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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 20:23

Apostrophes amoureuses

Pour cette émission baignant encore une fois dans la bonne humeur et la tendresse, rien de très notable. Si ce n'est qu'un fâcheux name dropping y mit fin de manière guillotinesque.

Phrase de la semaine : "Mermouch : Donc cet état est surnommé, vous devez le savoir... Jeanpop2 : Zi Outrédge" 

The Mirwood Strings "Oh my darlin"

The Four Tops "Sugar pie honey bunch"

Chuck Bridges

Moovers "Darling I'll go"

The Blue Rondos "Baby I go for you"

Rick Lane & The People "Love me baby"

The Eccentrics "Baby I need you"

Mike & The Ravens "Baby please don't leave me"

Tommy & The Nightbeats

? & The Mysterians "Love me baby"

Bobby Womack "How I miss you baby"

Allison Gray & The Burners

Gino Washinton "Baby be mine"

The Mistics

The Everpresent Fullness "Darlin you can count on me"

The Idols

Willie & Allen "Baby do little"

The Meters

The Dynamics "Yes I love you baby"

The Pools

The Bluebirds "Sweet Polly"

The Undertakers "Love so dear"

The Furniture "I love it baby"

Uder Mermouch a attribué à l'état du Connecticut un indice de 5.5 sur l'échelle Psycho-Batave 
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13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 21:39

Rappelons la classification quadripartite de l’ami James Knight et tâchons de mieux l’exprimer, avant et afin de procéder à l’examen du cas Reuben Bell, splendide solipsisme louisianais de l’âge Psycho-Batave. D’abord le Maître, qui induit créativité : renouvellement et masse de la création, influence étendue, et singularité qui nous fait dire : c’est inimitable, aucune méprise possible. James Brown, Allen Toussaint et Curtis Mayfield, trois Maîtres aux territoires bien distincts. Ensuite le Maestro, parfois redevable au Maître, mais en cela, rien de systématique, pris dans une spirale de répétition, attiré par la duplication d’une formule. Smokey Robinson est le parangon du Maestro. Le Petit-Maître est lui aussi responsable de ses inventions, quoique celles-ci revêtent un caractère privé, intime, qui le privent des faveurs populaires mais lui valent un culte d’initiés. Le raffinement est à ce prix. Nul autre que Bobby Womack, avec sa synthèse unique de la matière californienne, ne personnifie mieux le Petit-Maître. Enfin, le Bulgare, excentricité oubliée, à l’image de James Knight, au rayonnement insuffisant, et dont la vision fut pourtant considérable. Combien de Légendes dans leur Etat Natal sont en vérité des Bulgares ! Et que penser de l’Etat de Virginie, qui, dans le domaine de la soul music, semble entièrement colonisé de Bulgares intrépides ! Plus bas, dans la PBB (Psycho-Batave Belt), Reuben Bell campa le plus émouvant des Bulgares.

            L’enchantement commence dès le nom. Certains ont déjà gagné avec leur seul patronyme : « O.V Wright », « Joe Tex », « Clifford Curry ». « Reuben Bell » condense ainsi toute la poésie spécifique du Sud des Etats-Unis, ce que l’on appelle le Gothique Sudiste : un prénom biblique pouvant signifier « un fils » ou « contempler » en hébreu, un nom symbolique, en voisinage avec celui du Révérend « Hightower » de William Faulkner, sans toutefois les élans furieux de ce dernier. La cloche en question est toute emplie d’humilité. J’ai sous les yeux un cliché non daté de Reuben Bell : devant un amas de bûches, tortillant une brindille, l’homme est saisi dans un flottement impénétrable, un visage rond aux traits mous, qui n’exprime cependant aucune jovialité, et sa tenue, correcte, possède l’élégance discrète et un peu chiffonnée des vieux garçons.

                                     

                                   Un autre Reuben Bell plus riche que notre phrère

 

            Reuben Bell officiait comme compositeur et interprète pour le label Murco, enclave Italo-Américaine dans une région hautement Psycho-Batave (Allen Toussaint représente ici la grande figure Psycho-Batave soul, qui à cette époque dégaine à toute vitesse pléthore de magnificences concises). Cela signifie que le son des disques Murco s’alignait sur la soul très orthodoxe des disques Goldwax, l’orgue en moins et la fameuse nonchalance louisianaise en plus. Il faut entendre par là que ces enregistrements balancent entre un classicisme impersonnel ou bien ténu de l’accompagnement et un investissement extatique de l’interprète. Or Reuben Bell, qui ne rompt jamais avec cette essentielle économie, fait néanmoins mieux que tous les autres, parce que lui seul imagine tel accord bouleversant, telle note déchirante, à la façon de Curtis Mayfield, qui modifient le cours naturel de la mélodie, et qui signalent chez ces deux-là un maniérisme. Si j’en réfère à un air canonique de la Deep Soul, « That’s How Strong My Love Is », rien n’y entrave la progression du chant, l’ensemble se meut avec la puissance majestueuse d’un fleuve, et c’est justement le flow impossible à endiguer qui fait la beauté de la chanson. Il y a quelques mois, j’écoutais l’admirable Paulo McCartney décrire la composition de son hit « Jenny Wren » : il insistait avec humour sur la nécessité de boucler son couplet avec un accord très pathétique, pour rendre la suite « moins banale ». Ce timide aveu de maniérisme s’avère plus décisif que Paulo ne veut bien le laisser croire. Non seulement la mélodie gagne en originalité, mais surtout cette torsion, cette recherche d’un effet court et pathétique, se propage ensuite sur tout le spectre de la chanson, et dès lors l’auditeur se sent aimanté par cet accord inconvenant, l’angoisse l’oblige à en faire traîner la fumée durant toute l’écoute de la chanson, et en somme, quelque chose d’aussi rare qu’une couleur est conféré à « Jenny Wren ». Ce long détour nous ramène à Reuben Bell, et à son chef-d’œuvre, le nocturne « It’s Not That Easy ». Le génie se manifeste dans la place choisie pour l’accord Italo-Américain : la première place. Comment est-ce possible ? Ne faut-il pas faire précéder l’accord merveilleux d’autres accords plus utilitaires ? En vérité, oui. Mais la séquence d’accords ici employée est assez brève pour qu’on saisisse au plus vite la nature de l’accord magnétique, et celui-ci, mes amis, occupe la première position. Chaque retour de la boucle se compare ainsi à une dague plongée dans notre cœur. La réverbération de la guitare (« la réverb ») aux notes égrenées mime sans doute l’écoulement du sang, et le crissement presque synthétique des cuivres, pur surgissement, formerait le soubresaut. Il s’agirait d’un crime passionnel, ressassé dans la mémoire de sa victime. Et si le chant implorant de Reuben Bell présente des similitudes avec celui de Tim Hardin en 1969, alors il ne peut être question que du ressassement d’une âme meurtrie.

Reuben Bell a également été l’auteur de : « You’re Gonna Miss Me », « Another Day Lost », « Hummin’ A Sad Song », « Too Late », tous titres magnifiques relevant, eux, d’une certaine délicatesse du sentiment, d’une tristesse bien tempérée, pour tout dire Italo-Américaine (l’ardeur sentimentale de l’Italo-Américain n’est pas réfutée, mais il faut ajouter la condition qu’à cette ardeur du propos fasse écho une construction d’envergure, comme dans le pharaonique « Let It All Out » de The O’Jays). « It’s Not That Easy » appartient à un nouveau régime, celui de la violence instantanée et aussi verrouillée du Psycho-Batave sublime.

Reuben Bell - It's not that easy

Reuben Bell - Another day lost

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11 novembre 2006 6 11 /11 /novembre /2006 14:35

Saisons

Emission de relâche pour nos héros. Poire sous l'emprise du teuteu, Mermouch qui rentrait tout juste d'une tournée avec son groupe Zi Outredge, l'heure et demie s'est cependant écoulée paisiblement, au son du printemps 1967. le Colorado, Mermouch n'en a pas dit grand chose.

Phrase de la semaine : "Mermouch, vous vous êtes mis à la poésie vive ?" (Jeanpop2)

The Beach Boys "Summer means new love"

The Rites Of Spring "Comin' on back to me"

The Lemon Drops "I live in the springtime"

Captain Beefheart "Autumn's child"

The Ascots "Summer days"

Les Baroques "Summerbeach"

The Beathovens "Summer sun"

The Outsiders "Summertime blues"

The Rangers "Snow skiing"

The Kinks "Where did my spring go ?"

Irma Thomas "Two winters long"

Jackie De Shannon "Where does the sun go ?"

Joe Mansion "Soulful Christmas"

The Moon "Life is a season"

The Canterbury Music Festival "First spring rain"

 

The Smoke "October country"

Tammi & The Bachelors "My summer love"

The Illusions "Wait til the summer"

Randy Burns "Autumn in your mind"

The Four Seasons "Idaho"

The Shades Of Blue "Lonely summer"

Big Jay Mercer "Bermudas"

Uder Mermouch a attribué à l'état du Colorado un indice de 2.5 sur l'échelle Psycho-Batave 

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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 20:21

On le sait, la reconnaissance Psycho-Batave est souvent posthume, et le succès mérité, s’il frappe en priorité les groupes d’obédience Italo-américaine ou Vieux loup, laisse souvent les formations PB d’élite entre parenthèses. Ainsi The Remains, The Dovers, The Music Machine ou The Enfields ne goûtèrent-ils pas de leur vivant les récompenses pécuniaires, inexplicablement. The Gestures sont de ces héros. Leur hit « Run, run, run », admirable exercice de délocalisation du Minnesota sur la côte Pacifique, ne doit pas masquer la maturité resplendissante sur les autres faces de ce groupe pourtant à peine sorti de l’enfance.

Attardons-nous sur la B-side de « Run, run, run », « It seems to me ». Titre de l’imminence, jusqu’à l’explosion lyrique du solo de guitare et le déchevêtrement rythmique qui s’ensuit, il ilustre, sans ostentation ni fausse candeur, la plus merveilleuse façon dont on peut s’inspirer de la musique populaire savante dite jazzz.

La richesse harmonique des accords, les acrobaties rythmiques, le frémissement terrible et délicieux de l’ensemble sont les signes d’une compréhension accrue de ce qu’implique de jouer à la fois de manière classique et à l’instinct, bien que le jazzz ne soit évidemment pas invoqué ici. Un groupe proche de The Gestures, The Zombies, qui n’avait pas encore appris de John Lennon que le jazzz est une musique de merde, usa de quelques atours de cette musique populaire savante à leurs débuts, avant d’enregistrer l’album que l’on peut considérer comme le chef d’œuvre du Pédé progressif, Odeyssey & oracle. Mais malgré le niveau hautement top-notch des morceaux résultants, il reste quelque chose de quelque peu empesé dans la manière Zombies 1965 : le chant appliqué, le solo d’orgue systématique et retranchable, ce groupe de superbes Pierre Mückensturms connaît à l’évidence sur le bout des doigts sa leçon Italo-américaine. Cette ordonnance impeccable l’écarte cependant de la houle Psycho-Batave, en plein centre de laquelle virevoltent The Gestures, dans une ultime bourrasque, avant de retomber au sol pour de bon.

The Gestures - It seems to me 

Bonus :  

Yuya Uchida - Run run run

 

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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 20:28

Larmes

Notre phrère Sred Sweign nous fit l'immense honneur de participer à cette émission taillée pour lui, puisqu'il connait les larmes pour les avoir toutes versées. Uder Mermouch, absent, faxa ses notes sur les Caroline.

Phrase de la semaine : "C'est le propre de l'esthétique de pouvoir retrouver ces critères de forme, de goût et de vitalité dans toutes les matières." (Sweign)

Link Wray "I'm so lonesome I could cry"

The Mauve "You got me cryin'"

The Gents "I'll cry"

The Gestures "Where does Linda cry"

Chuck Carbo "Tears, tears and more tears"

Alvin Robinson "Cry cry cry"

Irma Thomas "Cry on"

The Unrelated Segments "Cry cry cry"

The Shandels "Stop your cryin"

The Liverpool Set "17 tears to the end"

Action Unlimited "My heart cries out"

The Lazy Eggs "Poor boys always weep at night"

The Psy-Kicks "Summer tears"

The Orioles "Cryin in the chapel"

Eddie Holman "I'll cry 1000 tears"

The Ovations "Don't cry"

The Shangri-la's "He cried"

The Monterays "Why do you cry ?"

The Poor "How many tears"

The Shondells "I cried last night"

Sonny Vilegas "I cry"

The Rationals "Little girls cry"

The Big Guys "Bang my head and cry"

The Alligators "I feel like cryin"

The Guilloteens "Crying all over my time"

Uder Mermouch a attribué aux états des Caroline un indice de 4.5 sur l'échelle Psycho-Batave 

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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 19:50

            En 1976, mon frère Lzlalor exerçait à nouveau pleinement ses talents de cinéaste pour le compte des sociétés slaves de Providence, et je ne tâchais pas de comprendre en quoi l’œuvre de Marvin Marty avait permis cette renaissance, tant les films de mon frère, par leur sujet et leur forme rigoureusement classique, me semblaient en tous points identiques à ceux qu’il avait tournés jadis. Néanmoins, ses relations favorisèrent ma rencontre avec James, de bien fantaisiste manière. Strofsky & Ganesh était une firme puissante et racée de cravates et autres colifichets masculins, qui voulaient investir dans le cinéma. Afin de tâter le terrain d’une industrie qu’ils connaissaient fort peu, ils se lancèrent dans le circuit cinématographique local, et naturellement, ils parièrent sur Lzlalor. On m’invita à la bar-mitsva de la jeune Marge Strofsky. Là, de très rutilants spécimens de la bourgeoisie du Rhode Island piaffaient devant le musicien engagé pour l’occasion, et qui n’avait aucun air de polka dans son répertoire. Compréhensive, une petite dame s’approcha et suggéra qu’on le laissât entonner un air américain, puisqu’après tout, Moscou était loin et oubliée, notamment de ceux qui s’en réclamaient bruyamment. Dans sa jeunesse, elle et son époux avaient dansé de folles heures en écoutant Frankie Valli & The Four Seasons, peut-être ses amies s’en souvenaient-elles, dans cette courte période qui vit l’Italo-Américain suggérer autre chose que le crime organisé, à une époque où l’on pouvait croire que Felix Cavaliere repousserait à jamais l’ombre hideuse de Sam Caggiana, l’idole du swing. Le pianiste (il était pianiste) eut cette réponse : « Madame, je peux jouer pour vous « Wall Street Village Day » ». Certes, il s’agissait bien de The Four Seasons, mais hélas, au bout de quelques mesures qui laissèrent perplexes les convives, ceux-ci vaquèrent à d’autres activités, et je demeurai seule, magnétisée. James joua la chanson sans en omettre un seul élément et pendant tout le temps qu’il la jouait, il ne remarqua pas la dévotion dont je l’entourais. J’attendis qu’il finît, posai seulement mon regard sur ses mains apaisées, et il me dit : « On peut dire que je suis chanceux ». « Pourquoi, je vous prie ? » « Vous vous tenez près de moi, je considère que c’est une chance. » « Je suis Bulgare. » « Qui ne l’est pas ? » Notre union fut alors scellée, et M. Lewis, ce mariage, bâti sur de nobles fondations, s’est révélé fructueux, bon et juste. Je reviens à Lzlalor qui, en 1979, présida une très émouvante rétrospective sur le cinéma slave du Rhode Island. Ses œuvres, anciennes et contemporaines, figuraient en bonne place, au milieu d’autres qui, aux yeux du public, étaient d’une valeur égale : toutes racontaient la geste d’une communauté en Terre Promise, chacune à sa manière. Lzlalor présidait l’événement pour la seule raison qu’il en avait eu lui-même l’idée. C’était un moyen subtil de signifier la valeur et l’efficacité du Bulgare, quoique j’eus remarqué depuis quelques années une certaine sérénité de ce côté-là. Mon frère, sans guère en espérer grand-chose, avait envoyé une invitation au célèbre Marvin Marty. A notre immense surprise, ce dernier accepta. Etait-ce la curiosité, la passion intacte de l’amateur de cinéma, la recherche d’une voie nouvelle, le désoeuvrement, la démence où l’on supposait que le créateur de Sad Was The Wine s’était abîmé, et dans ce cas, il y avait tout à redouter d’une pareille visite, toujours est-il que Marvin Marty assista à la rétrospective et observa une courtoisie et une réserve typiques du convalescent, en chemin vers le bonheur. Nous eûmes le privilège avec James de dîner en compagnie de Marvin et Lzlalor, chez Tarrik qui lui aussi, une fois le menu préparé, se joignit à notre petit groupe, et ferma le restaurant. La discussion roula longtemps sur les particularismes de notre culture hongroise, Marvin ne dissimula pas l’intérêt profond qu’il portait à certaines de nos manies, comme cette histoire de kamikaze caféinophile. Plus tard, il fut question de cinéma. Marvin restait incrédule devant l’influence que Lzlalor revendiquait haut et obstinément, celle du film de cave, dont même Marvin se méfiait, à défaut de la réprouver.

                                          

 

            « Quand on regarde mes films, on a tôt fait de remarquer qu’il n’y a guère de cave, pas de réunion de personnages meurtris autour d’un barbecue, aucune mise en accusation du mythe américain de liberté joyeuse et insouciante. Pourtant, ce qui tisse le fil d’Ariane de toute mon œuvre récente, je peux affirmer que j’en conçus l’idée en découvrant votre premier long-métrage. En effet, le personnage de Benedict Mopath, interprété par Georges Dzundza, m’a appris ce que pouvait être un personnage Bulgare, comment représenter un être humain intéressant, particulier, mais voué à l’indifférence. Il ne me vient pas à l’esprit que Benedict Mopath ait été moins étudié que les autres personnages du film, je préfère penser que son destin est de traîner son propre oubli parmi les siens. Mopath participe de beaucoup de plans, ses répliques sont en quantité suffisante et aucune ne se signale par son ineptie ou simplement sa platitude, il est évident que Mopath ne personnifie pas, comme certains l’ont écrit, le gentil voisin irresponsable, le genre à regarder des matches de base-ball à la télévision ou à écouter des disques folk avec son épouse, ce vague produit d’un Empire repu et matérialiste. Tous ceux qui ont dégurgité cette analyse frauduleuse sont des idiots. Benedict Mopath n’est pas non plus un effort prétentieux vers le réalisme psychologique, cette espèce de vice de la pensée qui nous fait désirer la modestie comme étant plus juste et qui demande au contraire une grande suffisance, cette modestie est tellement abjecte, elle est toujours supposée chez autrui et valorisée, alors qu’intimement tout le monde la refuse pour soi. A mon sens, Benedict Mopath a seulement le malheur de n’être jamais au centre des situations, il n’est pas indistinct de nature ni moins complexe qu’un autre. C’est un Bulgare désespérément à côté de ce qui se joue et jamais désigné par la mise en scène comme le nigaud que l’on ignore. Tous mes films depuis 1972 traitent de tels personnages, ils sont les Bulgares que votre film m’a révélés et à qui j’ai confié la signification et la structure de mon travail. » Marvin Marty leva son verre, proposa un toast et à tous nous donna l’accolade, puis il déclara que les paroles que mon frère avait prononcées faisaient davantage pour lui que n’avait fait sa cohorte d’imitateurs, qu’il était temps pour lui de mettre de côté certaine obsession qu’il nourrissait à l’égard d’un brillant idéologue, qui, malgré la force de sa vision, l’avait peut-être, lui Marvin Marty, amené à la rupture. Il quitta Providence le lendemain. Six mois plus tard, Lzlalor disparaissait dans une explosion au gaz. Il avait 61 ans. Sa mort nous ravagea moins qu’elle n’aurait dû si nous n’avions eu le sentiment et la certitude que mon frère avait employé les dix dernières années de sa vie à créer quelque chose qui lui faisait honneur. Lorsque Marvin l’apprit, il m’offrit de devenir sa secrétaire et de l’assister dans la préparation de son film Have Some More Wine, Suzy Joe, et ainsi James et moi emménageâmes à San Bernardino. L’histoire du tournage de l’œuvre testamentaire de Marvin Marty a été documentée ailleurs, ce fut une période paisible et très amicale. Ce zen californien sudiste, si singulier, semblait étouffer toute tension au sein de l’équipe et même soulager la tristesse rampante de Marvin Marty. Celui-ci s’ouvrait à moi du caractère Bulgare que son film devait revêtir, en souvenir de Lzlalor : « Il n’y a pas d’autre choix pour quelqu’un que le Psycho-Batave a presque terrassé que de tâcher de devenir un bon Bulgare. » Marvin nous quitta à l’automne 1982, son film achevé. Parmi ses dernières volontés, il me revenait d’en exécuter d’eux : consigner les déplacements et les possibles activités de votre ami Randall Webb dans un cahier rouge que Marvin tenait depuis quinze ans, et fonder un lieu qui serait le point de rassemblement de tous les Bulgares, qu’ils fussent nés Bulgares ou spirituellement liés à la Bulgarie.

            J’organisai les funérailles de Marvin, dans sa ville natale, Richmond. Le corps fut déposé dans un caveau en forme de rotonde, car telle était la forme du bâtiment favori de Marvin lorsqu’il était étudiant, et ainsi qu’il le stipula, « ce ne saurait être une cave qui exciterait les gloses des critiques et des journalistes, si la cave fut le signe de mon accomplissement artistique, je ne la désire pour être le lieu de mon ultime séjour terrestre, on ne doit pas me confondre avec ce que j’ai montré ». La rotonde devait être dressée à la lisière d’un bosquet de saules, et comme le cimetière était dépourvu de saules, il fallut les planter. Après toutes ces années, je ne m’explique pas ce souhait délicat et étrange. L’inhumation commença à la tombée du soir, en présence des membres de l’équipe de Have More Wine, Suzy Joe, de quelques chevaliers Psycho-Bataves comme le fidèle Kenji Fukasaku, l’émouvant Warren Oates, Michel Piccoli dont la dignité impressionnait tant, et qui laissa néanmoins  à la veuve de John Cazale le soin de prononcer l’oraison funèbre. Deux groupes manquaient : tous ces médiocres réalisateurs qui, un temps, profitèrent de la vogue du film de cave pour rentrer dans les bonnes grâces des studios, et dont seul Johnny Bo Lafolette émergea, et ces plus obscurs compagnons de jeunesse, avec qui Marvin ne fraya jamais, mais qui composaient la garde du tutélaire Randall Webb : vous-même et Don Creux. La mise en terre effectuée, j’aperçus James qui soutenait un Noir estropié, aux traits fantastiques d’amour et de sagesse. Le nouveau convive installa un synthétiseur et chanta d‘une voix brisée un cantique appelé « Thank Goodness ». L’élévation suggérée par le vers « Until you came my way » gagna nos cœurs : le doux Virginien, Lenis Guess, prêtait son hommage amoureux à Marvin, et dès lors, le destinataire féminin de la chanson s’effaçait devant Dieu, dont la rencontre promettait de rendre nos existences moins vaines. J’avoue qu’à cet instant, Monsieur Lewis, cette religiosité que la plupart du temps nous devons combattre, vainquit mes résistances et m’enveloppa. Voilà mon histoire. »

                                  

            «- Ce récit contient suffisamment d’enseignement pour celui dont les pas inspirés l’amènent à franchir le seuil de notre maison. Nous t’en remercions, Olga. Vous aurez compris que la Bulgarie, en tant qu’attitude mentale, constitue une réponse très pertinente au problème Psycho-Batave. 

-         Je ne sache pas qu’il y ait un problème Psycho-Batave.

-         Enfin, mon ami, ouvrez les yeux sur le désarroi de vos co-missionnaires. De quoi vous parle-t-on depuis la disparition de Randall Webb ? Vous a-t-on suggéré des solutions de vie, ou bien vous a-t-on entretenu des diverses formes de deuil du Psycho-Batave ?

-         Quand j’aurai quitté la forteresse de Jean Pop 2, je reviendrai avec le déni de votre pessimisme. Vous saurez votre erreur.

-         Bien. Mettez-vous en route. Des spectacles cruels vous attendent. »

Lenis Guess - Thank goodness 

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22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 19:35

Little

Pour cette émission consacrée à l'emblématique sobriquet Little, on attendait beaucoup d'Uder Mermouch, chargé de la tâche colossale de défrichage Psycho-géographique de la Californie. Il s'en est évidemment tiré avec tous les honneurs, malgré les taquineries d'un M. Poire d'humeur bien coquette.

Phrase de la semaine : "Je me fais fort de terminer très fort." (Uder Mermouch)

Little Frankie "I'm not gonna do it"

Little Richard "Hurry Sundown"

Little M. Lee & The Cherokees "Young lover"

Little Charles & The Sidewinders "You need me"

Little Eva "That's my man"

Little Anthony & The Imperials "Get out of my life"

Little Johnny Truitt "Just the other day"

Little Willie & The Adolescents "Get out of my life"

Little Daddy & The Bachelors "Come on home"

Little John & The Sherwoods "Long hair"

Little Ray "Come swim with me"

Little Beaver "Funkadelic sound"

Little Dooley "You better be ready"

Little Victor & The Vistas "No more"

Little Tommy Brown "Don't leave me"

Little Hooks & The Kings "Jerk train"

Little Stevie & The Easybeats "Baby I'm comin"

Little Phil & The Night Shadows "The way it used to be"

Danny's Reasons "Little Diane"

Little Caesar "Good good lovin"

Little Tony & The Hawks "The Tears"

The Little Foxes "Love made to order"

Uder Mermouch a attribué à l'état de Californie un indice de 8 sur l'échelle Psycho-Batave 

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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 11:38

En 1967, Delmer Daves a 63 ans. Son dernier film, The Battle of The Villa Fiorita, est déjà vieux de trois ans et son oeuvre, autrefois si forte, neuve et déchirante, semble s’être perdue dans le bourbier des productions mélodramatiques médiocrement sentimentales, à la distribution éprouvante. Début juin, il reçoit la visite du jeune Mike Curb, Talent scout infatigable, délégué par la MGM pour lui faire part du projet d’un film qui aurait pour intrigue des conflits raciaux près de la Nouvelle-Angleterre, précisément dans l’état du Delaware, qui compte tant d’enfants historiques de l’esclavagisme. Daves, qui, on le sait depuis, songe alors à abandonner la réalisation, présente peu d’enthousiasme à la proposition de Mike Curb. Cependant, ce dernier le convainc de lire le script original du projet alors appelé The Beaten Innocents.

                     

A la lecture, Daves se laisse finalement séduire et accepte de prendre le projet en main. Ajoutons à cela que le cinéaste, conscient sinon de son déclin, du moins de sa stagnation, compte clore son oeuvre sur un coup d’éclat. Il accepte donc, mais à une condition : aussi bien dans un souci vériste que de virginité recouvrée, il impose que le casting soit presque entièrement composé de comédiens inconnus, à l’exception de l’injustement oublié John Dall, que Daves remarqua dans Gun Crazy de Joseph H. Lewis et à qui il destinait le rôle, central, de Terence Randalson, le professeur compréhensif qui tente de pacifier les deux factions antagonistes. C’est cette lutte  qui constitue le ressort de l’intrigue : deux bandes bourgeoises, l’une blanche, l’autre noire, s’affrontent inlassablement, malgré les efforts conjugués du personnage de John Dall et de celui du jeune Bill Eaton (futur père du hockeyeur Mark Eaton), blanc-bec impartial qui déploie tous les efforts du monde pour le rester malgré les pressions morales omniprésentes.

Mais ce qui reste le plus notable dans le casting, c’est la présence massive de musiciens locaux, dont les chansons furent également employées pour habiller et propulser le film. C’est dans ces conditions qu’eut lieu la déterminante rencontre entre Daves et Ted Mundy, chanteur et compositeur du groupe le plus important du lot, The Enfields. Ce jeune homme, admirateur inconditionnel du cinéaste, avoua à ce dernier avoir écrit le rebondissant « Face to face » dans un abandon euphorique procuré par la vision du sublime plan final de The Hanging Tree, dans lequel Gary Cooper, immense, découpé dans l’horizon ardent, se penche pour recueillir dans ses mains le visage tremblant de Maria Schell, alors que la foule s’abîme au loin. 

L’amitié tisse rapidement ses liens entre les deux hommes, et Daves, fidèle à son credo « Comprendre c’est aimer », fréquente alors les lieux de congrégation des jeunes hipsters de Wilmington, et notamment le Calloway Lounge Room, dans lequel, au cours d’une soirée alcoolisée, il rejoindra le groupe sur scène pour chanter avec lui une reprise délicate du thème de 3.10 to Yuma, naguère popularisé par Frankie Laine.

A la suite de cette pré production de terrain seront choisis pour interpréter la bande des blancs Ted Mundy, le batteur Jerry « Jubal » Monroe, ainsi que divers membres de The Nobles, The State Of Mind ou The Tree. Le clan noir, lui, sera constitué des musiciens du groupe Little T. & The Spoons, dont le 45 tours « Love Moon », aux accents doo-wop, fut un tube local en 1964. Le tournage commence en janvier 1967 à Wilmington. D’après les témoignages de l’équipe technique et des acteurs, qui étaient fréquemment invités à visionner les rushes, Daves développait son film comme une alternance de scènes presque documentaires, telles qu’il prit l’habitude d’en tourner à partir de Cowboy, au cours desquelles le quotidien automnal des adolescents se déroulait tout doucement, et de scènes lyriques violacées à l’image de la mort du personnage de Bill Eaton, qui meurt dans un escalier au sein de la mère de son assassin, alors que s’insinue « In the eyes of the world » par une fenêtre du rez-de-chaussée.

                                          Little T

Malheureusement, la volonté de Daves de gommer toutes les scènes de violence au profit de séquences éclairant les raisons d’agir de ces adolescents, n’était guère du goût des producteurs. Ces derniers jugèrent peu prometteur pour le box-office ce film qui détournait les codes du film d’exploitation pour adolescents. Gageons aussi qu’ils auraient souhaité mettre en vedette un groupe plus célèbre et photogénique que The Enfields.

Quoiqu’il en soit, Daves refusa le compromis et tourna le dos au projet, gardant néanmoins jusqu’à la fin de sa vie des liens forts avec ces adolescents, les derniers desquels il s’était senti proche, lui qui en 1976, un an avant sa mort, disait à propos des « nouvelles générations » : « J’espère recevoir un signe de la part de ces jeunes, rien qu’un signe, avant que je ne les comprenne plus. »

The Enfields - Face to face

The Enfields - In the eyes of the world

The Enfields - You don't have very far

The Nobles - Something else

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 18:52

Voies urbaines

Emission encore une fois proche de l'abîme psychédélique, mais néanmoins menée avec une poigne de fer par nos trois connétables. Uder Mermouch, de meilleure humeur, présenta l'Etat de l'Arkansas sur lequel il n'eut pas grand chose à raconter (ignorant qu'il s'agit de l'Etat natal de The Wig/Wags).

Phrase de la semaine : "Mermouch, il n'y aura pas d'escarmouche." (M. Poire) 

The Small Faces "Itchycoo Park"

The Olivers "Beeker Street"

The 17th Avenue exits "I ain't gonna eat out of my heart anymore"

The Shades of blue "Penny Arcade"

The Four Seasons "Wall Street Village day"

The Ugly Ducklings "Postman fancy"

The Impressions "A lover's lane"

The Wheels "Block road"

The Chambers Brothers "Uptown"

The Aztex "The little streets in our town"

Wimple Winch "Rumble on Mersey Square south"

Lincoln St Exit "Who's been driving my little yellow taxi cab ?"

The Jackpots "King of the world"

Little Ann "Going down one way street"

Lee Dorsey "Sneaking Sally through the alley"

The Carnaby "Jump and dance"

Thee Midnighters "Whittier Blvd"

Godfrey & friends "Down Whittier Blvd"

The Tier Park "The way"

The Rysing Suns "A 3rd hour on fourty eleventh street"

The One way streets "We all love peanut butter"

Uder Mermouch a attribué à l'état de l'Arkansas un indice de 2,5 sur l'échelle Psycho-Batave 

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 19:37

            Dans quelques-unes des meilleures pages de Nick Tosches, on peut lire l’histoire du duo Ming & Ling, dont on ne sait s’il a bel et bien existé sous une forme une et souveraine, tant il est vrai qu’au même moment coexistaient dans des Etats fort éloignés les uns des autres des formations baptisées Ming & Ling. Comme le souligne l’auteur, l’important réside dans le concept de « péquenaud chinois aux costumes bigarrés », racine commune et suffisante de toutes les incarnations du duo. La musique américaine, poursuit Nick Tosches, est ainsi traversée d’un fantastique courant de travestissement qui met en jeu les identités régionales, les tribus et les peuples, et dans cette mascarade, les traits les plus pittoresques étaient bien sûr triomphalement élus entre tous. Or, jamais, et cette condition s’avère providentielle, ce désir de revêtir les frusques mandarines, d’agrémenter les chansons de notations et de sonorités exotiques, ne fit renoncer les musiciens Psycho-Bataves à ce qu’ils avaient inventé. Notre théorie de l’Orgue du Fantôme suggère que le phénomène pourrait désigner une tendance globale des arts narratifs et musicaux britanniques, à savoir une rêverie puérile sur les terreurs étrangères, spécialement orientales, et un attachement puissant aux formes nationales.

                  

 

            L’homme du Maine éprouve-t-il son altérité de manière plus intense au contact du porteur d’eau égyptien qu’à celui de son cousin de Californie du Sud ? Il semble que les sortilèges de l’Orgue du Fantôme aient trouvé une expression saisissante à l’intérieur du territoire américain, dans les limites d’une histoire américaine, les littoraux développant une dynamique légendaire et fabulatrice telle qu’entre l’Empire britannique et ses colonies. Dans une symétrie idéale, l’Ouest américain figure ici la contrée merveilleuse que l’Est révèlera à son mystère inconscient. Et la musique Surf en sera le moyen. En ses terres, le Surf revêt une signification univoque : de n’importe quelle façon, classique comme celui de The Revels, furieux comme celui de Johnny & The Volumes, sophistiqué comme celui de The Beach Boys, le Surf est une manifestation héroïque d’aise, de souplesse et d’ivresse. Il s’agit d’une musique de fête, fondamentalement, même lorsqu’elle sert de support à des évocations nostalgiques. Le Surf célèbre. Pour des raisons climatiques, historiques et esthétiques, l’homme du Maine ne sait pas célébrer, mais sa longue familiarité avec la brume et l’angoisse, avec l’Océan surtout, noue entre lui et le Surf des liens authentiques, puisque le Surf comporte cela qui ne se découvre qu’au seul Surfer et que ne tolère absolument pas la culture californienne : une stase inquiète, détachée de la liesse, de la fête permanente, de la béatitude. Alors le Surf n’atteint à la connaissance de lui-même que par un nécessaire détour par où l’on ne surfe pas, mais où tout de même, le voisinage d’un Océan nous apprend quelque peu ce qu’il est. Dès qu’un embryon de culture lie son destin à une terre particulière, il ne peut engendrer à long terme qu’une création stéréotypée, mais il faut que la culture en question abrite en elle un élément inaperçu du grand nombre, un élément connu des seuls praticiens. Dans le cas du Surf, même cette stase inquiète que nous indiquions ne constitue l’expérience que des seuls Surfeurs, et nul musicien californien ne l’envisage. L’homme du Maine l’a envisagé.

            Ce dernier n’a pas inventé une anti-Surf music, en niant les valeurs qui la définissent, il a plutôt pris en charge sa part négative et intime. Il a renvoyé le Surfeur non pas à son image populaire et épique, mais à son être contrarié, entre suspens et contemplation. Deux compositions (il doit nécessairement en exister davantage) emblématisent ce brusque regain d’intériorité : « Restless Tides » par The Infernos et « Sunset » par The Monterays. Techniquement, toutes les caractéristiques du genre sont inversées, sauf, bien sûr, la référence à l’Océan, et toute une panoplie imitative (mais qui n’est plus la même) : lenteur du rythme, suites d’accords amples, presque planantes, domination des graves, ruptures conçues comme des évanouissements, peu de compacité dans les sons. Loin du Maine et de la Californie du Sud, mais tenant néanmoins plus du premier que de la seconde, la Louisiane, elle aussi, a offert un exemple de ce Surf marginal. Qui d’autre que les plus prodigieux rythmiciens au monde, The Meters, pouvaient paradoxalement donner forme à la quasi-disparition, au murmure, à la dématérialisation, dans « Stormy » ? Cette musique née dans l’Ouest et transfigurée dans le Sud peut légitimement être baptisée Northern Surf.

 

The Infernos - Restless tides

The Monterays - Sunset

The Meters - Stormy           

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