"

The Chosen Few "Get it on life"

Silver Apples "I have known love"

Danny Burk & The Invaders "Ain't going nowhere"

5 Miles Out "Super sweet girl of mine"

Sly & The Family Stone "Let me have it all"

Betty Davis "Git in there"

Rumbles "Fourteen years"

Uder Mermouch a attribué à la Géorgie un indice de 4.3 sur l'échelle Psycho-Batave

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28 décembre 2006 4 28 /12 /décembre /2006 19:18

Dans les registres étendus du Psycho-Batave Tendre, a fortiori du Psycho-Batave Lavette, et pour une part considérable, de l’Italo-Américain et du Pédé Progressif, The Beatles, dès leur surgissement en Amérique, en janvier 1964, ont exercé l’influence la plus écrasante et la plus saine. Il n’est pas excessif de souligner que bien des formations parmi les plus subtiles de la période 1964/1967, ont désiré être The Beatles. Il n’est pas question ici de démontrer une énième fois la valeur du groupe, simplement de constater qu’il est une référence, au moins aussi invoquée que The Byrds ou bien The Rolling Stones. Certes, l’Amérique n’a pas attendu The Beatles pour devenir la terre du Psycho-Batave ; en témoignent le Northwest Sound et la Northern Country Scene. Quelque chose du Vieux-Loup a néanmoins trépassé avec l’apparition de The Beatles, et ce trépas, qu’on peut déplorer, est toutefois la condition de possibilité de variétés plus pures du Psycho-Batave : le Psycho-Batave Sublime et le Psycho-Batave Batave, ainsi que de mixtes fragiles : les susnommés Psycho-Batave Tendre, et son coreligionnaire Psycho-Batave Lavette.

Or, paradoxe de la monomanie ou bien glissement vers une forme d’exclusion typique du Pédé Progressif, The Beatles sont à peu près méprisés, raillés et souillés par une très grande partie des connaisseurs de la musique Psycho-Batave. On peut invoquer des raisons aussi diverses que : l’opposition journalistique entre le « wock » et la « pop », la sensiblerie de Paulo, Ringo Starr ne joue pas comme le batteur de the cream, la prétention du groupe de studio, le manque de drogues, les concerts ne sont pas aussi incendiaires que ceux de the who, Paul McCartney est une tantouze, ça manque de riffs d’enfer, mais où est le feeling du « blues » ?, c’est du formatage radiophonique, ils étaient meilleurs à Hambourg, Paul McCartney n’a pas de couilles, etc. L’attachement à The Beatles signifie bien pour la majorité une faillite dans le jugement ; il porte la griffe de l’inauthenticité. Même The Beach Boys, qui appellent sans trop de difficultés les qualificatifs les plus fâcheux, se trouvent à présent épargnés, grâce, en premier lieu au zèle des Pédés progressifs qui, au prix d’une réduction du groupe au seul Brian Wilson, ont imposé la légende très romantique d’un créateur tourmenté, et se repaissent inlassablement du faux contraste entre l’art de Brian et la futilité des autres, en second lieu, plus tacitement, grâce au prestige iconographique de l’Amérique surf d’avant 1964 qui séduit les fétichistes, parmi lesquels les plus sympathiques Vieux Loups (il faudrait cependant déterminer le degré de réelle estime qu’ils portent au groupe ; il n’est pas sûr qu’en France, tout cela ne s’explique au fond que par l’épaisse dérision dont nous pouvons faire preuve, hélas). The Beatles ne jouissent pas de pareille compensation.

Comparons avec le docteur Freud. Il y a un discours de spécialistes, un discours académique qui reprend le premier à son compte, et un discours diffus qui rassemble des gens cultivés et des gens qui s’estiment tels. Ce dernier discours, bien évidemment, se conçoit par haine farouche du second, qui vaut mieux toutefois puisqu’il imite le premier et meilleur de ces trois discours. Ce discours, le troisième, eut d’illustres défenseurs, dont Vladimir Nabokov. En substance, il consiste à traiter Freud de « charlatan viennois ». Nabokov pensait par ailleurs que William Faulkner n’était qu’un « chroniqueur à deux sous ». Peu importe. La désinvolture critique est excusable chez certains. Néanmoins, l’image du charlatan viennois nous est restée, et, avec elle, des synthèses imprécises, erronées, stupides : insistance sur le rôle de la sexualité, récriminations contre les déterminismes de nature psychologique, ricanements à l’encontre du rêve. Freud, pour ceux qui l’ont pratiqué, est un continent, mais interrogez ceux qui le considèrent comme un aimable primitif, ils vous brandiront l’une de ces trois synthèses. Ou bien ils feront leur malin en vous parlant de Carl Jung, censé représenter le fils rebelle. Bien sûr que Carl Jung est un génie. Ses véritables lecteurs savent que ses hommages à Freud ne sont pas dictés par l’intimidation, et qu’après tout, pour inventer le concept d’Inconscient collectif, il faut valider le concept d’Inconscient. Je crains qu’au fond, ils ne pensent rien de Freud ni de Jung, mais qu’il leur apparaît nécessaire d’égratigner le premier et d’encenser le second. Voilà ce qui nous intrigue, et qui nous permet de renouer avec notre problème initial : la détestation de The Beatles par ceux qui ont toutes les raisons de les chérir.

                                    

Freud et The Beatles, chacun dans son domaine d’expression, inaugurent quelque chose, et, si l’on souhaite exister auprès de ce quelque chose, ou bien dans sa périphérie (la psychologie ou bien les sciences humaines, pour la psychanalyse), il se révèle déterminant de se positionner par rapport aux fondateurs. Ce positionnement, dans les deux exemples, est affublé d’un coefficient très négatif, si tant est qu’on revendique pour soi une liberté critique qui fait toujours défaut aux autres. Les autres sont toujours soustraits à notre regard. Le meurtre symbolique du Père, voilà le cliché psychologique que votre note, Poire, ressert sans vergogne. Non. Ce sont les conséquences de ce premier meurtre qui me passionnent. Que je résumerais ainsi : il n’y a rien à opposer à un Père si ce n’est un autre Père, étant entendu qu’une figure excède toujours son représentant accidentel. Les Pères les plus intimidants et qui se révèlent les plus forts sont donc brutalement assassinés. Puisque nous traitons la notion pour ce qu’elle est, c’est-à-dire une figure, on peut légitimement raffiner au point de considérer comme un Père toute forme esthétique dominante. Or on domine de plusieurs manières, certaines écoeurantes, laides, malhonnêtes, fausses et autoritaires, d’autres qui se réclament de la Beauté et de la Vérité. The Beatles dominent dans les registres énoncés plus haut, registres qui s’ajustent historiquement à d’autres registres, et leur règne fut tel que ceux qui excellèrent dans ces registres connexes en souffrirent.

Du point de vue d’un Vieux-Loup conscient de ses propres conceptions, l’attitude la plus honnête qu’on puisse observer est l’indifférence. Une révolte anti-Beatles pour celui qui se pique de Psycho-Batave est parfaitement déplacée. Les Psycho-Bataves du monde entier, qui pèchent sans doute par excès de réflexion, communiquent très mal ce qui les anime. Les années 1963/1967, pour l’essentiel, ont été confisquées par les Vieux-Loups, dans le meilleur des cas par quelques Psycho-Bataves A Crocs éclairés, mais hélas très soucieux de mettre à distance les autres familles du Psycho-Batave. Ainsi, le superbe corpus Psycho-Batave Lavette, ou Tendre, ne possède pas à proprement parler de chantre critique. Tim Warren considère peut-être avec amour certaines formations Lavette et Tendre de Nouvelle-Angleterre, son discours laisse entrevoir sa fascination pour le raté, l’anomalie et la maladresse, qui sont certes les voies d’accès au Lavette, mais dont on doit dénoncer le risque principal : verser dans l’amusement, la dérision. Rien ne le prépare à envisager le Psycho-Batave Lavette sous la forme d’une combinaison esthétique sinon inspirée par The Beatles, du moins rendue concevable par eux. Comprenons-nous : si un Vieux-Loup s’entiche de Psycho-Batave Lavette et Tendre, la logique exige qu’il surmonte son aversion pour The Beatles, ou bien son intérêt sera justifié d’une bien pauvre manière, ramené à un goût futile pour ce qui, de son point de vue, est une variété d’ineptie rigolote des années 1963/1967.

Au sein du Psycho-Batave, des Pères très secondaires, et pas du tout menacés d’ailleurs, méritent qu’on les abatte. Je veux parler de Pères liés malheureusement à l’Histoire du Psycho-Batave, liés par ceux qui, en dépit d’une vaste culture Psycho-Batave, continuent de les invoquer, alors qu’ils marquent plus sûrement l’entrée dans une autre époque. Bien des formations de l’immédiat après-1966 entretiennent le trouble, et bénéficient encore de nos jours de notre aveuglement critique. Certains révèrent en elles le Vieux-Loup ou le Psycho-Batave, mais ces formations relèvent en vérité d’une espèce très sournoise du Pédé Progressif. L’avènement du Pédé Progressif dès l’été 1967 revêt un caractère si colossal, qu’il dut être difficile pour un groupe faisant preuve de bonne volonté, et sans doute seulement de bonne volonté, de commettre autre chose que de la musique Pédé Progressif. Et il arriva ce qui arrive toujours quand un Evénement spirituel se produit : les formes de rébellion étaient déjà comprises à l’intérieur de ce qui les provoquait, et le Pédé progressif engendra ainsi une pseudo-contestation encore plus lamentable que ce qu’elle contestait, et qui appelle, avec le recul, le nom-même que cette contestation réprouvait. Les Vieux-Loups portent leur croix. L’un des noms les plus respectés par eux est une forfaiture Pédé progressif, qui n’en a pas la musique, peut-être, mais en traduit exactement l’esprit. Et bien sûr, les Psycho-Bataves doivent se débattre avec un cas tout aussi inextricable, quoique le retour au giron Pédé progressif soit, dans ce cas précis, il est vrai, plus apparent. Nous avons évoqué le sujet à plusieurs reprises. Ce groupe affreux symbolise le théâtre de rue et la RFA. Le Dan disait de lui que ses musiciens n’étaient pas du tout compétents.

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26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 21:34

Antiquité

Pour cette émission qui clot le tryptique littéraire, la bonne humeur de nos campagnons et le mauvais caractère de Mermouch rayonnèrent encore sur les ondes. Et c'est déjà bien.

Phrase de la semaine : "Allez-y j'en salive d'avance slurp"

The Persuaders "Cry Of Atlantis"

The Odyssey "Little girl, little boy"

Homer Banks "A lot of love"

The Styx "Stay away"

Aaron Neville "Hercules"

The Satyrs "Yesterday's hero"

The Olympians "Hopeless endless ways"

The Epicureans "I don't know why I cry"

The Cynics "I'll go"

Jerry Waugh & The Skeptics "For my own"

The Stoics "Hate"

Caesar & His Romans "Green grass makes it better"

Little Anthony & The Imperials "Hurts so bad"

The Ovations "Rockin' chair"

The Emperors "You got me where you want me"

The Roamin' Togas "Bar the door"

The Ides Of March "Life has been so good"

The Tammys "Egyptian Shumba"

Kari-Lynn "Cleo Cleopatra"

The Pyramids "I don't wanna cry"

Darius "Dawn"

The Trojans Of Evol "Through the night"

Uder Mermouch a attribué à la Floride un indice de 4.7 sur l'échelle Psycho-Batave

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 18:11

Jeux de mots

The Ric-A-Shays "Turn on"

The Very--a-tions "She can't be won"

The Guilloteens "Hey you"

More-Tishans "Nowhere to run"

D'4 Ever "Mungkir Janji"

Missing Lynx "Hang around"

Try Angle "The writing on the wall"

The Syndicats "Crawdaddy Simone"

Why Four "It's a hard life"

The Four-a-while "Low class man"

Gary & The Knight-Lites "Take me back"

The Talismen "She was good"

The Talismen "Glitter and gold"

James Mean "Seeing her"

Van Dogs "Hey girl"

The In-Sect "Let this be a lesson"

The What Fours "Basement walls"

The Beatles "There's a place"

The Myrchents "Indefinite inhibition"

The Mid-Knights "I don't have to wait"

Beach-Niks "Last night I cried"

Ron-De-Voos '"The Maid"

The Inn-Sect "Let me tell you about the things I need"

Intensions "I dont get down like that"

Uder Mermouch a attribué aux Dakotas un indice de 3.5 sur l'échelle Psycho-Batave 

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Arts Et Lettres

The Titans "Tchaïkovski rides again"

The Beethovens "She is my love"

The Sonics "Roll over Beethoven"

The Beethoven's Fifth "Come down"

The Beethovens IV "Don't call on me"

Ty Wagner "I'm a no-count"

Montage "Grand pianist"

 Les Baroques "I can take you to the sun"

Tom Kerry & The Rembrandts "The Babylon twist party"

The Baroque Brothers "So glad was I"

The Retreds "Black Mona Lisa"

The Sunday Funnies "A Pindaric ode"

The Librettos "She's a gogo"

The Rubaiyats "Omar Khayyam"

The Dantes "Top down time"

The Dantes "Can't get enough of your love"

The Shakespeare's "I like you"

The Poets "There are some"

Byron & The Mortals "Do you believe me"

Hugo "Girl in the garden"

Virginia Wolves "Land of 100 dances"

Watson & The Sherlocks "Funky walk"

Morgen David & The Grapes of Wrath "Don't want ya no more"

Galatasaray Lisesi "Zazie"

Uder Mermouch a attribué à l'état du Delaware un indice de 4 sur l'échelle Psycho-Batave 

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 00:13

Bryan Ferry est un cas de ce qu’on appelle le Psycho-Batave Contrarié. Il a par conséquent, à l’intérieur de formes très éloignées du Psycho-Batave, dans des registres parfois douteux et pas même dignes d’être classifiés, toujours adopté une posture d’esprit typique du Psycho-Batave, d’après laquelle élégance et concision sustentent un imaginaire du luxe ainsi que la prédation de la chair féminine. Homme pivotal, Bryan Ferry s’est longtemps pensé comme un post-moderne, de ceux qui tournent en dérision les anciennes représentations populaires et les recyclent alors en objets contemporains ; un attrait passager pour la mise en pièces, la destruction, permet également de l’associer, bien vaguement, aux dadaïstes. Bryan Ferry ne se connaissait pas encore, et il fallut l’éviction de son odieux comparse dégarni pour que notre vieux beau naisse à lui-même. En 1975, année de déliquescence californienne et de moelleux philadelphien, Bryan Ferry rayonne enfin pour ce qu’il est : le rival blanc de Marvin Gaye et le héraut britannique de l’Orgue du Fantôme.

            1975 : « You Go To My Head », oeuvre solo, relecture d’un air chanté par Frank Sinatra en 1946, à l’origine interprété par Glen Gray & The Casa Loma Orchestra en 1938. Bien. Bryan Ferry a dépassé le stade de la rencontre fortuite, de la collusion entre formes ennemies ou relevant de niveaux culturels distincts ; cette fois, s’il y a œuvre de synthèse, car Bryan Ferry ne renonce pas à cela, l’idée de synthèse, s’il y a œuvre de synthèse, c’est parce que les parties réunies présentent entre elles des similitudes de contenu, de signification, qui motivent la synthèse. Ce que Bryan Ferry roucoule, avec rigidité certes, dans son interprétation de « You Go To My Head », est une découverte prodigieuse, que lui seul a faite, la parenté organique du show-business américain d’avant 1945 et de la régnante soul de Pennsylvanie, instituée par le primat de la Séduction. En d’autres termes, Bryan Ferry, en ne s’attachant qu’aux formes prises par la célébration de la Séduction, fait se rencontrer des mondes a priori incompatibles, et révèle leur plus secrète identité. D’un côté, une mélodie désuète, très sinueuse, des trouvailles poétiques exceptionnelles comme ce « This heart of mine hasn’t the ghost of a chance » : THE GHOST OF A CHANCE ! Rendez-vous compte ! qui traduisent de manière idéale la facilité et le pétillement de l’inspiration nord-étatsunienne, de l’autre, un attelage érectile de basse, clavinet et wah-wah, aux moments-clefs, une section de cuivres extrêmement compacte, et le renfort d’une batterie de l’imminence : l’essence de la suavité funk, l’exacte suavité qui est le piédestal du Sexe. Bryan Ferry n’a jamais cru que l’élégance pouvait être isolée de ce qu’elle prépare ; dès lors que l’élégance est visée pour elle-même, la morbidité guette, et avec elle le flétrissement de la création ; Bryan Ferry utilise l’élégance à des fins évidentes, qui étaient celles que poursuivaient nos marquis spirituels de l’Ancien Régime ; Bryan Ferry veut le Sexe.

            Le vidéo-clip de « You Go To My Head » radicalise la voie esthétique des pochettes d’album de Roxy Music. Néanmoins, la musique est cette fois supérieure et totalement fondue à l’imaginaire visuel. Il s’agit d’une troisième donnée, qui complexifie la synthèse, d’abord, et évidemment, parce qu’elle n’est pas d’essence musicale, ensuite parce qu’elle introduit l’Europe. Longtemps, Bryan Ferry, héraut britannique de l’Orgue du Fantôme, comme annoncé plus haut, a médité sur les ruines culturelles de la MittelEuropa, tâchant d’en saisir l’effroi et le magique. Or, ses contemporains s’étant rués en masse sur le même objet l’avaient vidé de sa substance, et l’on sombrait à nouveau dans la honte du décadentisme, dans le cabaret berlinois abject. Bryan Ferry comprit que là où il y avait décadentisme, il n’y avait guère de Séduction, encore moins de Sexe, mais seulement l’ordure. Alors la référence changea de contenu. Bryan Ferry explora pour son compte la pornographie si particulière de la jet-set internationale seventies, peut-être la dernière jet-set, dans une veine fort similaire à celle du photographe Helmut Newton, résident monégasque. La jeune femme du vidéo-clip « You Go To My Head » est une longiligne aristocrate, aux pommettes proéminentes et incarnat, aux paupières violemment badigeonnées de bleu : éclat insoutenable de papier glacé. A environ une minute dix, alors que la basse martèle complaisamment le début du premier middle-eight, tandis que l’exquise créature minaude de l’air le plus outrageux du monde, Bryan Ferry, nonchalant, McWellback, se tient dans l’embrasure, sûr de la puissante onde sexuelle que la musique provoque et qui embrase le corps de la cochonne très riche. Cet homme, en 1975, était donc tout aussi expert que Marvin Gaye, et tous deux ont d’ailleurs décliné musicalement d’une même et pathétique façon, dans une débauche de synthétiseurs dernier cri : quand l’un, en 1982, chantait « Sexual Healing », l’autre chantait « The Main Thing ». A l’euphémisme près, il s’agit bien d’une commune recherche du Sexe par la Séduction.

 

Nota Bene : on dit souvent que Brian De Palma change le signe de l’érotisme hitchcockien en pornographie, dévoilant ce que le Maître pudibond voilait (exemple : la scène du musée, dans Vertigo, puis dans Pulsions). Eh bien, ce « You Go To My Head » funky opère ainsi avec les vieux airs du swing américain. Il dévoile ce qui était voilé. Nulle trahison : le contenu évolue avec la permissivité morale d’une époque et se glisse alors dans des formes plus racoleuses, qui finissent par en révéler la nature intime.

 

 

 

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