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23 février 2006 4 23 /02 /février /2006 20:20

Hippie groove

Jeanpop2 et M. poire, singulièrement en péril, s'accomodèrent facilement de cette incursion dans le mauvais goût hippie, alors distillé au compte-goute par les formidables étalons Psycho-bataves présents sur la playlist de cette émission. Le groove hippie, rampant, acide ou emberlificoté, fut donc largement disserté pendant cette heure et demie de sensualité californienne.

The Gruve "Take hi five"

Vikings "I'm trying"

Knights Of Darkness "I can't look down"

Nervous Breakdowns "I dig your mind"

Morning Disaster "Black leather books"

The Byrds "What's happening?"

The Solid State "Wait and see"

Poco "Make me a smile"

The Five Americans "Sound of love"

The Reason Why "Dark side"

Regina Sherard "Helpless baby"

Steely Dan "Dirty work"

Loyce cotton "Try it, you'll like it"

Freddie Allen "We've only just begun"

The Mama Cats "Miss you"

Lee Hazlewood "A day like today"

Jo Ann Garrett "We can learn together"

Bobby Powell "Childhood days"

James Brown "The whole world needs liberation"

Shades Of Blue "The time of my life"

Hoi Polloi "Better things"

Les Baroques "I was wrong"

Jackie De Shannon "Come and stay with me"

The Spiders "Don't blow your mind"

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. vous pouvez aussi l'écouter en différé une semaine après sa diffusion.

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21 février 2006 2 21 /02 /février /2006 19:48

Question 1 :

Quel imprévisible chanteur multi-instrumentiste producteur compositeur Californien est soupçonné d'avoir commis le In And Out avec Doris Day?

Question 2 :

Quel personnage peu Psycho-batave Phil Ochs fit-il pleurer en lui chantant "The Crucifixion"?

Question 3 :

Trouvez un rapport entre le réalisateur Elia Kazan et la grande chanteuse Jackie DeShannon.

Question 4 :

Le chef d'oeuvre du groupe représenté ci-dessous est certainement une chanson écrite par Mike Taylor, chanteur de The Bad Seeds qui faisaient partie de la même scène de Corpus Christi. Quel est le nom du groupe et le titre de la chanson ?

                                                    

Question 5 :

Quel groupe, Californien encore,  formé de musiciens noirs compte pourtant parmi ses membres un unique blanc, sosie de Robert-Charles Boit ?

Question 6 :

Quel est le rapport entre The Mystic Tide (les vrais vélvète unterground) et The Painted Ship (les vrais mc5) ?

Blind-test :

Hum hum

 

 Réponses de la semaine dernière :

1- Il s'agit du monstre Bunker Hill.

2- Vous aviez le choix, en restant dans les limites du Psycho-batave, entre "Tell her no" de The Zombies, "Nobody" des Isley Brothers (ou une des nombreuses reprises) et "No no no" de The Savages.

3- Il s'agit du superbe Jeff Porcaro.

4- C'est Philip Kaufmann qui déroba la dépouille de Gram Parsons.

5- The Chants R&B reprirent l'arachnéen "That's the way it's got to be" de The Poets.

6- Il s'agit de "You better make up your mind" de Brooks O' Dell.

Blind-test : Helene Smith, "Sure thing"

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20 février 2006 1 20 /02 /février /2006 19:19

Yeah

Jeanpop2 et M. Poire, en aristocrates qui ne rechignent pas à observer la plèbe, ont axé leur regard léonin sur lethème vulgaire du Yeah. ils se sont bien sûr acharnés à recharger le terme de tout son Pat ancestral, lui reconférant la dignité qu'il tend à perdre de nos jours.

The chanteurs "The grizzli bear"

The Gigolos "She's my baby"

Skip Drinkwater "Silly Sally"

The Terrys "Stop dance"

The Showmen

Larry Williams & Johnny watson "A quitter never wins"

Theresa Lindsay "Gotta find a way"

Ugly Ducklings "Ain't gonna eat out my heart anymore"

Vandals "I saw her in a mustang"

Steve Davis "She said yeah"

The Action "I love you (yeah !)"

Gene Chandler "Nothing can stop me"

Dale & The Devonaires "Take a look at a fool"

Jerry Boogie Mc Cain "I need somebody to love"

The Descendants "Lela"

Faron's Flamingos "So fine"

The Temptations "Ain't no sun since you've been gone"

Red Coats Revue "Keep on trying"

Gino Washington "Out of this world"

The Elite U.F.O. "Now who's good enough?"

Sir Winston And The Commons "We're gonna love"

The Untamed "Someday baby"

Eldridge Holmes "Wait for me baby"

Otis Bush & The Crusaders "Sock'em with a good foot"

The Spellbinders "Chain reaction"

The State Of Mind "Move"

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. vous pouvez aussi l'écouter en différé une semaine après sa diffusion.

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15 février 2006 3 15 /02 /février /2006 13:01

Richmond, Virginie

5 juillet 1967

 

Randall Webb, je ne vous connais pas davantage que vous me connaissez et partant, je suis convaincu que l’anonymat et l’impopularité dans laquelle nous baignons tous deux ne seront levés, pour chacun de nous, qu’une fois les fils de nos fils morts et oubliés. Cependant je vous écris car j’ai lu avec beaucoup de plaisir, que dis-je : d’enthousiasme, les modestes plaquettes traitant de votre Etat natal, le Texas, et de son incomparable scène musicale par vous qualifiée de « Psycho-batave ». Il m’a semblé que vous seriez l’interlocuteur idéal sur un problème précis, qui ne m’a pas laissé en paix depuis un an. J’avoue ne pas bien saisir ce que vous entendez par « Psycho-batave » et même je ressens quelque gêne lorsque vous en venez à scruter ce motif quasi obsessionnel chez vous de la « maison ». Par-dessus tout, le seul fait que vous éditiez à vos frais, et à toute vitesse, ces opuscules passionnants m’intrigue.

Alors, je crois, vous saurez répondre à mon attente lorsque je vous aurai confié que l’objet de mes méditations est un frère du Texas, disparu l’année dernière, notre cher Bobby Fuller. Vous devez apprendre que je suis étudiant en cinéma et qu’il n’est actuellement pas de meilleur endroit que la faculté de cinéma pour morigéner contre des hippies hédonistes ou contestataires, tout ce qui nous insupporte, vous et moi, et donc pas de meilleur endroit pour fomenter une revanche du goût et de l’intelligence sur la canaille chevelue. Souvent l’art si complet de Bobby Fuller a été l’aiguillon de mes recherches, et pour une raison très spécifique : je comprenais ses chansons comme la formalisation définitive, l’aboutissement d’un style musical épanoui et sûr de sa solidité intrinsèque. Je n’aime pas que telle musique cherche son salut auprès d’une autre musique ou même d’un autre art. Je ne conteste pas d’éventuels brillants résultats obtenus ainsi, mais cela est souvent signe d’un essoufflement et d’une perte d’aura. Vous me demanderez à quoi je juge qu’un art atteint son épanouissement. La réponse est simple : quand le génie est équitablement réparti entre tous les praticiens, qu’il est à portée de main du plus humble. Dans ces périodes généreuses de l’art, il est donné à tous de faire naître une belle création, au point que la notion de talent perd alors momentanément ses droits. Existe-t-il un mauvais roman anglais ou français entre, disons, 1840 et 1870 ? Un mauvais film noir entre 1940 et 1950 ? De même, il n’existait au fond rien de mauvais dans la musique américaine entre 1954 et 1966. Et Bobby Fuller est celui-là même qui a couronné cet âge faste et réjouissant. Il a rassemblé tout ce qui était si superbe chez ses devanciers naturels, au premier rang desquels Buddy Holly bien sûr, en une forme puissante et altière, attestée par « King Of The Wheels », « Don’t Ever Let Me Know », « My True Love » et toutes ses autres compositions. L’infortune et le désarroi ont été le lot de Bobby Fuller, mais aucune de ses chansons ne tremble, toutes ont fière allure et peuvent paraître froides et inhumaines à qui guette l’imperfection qui nous rend tel art familier. Cela est à mettre sur le compte de notre narcissisme, je suppose, que de se sentir offensé par l’absolue perfection. Non, Bobby Fuller ne me plaît pas autant parce qu’il s’associe à des moments de ma vie, au contraire je l’admire pour ce qu’il se place délibérément au-dessus de nos petites affaires, parce que son art est toute brillance, à l’image de celui de Roy Orbison. C’est là un autre problème, que nous traiterons ultérieurement : l’humanité de l’art. Pour ce qui m’intéresse aujourd’hui, je souhaiterais que vous, Randall Webb, discutiez mon interprétation de la musique de Bobby Fuller comme une musique de l’accomplissement, de la réalisation parfaite, une musique dont le propos serait de clore avec magnificence une ère de la musique américaine. Comprenez qu’il ne s’agit pas d’un néo-classicisme, qui supposerait une distance, technique ou temporelle, prise avec le modèle, mais des derniers feux du classicisme lui-même. Alors, Randall Webb, considérez-vous Bobby Fuller comme le dernier des Classiques ?

 

                                                                       Marvin Marty

                                     

 

Santa Barbara, Californie

28 octobre 1967

             Monsieur,

             Veuillez pardonner ma réponse tardive mais comme vous le savez si vous lisez mes chroniques, je suis souvent sur la route et passe peu de temps au domicile que vous avez choisi d’honorer de votre lettre, qui est celui de ma mère.

             Je dois vous avouer que votre lettre m’embarrasse un peu : Je n’aime pas m’expliquer sur ce que j’écris, puisque ce que j’ai voulu dire, je l’ai déjà écrit. Ainsi, je me permettrais l’impolitesse de ne pas répondre à vos questions d’ordre terminologique ainsi qu’à celles concernant certains de mes thèmes obsessifs. Concentrons-nous sur le cas Bobby Fuller, voulez-vous ?

             Sa musique m’a effectivement toujours paru arborer la perfection chromée de ces voitures rutilantes qu’il a parfois chantées. Son art est certes brillance comme vous le dîtes, mais pas à l’image de celui de Roy Orbison qui se déploie à la manière de l’océan moiré, et montre autant de scintillement qu’il laisse à deviner d’abysses. Bobby Fuller reste à la surface mais la surélève ; là se trouve la clef de son classicisme en perpétuelle expansion, qui peut alors difficilement passer pour de la froideur chez l’auditeur attentif. Avez-vous entendu le dernier 45 tours de The Kinks, « Autumn almanach », paru il y a quelques semaines ? Vous y entendrez Ray Davies, chanteur émotif et homme de cœur, révéler une mosaïque de tonalités aussi différentes que le sarcasme et la tendresse fraternelle. Ray Davies est l’exemple typique de ce que la critique académique nomme un songwriter, notion qui m’est assez désagréable lorsqu’elle suppose que quiconque ne faisant pas étalage de son moi n’est pas un auteur. Bien entendu tout ceci séparera pour l’éternité Bobby Fuller de Ray Davies. Vous ne saurez rien du premier, même en disséquant ses textes avec les lunettes cerclées du pédé progressif. Et c’est là que ma pensée rejoins la vôtre : Bobby Fuller n’est pas un auteur au sens européen du terme, mais non seulement le dernier des classiques, aussi le plus efficace d’entre eux, car son classicisme laisse entrevoir un lendemain autre entre le linteau et la porte. Après tout, j’aime aussi lire dans la mort singulière de notre héros : sa mort adolescente, sous le soleil de juillet qui n’a pas la douceur de celui de juin ni l’âpreté de celui d’août, parle pour sa musique. Sa musique est ainsi faite : fidèle à son lignage (Buddy Holly, Everly Brothers, Eddie Cochran), elle semble aussi encourager la descendance illégitime : je lis dans la guitare de corail de The Byrds de « Younger than yesterday » le regard bleu de Bobby Fuller, ainsi que dans le pur enthousiasme de The Dovers, mais aussi dans les rêveries plus lointaines de The Fantastic Dee-Jays. De plus, les dérèglements rythmiques de « Don’t ever let me know », la structure libre et obsessive de « Let her dance », la mélodie nouée de « Never to be forgotten » ne nous permettent-elles pas de voir en Bobby Fuller un précurseur ?

 

          On m’appelle pour dîner, je vous quitte. Sentez-vous libre de me réécrire, si le cœur vous en dit.

 

                                                                                   Randall Web

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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 23:27

Flavio Style

"Des chevaux... Que dire de plus?" Flavio

"j'aime les chevaux, les jeux vidéos ( diablo II lord of dstruction) et ce qui est des femmes ca depand d'elle Au fait pour ceux ou celle qui sont pas au courrant moi c'est Flavio j'ai pour le moment 24 ans." On pourrait  laisser parler Flavio pendant des heures pour le présenter, mais contentons-nous de ce lien. Jeanpop2 et M. Poire se sont penchés ce soir là sur le cas de ce poète Belge, amateur de chevaux, Ferraris et Sylvester Stallone, dont la rigueur morale et les aphorismes incontournables font défaut de ce côté de la frontière. C'est donc à un véritable hommage que se sont adonnés nos héros, acceptant de laisser la vedette pour un soir à un homme dont la pensée n'a pas fini d'irriguer le monde contemporain. 

The Outsiders "Go go Ferrari"

The Bram Rigg Set "Take the time, be yourself"

Rocky & His Friends "You weren't using your head"

Rocky & The Riddlers "Flash and crash"

Lou Pride "Phoney people"

Chris Jones "I'm the man"

Marvin Gaye & Diana Ross "You are everything"

Don Charles "Walk with me angel"

The Walker Brothers "Archangel"

The Merry-Go-Round "Gotta fight the war"

The Graven Image "Take a bite of life"

Paul Revere and The Raiders "Kicks"

The Barracudas "What I want you to say"

The Master's Apprentices "War or hands of time"

Fourmyula "Nature"

The Fabulous Monarchs "Memories (of the past)"

Gino "It's only a paper moon"

The Young Rascals "Love is a beautiful thing"

Slim Whitman "It's a sin to tell a lie"

The Bootjacks "Big red car"

The Escapades "I tell no lies"

We The People "My brother the man"

Stemmons Express "Love power"

The Bagdads "Love has two faces"

Horses "Cheyenne"

Lee Dorsey "Freedom for the stallion" 

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. vous pouvez aussi l'écouter en différé une semaine après sa diffusion.

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5 février 2006 7 05 /02 /février /2006 16:39

        Cet article fut commandé à Randall Webb par Larry Esposito Ramirez, puissant businessman Portoricain, propriétaire de nombreux restaurants et clubs de l'East side (notamment le célèbre "Golden Brown"). Cette introduction à la scène chicano de Los Angeles devait être incluse dans une plaquette éducative destinée à être distribuée dans les universités, mais Ramirez, peu satisfait de la contribution de Webb, la fit remplacer par des recettes de cocktail.

        Ce sont les sentiments soudain jumeaux de familiarité et d'exotisme qui m'étreignent lorsque j'écoute la musique dite "Pachuco" produite à l'est de LA par ces gangs hispaniques. Ils jouent ce que toiut le monde joue, mais comme s'ils avaient tout à prouver et personne à qui faire confiance, leurs intentions en avance sur nos impressions.

        Peu de ces groupes sont artistes et leurs motivations sont avant tout non pécuniaires mais de l'ordre de la sociabilité, de la respectabilité.  Ils ne créent pas des formes mais déblaient le sol où construire leur maison, élever leur famille, bâtir l'estrade sur laquelle ils transpireront toutes leurs exhortations à lä fête. Lorsque les Soul-Jers chantent "Gonna be a big man", ils synthétisent non seulement l'ambition et le désir de promotion sociale qui animent tous ces ensembles, mais ils exaltent également une de leurs valeurs primordiales qu'ils comptent bien imposer : le patriarcat, le respect intangible du "Big daddy". Rien de malséant à l'égard des ainés dans cet univers où l'on respecte ce dernier et où on lui obéit de bonne grâce ("Listen to the wise man" des bien-nommés Eastside Kids). Contrairement à ce qui peut se passer ou se rêver dans le New-York blanc contemporain, on ne projette pas d'enlever son amoureuse pour la cacher derrière la nuit. La demande se fera en costume blanc sur le perron de la baraque des parents, au risque de bégayer et de se retrouver, fiévreux, avec trop de mains et pas assez de poches ("I'm in love with your daughter" de Thee Enchantments).

The Blendells

        Rien de salace dans ces fières déclarations, aussi gaillardes soient-elles, pas de ce double-sens un peu systématique auquel nous a habitué le frat-rock potache des blancs éduqués. Et si les sentiments et pulsions se font débordants, l'amour reste dicté et recommandé, certes malicieusement,  par la sagesse ("Listen to the wise man, fall in love with me today").

        On a finalement affaire avec ces Angelenos à une mentalité proche de celle des Italo-Américains, la grande différence étant que ces derniers ont peu à peu investi tous les domaines d'échange humain (business, art, politique) tandis que les Chicanos restent à ce jour prisonniers du Barrio. Il n'est pourtant pas question pour eux de mettre en avant cette marginalité, ni même de la mentionner, comme on n'imagine pas une vedette de Motown se lamenter sur le calvaire enduré par ses aïeux esclaves. Même dans les chansons les plus agressives du lot, aucune complainte de mauvais garçon, enragé d'être né dans la "bad part of town" ; on continuera de feindre la normalité, les épaules hautes et le regard droit.

        Cependant, ces adolescents ont du mal à dissimuler leur difficile background, leurs premiers jours dans la rue froide comme une gifle. N'oublions pas qu'une des stars de cette scène, Frankie "Cannibal" Garcia, doit son surnom au fait qu'il mordait ses adversaires lors des joutes qui l'opposait aux enfants d'en face. Le rythm'n'blues eastside, élevé sur le bitume trempé, étonne par la maturité souvent inquiétante du chant, par le tranchant mercenaire des guitares, toutes caractéristiques présentes dans l'ahurissant  "Jump jive and harmonize" de Thee Midnighters. C'est comme si les ainés avaient quitté la cave, alors que les plus jeunes bloquent les portes pour organiser des combats de coq. Exténués de sourire, ils se débarassent de leurs chemises amidonnées et laissent leurs cicatrices parler pour eux.

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2 février 2006 4 02 /02 /février /2006 18:55

Sécheresse

"Le coup de fouet, la trajectoire du sabre... Ca vous connait ça mon vieux". Cette phrase, et de nombreuses autres de pareille brillance, provenant des mêmes organes célestes, furent prononcées lors de cette soirée ballsy à souhait, dont le souvenir est déjà gravé dans le marbre. 

Abraham and The Casanovas "The kangaroo part 2"

The Birds "Next in line"

The Night Sounds "Torment"

Creedence Clearwater Revival "Down on the corner"

Sunday Funnies "Whatcha gonna do (when the dance is over)"

The Premiers "Little ways"

Thee Midnighters "Never knew I had it so bad"

King Edward & The Bd's "Workin' for my baby"

Larry Williams & Johnny Watson "Can't find no substitute for love"

Freddie Wilson "Would it be like that"

Paul Revere & The Raiders "There she goes"

The Live Five "Move over and let me fly"

The Beach Boys "How she boogaloed it"

Vichan Maneechot "Dance dance dance"

Larry & The Blue Notes "Train kept a rolling"

The Standells "Riot on sunset strip"

Rufus Thomas "Itch and scratch"

Charles Wright "Must be your thing"

Candi Statton "The best thing you ever had" 

The Canoise "Something I could do"

The Rationals "Turn on"

The Guess Who "Believe me"

Sly Stone "Ain't that lovin' you baby"

The Remains "Time of day"

Wee Willie Walker "There goes my used to be" 

Bob Seger "Sock it to me Santa"

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. vous pouvez aussi l'écouter en différé une semaine après sa diffusion.

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2 février 2006 4 02 /02 /février /2006 18:33

            Dans une petite maison faubourienne d’Istanbul, nichée au cœur des acacias et des pommiers odoriférants, les Poire ont mis un terme à leurs pérégrinations séculaires et renoué avec la patrie de leurs ancêtres. L’arrière grand-père de Jean-Pierre Paul-Poire, décoré de l’ordre du Bain après avoir contribué à d’importants services d’ingénierie dans le Pendjab, avait acquis cette charmante propriété dans l’intention et l’espoir que les Poire futurs, ballottés par l’Histoire et ses guerres, disposassent d’un asile à toute épreuve. C’est donc fort logiquement que Jean-Pierre Paul-Poire, qui vivait alors ses plus sombres heures, s’y était réfugié en compagnie de sa mère. Le lecteur alerte doutera bien sûr que le nom Paul-Poire soit d’origine turque, et pourtant : certaines annales consignent un bien curieux événement que les historiens de profession jugeront grotesque mais que, pour ma part, je crois volontiers. Lorsque Soliman le Magnifique lança l’assaut sur Vienne en 1529, un homme d’études et de liqueurs, du nom de Luther Paul, s’enflamma pour la cause ottomane et à la consternation de ses concitoyens (ou compatriotes ? L’origine de Luther Paul constitue un véritable mystère), se livra lui-même à l’ennemi. On ne le fit pas prisonnier et on ne tenta pas de le convertir non plus. Luther Paul avait garanti son indépendance ainsi que celle de ses descendants en instruisant quotidiennement Soliman de ses lumières personnelles sur certaine substance philosophique qu’il appelait : le Flux-Cave, ou la Flèche-Batave, ou encore le Poire-Impact.

                                           

                                                             Luther Paul

            Luther Paul s’exprimait et écrivait en français, vraisemblablement par crainte d’être trop bien compris. Il est en effet admis que Luther Paul, bien qu’inspiré et doté d’une intuition extraordinaire, était un piètre théoricien, confus et malhonnête. Qu’il parlât et écrivît correctement le français, à une époque où, par ailleurs, peu le maîtrisaient, est également sujet à caution. Bref, notre Luther Paul joua de sa grande séduction pour captiver Soliman. Ce dernier, au cours d’un premier entretien avec le roué Viennois, s’esclaffa lorsqu’il entendit prononcer pour la première fois le mot « Poire » dont il ignorait la signification. La sonorité seule du mot « Poire » le plongeait dans un état d’hilarité difficilement mesurable et dès lors, Luther Paul était salué à la Cour sous le titre de Luther Paul-Poire. Ce nom fut légué aux descendants par déférence à la mansuétude et au génie du Sultan. Mais l’Histoire ne permit pas aux Paul-Poire de s’établir pour de bon à Constantinople, et ils connurent le destin de millions d’êtres que les guerres et les épidémies, ou l’infamie dispersent sur toute la carte du monde, comme s’ils ne pesaient pas davantage qu’une enfantine figurine de plomb. Ainsi, en 1753, alors qu’ils se livraient à de délicieuses randonnées en Crimée, Mehmet Paul-Poire et son cadet Sonny Paul-Poire furent capturés par des pirates et troqués à Anvers contre trois diamants. Les Paul-Poire furent choyés par leur nouveau maître, qu’ils enjôlèrent de la même manière que leur glorieux ancêtre avait enjôlé Soliman, cette fois avec un concept original : le Magweldbach. D’autres infortunes suivirent mais toujours, les Paul-Poire négociaient leurs avanies avec un même talent de conceptualisation, plus brillant que profond. Jusqu’au triomphe de Seymour Paul-Poire, fait chevalier de l’ordre du Bain en 1890, fierté de l’armée britannique des Indes, causeur tellement prodigieux qu’on lui confia, bien aveuglément, la responsabilité des travaux d’irrigation de la plaine du Pendjab. Mais alors, comment cette lignée de survivants et de bonimenteurs finit-elle par produire l’être chétif et abattu qu’est Jean-Pierre Paul-Poire ? En vérité, Jean-Pierre Paul-Poire peut être doué des dispositions de ses ancêtres à un degré égal. Il pourrait rivaliser avec leur adresse, singer leur habileté, imiter leurs succès, plus encore… si le passage de Randall Webb dans la vie d’autrui n’avait pas pour conséquence inéluctable de tarir toute sève créatrice. Luther Paul lui non plus, en présence de Randall Webb, n’aurait su devenir Luther Paul-Poire.

            Ce long développement se révèle nécessaire pour apprécier le mood Paul-Poire, et plus particulièrement, le poids historique sous lequel ploie l’ancien champion de la cause Psycho-Batave, poids tel qu’il justifie la réaction extrême de Jean-Pierre Paul-Poire à sa présente déconfiture. L’homme que je vis ce jour-là, à Istanbul, me fit beaucoup de peine. J’avais laissé le guilleret François Becquerel aux prises avec Mme Poire, qui l’entretenait de problèmes climatiques ardus. Quoique je désespérasse de voir François Becquerel se concentrer sur quelque objet, si futile soit-il, je le savais capable d’accorder toutes les marques de l’attention à son interlocuteur, sans jamais, bien sûr, lui livrer une once de réelle attention. Je salue ici la facilité mondaine du boutiquier français, car elle me permit de converser en toute quiétude avec Jean-Pierre Paul-Poire.

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27 janvier 2006 5 27 /01 /janvier /2006 18:19

Torpeur

Sred Sweign convalescent

The Travelers "Spanish moon"

The Mystic Tide "Mystic eyes"

The Bandits "A woman"

Rock Garden "The wind is my keeper"

The Make-Up "The choice"

The Madhatters "You may see me cry"

The Byrds "Everybody's ben burned"

Willie & Allen "I don't need no-one"

The New Breeds "Girl in love"

The Vendors "My Rose-Ann"

Yabancilar "Agit"

The Olympians "My hopeless endless ways"

The Meters "Stormy"

Bo & The Weevils "My time"

The Koobas "Woe is love my dear"

The Infernos "Restless tide"

The Rising Storm "Frozen laughter"

Tim Hardin "Once touched by the flame"

The Lawrence Comp "Moon beams"

The Landlords "I'm through with you"

Shuggie Otis "Rainy day"

The Extremes "I'm hurtin'"

The Orgy "The wool column"

The Greeks "Brutal side of man"

 Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. Le site est actuellement en maintenance mais vous pourrez bientôt l'écouter en différé.

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 18:53

En 1967, alors qu’Anthony Mann s’éteint quelque part loin de Hollywood, Sonny Villegas signe un morceau qui, à l’instar de la musique de Love, The Sons Of Adam ou du « SOS » de Terry Randall, ne pouvait naître qu’autour du Sunset Strip, dans le quartier à la fois le plus peuplé et le moins plébéien de Los Angeles. Soit à Hollywood, mais en creux dans une enclave, comme situé dans un vallon difficilement praticable pour les véhicules trop envahissants.

C’est dans cet espace électrisant, autour du Ben Frank’s Coffee Shop où Kim Fowley recrute ses génies en papier, derrière le parking où d’innombrables pré-hippies inquiétants tel Bud Mathis épanchent leurs désirs serpentins, que se forme dès 1965 une coalition à peine réfléchie, un péri-Hollywood dont l’équivalent cinématographique serait le cas RKO.

En parallèle aux activités officielles de Mike Curb, Terry Melcher ou même Ed Cobb se montent, au sein même du système, des confréries plus secrètes. On se retrouve souvent, la soirée bien avancée et la porte des réceptions close, en cercle réduit, et les plus bouillonnants projettent leurs idées dans le ciel noir.

A l’instar du plus jeune des grands studios, la scène du Sunset Strip fait se succéder des dizaines d’executive producers dont très peu ont marqué l’histoire. Ainsi pas de producteurs vedettes, on se distingue ici avant tout par le débordement d’inspiration et un sens de la publicité loufoque mais jamais débraillé. Les vedettes de cette scène, comme celles de la RKO sont agressivement différentes (Katarine Hepburn, Arthur Lee) ou se présentent en leading men improbables (Fred Astaire, Sky Saxon).

Si Forever changes est le Citizen Kane de l’histoire du rock, Outrageous de Kim Fowley son King Kong, « I cry » de Sonny Villegas est à rapprocher des productions plus modestes, des œuvres souvent fauchées mais à la pointe artistique de leur époque, celles de Mark Robson ou du jeune Robert Wise.

Ainsi pendant qu’un Brian Wilson insatisfait fait réenregistrer pour la douzième fois une prise de basson, alors que Roger Mc Guinn passe des nuits ocellées à rechercher un son de guitare enfoui dans ses rêves, Sonny Villegas et ses musiciens remportent, par l’enthousiasme, une victoire à l’ombre de l’histoire. Et, au passage, apprennent au tout Hollywood à contempler les montagnes sans oublier les hommes qui les peuplent.

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