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6 décembre 2005 2 06 /12 /décembre /2005 19:03

Enthousiasme

Grâce à ces jeunes gens vigoureux, l'ouest fut conquis

"Yeah ! Yeah ! Yeah ! Yeah !" c'est sous les scansions exaltées de jeunes soubrettes échaudées que Jeanpop2 et M. Poire, le Pat en bandoulière, firent une entrée chatoyante dans les studios de la radio ce jour-là, pour accomplir leur devoir hebdomadaire : De la musique saine et des enseignements limpides pour une jeunesse visionnaire.

Bo Diddley "Diddling"

Chairmen Of The Board "God's gift to man"

Gene and The Teen Beats "I'll let nothing separate me"

The Magicians "Just a little faith and understanding"

The Quotations "Cool it"

The Poor "How many tears"

The Bo Street Runners "Love"

Condor "Lei per la vita"

Denny and Kenny Duo "Meet my little sweety"

Doug Brown and The omens "Youth and experience"

Martha and The Vandellas "I'm ready for love"

Roger Hatcher "Sweetest girl in the world"

The Falcons "I'm a fool I must love you"

The Toreros "come"

The Dovers "I could be happy"

The Paradox "There's a flower shop"

Tommy James "Mirage"

The Four Tempos "That beatin rhythm"

The Torres "Don't you know"

Melvin Davis '"Love bug got a bear hug"

Jimmy Bee "Wanting you"

The Georgia Prophets "For the first time"

The Jessica Fletchers "Christopher Jensen"

The Sundae Train "Love affair of two happy people"

Poco "What a day"

Thoughts And Words "Morning sky"

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. Le site est actuellement en maintenance mais vous pourrez bientôt l'écouter en différé. 

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4 décembre 2005 7 04 /12 /décembre /2005 18:19

Les relations de Jean Pop 2 dépassent le cadre de ses amitiés. Certes celui qui, un temps, dut se battre contre des chiens sauvages dans le Jutland pour assurer son existence, celui qui, la veille encore, goûtait les fastes de virées nocturnes en compagnie du regretté Don Creux, celui-ci dut apprendre qu’en dehors de l’amitié, il n’est point de contact satisfaisant avec les hommes et femmes du monde entier. Pourtant, lorsque la fortune favorisa à nouveau le champion Psycho-batave, ce dernier négligea ce précepte et admit dans le cercle de ses relations des personnages douteux, dont il pouvait craindre le pire. François Becquerel ignore tout de la musique et il lui est pourtant indispensable. François Becquerel est connu d’à peu près l’ensemble de la ville où il réside et il ne laisse personne pénétrer ses desseins, forcément inquiétants. Mais pourquoi, me demanderez-vous, ou plutôt comment cet habile mondain s’est-il associé à la quête philosophique de Jean Pop 2 ? François Becquerel possède deux spécialités, dans lesquelles son autorité ne souffre discussion : l’étude des carnets intimes et une collection enivrante d’objets domestiques ou personnels, tous appartenant à des sommités Psycho-bataves. Ainsi, François Becquerel exécuta pour le compte de Jean Pop 2 nombre de transactions aussi insolites qu’un gant de toilette de Bobby Freeman, un miroir portatif trouvé dans les loges après un concert de Limey & The Yanks, un ballon de football avec lequel les membres de The New Colony 6 se détendaient pendant les sessions d’enregistrement de Breakthrough. François Becquerel entretint une étrange flamme fétichiste chez Jean Pop 2, qui probablement en conçut quelque honte, au point qu’il ne mêlait jamais François Becquerel à ses préoccupations dogmatiques, pour lesquelles il ne sollicitait que Jean-Pierre Paul-Poire, Sred Sweign et d’autres, plus discrets. Homme de l’ombre, François Becquerel  était ce chiromancien qu’un roi cultivé, épris de science, consulte encore dans le secret, parce qu’il ne s’est pas entièrement libéré de superstitions séculaires, qu’il subit ainsi le préjugé populaire, et qu’il ne souhaite surtout pas que sa cour remarque cet attachement craintif aux vieilles croyances. François Becquerel s’assurait donc une position auprès de Jean Pop 2, qu’il n’abandonnerait qu’à un plus ingénieux démon, qui saurait comme lui flatter un obscur penchant de son maître et employeur.

            J’entrepris un voyage pénible, peu instructif, coûteux et accablant, en france, dans le but d’interroger François Becquerel, convive insoupçonné de la croisière, que seul Sred Sweign avait daigné remarquer. En compulsant les notes de Jean-Pierre Paul-Poire, je m’aperçus que tous deux s’étaient croisés à Milan, dans le restaurant où Bergen White confia son histoire de spectre au crédule Poire (toute la personnalité de Poire est sujette à caution : cet homme cumule passivité, crédulité et sens de l’auto-asservissement ). Poire est bien trop évasif au sujet de cette rencontre : soit il n’insiste malheureusement pas assez auprès de François Becquerel, soit il est de connivence et en sait davantage qu’il ne le prétend. Je débusquai François Becquerel dans la boutique qu’il tenait au rez-de-chaussée de son appartement. Il était occupé à trier une vaste série de lampes à bulbes, avec un sourire ravi. Lorsqu’il me vit franchir le seuil de la boutique, François Becquerel leva une paire d’yeux méfiants. Je me présentai mais cela ne suffit pas à me faire reconnaître et bien considérer par mon hôte. Alors je lui appris comment j’étais lié à toutes sortes de relations qu’il avait, et dès lors, François Becquerel se composa un nouveau visage, plus affable. La conversation que nous eûmes ne ressemblait à aucune autre que j’avais eue ou que j’allais probablement avoir avec les principaux témoins de l’affaire.

 

« -Alors Monsieur Lewis, vous vous plaisez ici ?

-Becquerel, mon temps est précieux. Si vous le permettez, je dois tout de suite commencer à vous interroger.

-Bien sûr, bien sûr : « time is money ». Nous parlerons plus tard de ces magnifiques lampes sur lesquelles votre œil s’est attardé en entrant. Vous aimez le café français ?

-Becquerel, vous étiez invité au bord de la croisière Psycho-batave. Vous êtes parmi ceux qui ont vu s’effondrer mortellement Randall Webb. Que vous rappelez-vous ?

-J’ai bavardé avec de charmantes lituaniennes expatriées, je leur racontais comment j’avais acquis une étrange bicyclette en fer dans une brocante, comment j’avais ensuite découvert que cette bicyclette était un modèle relativement rare introduit en France au cours des années 1980 par un ingénieur japonais, qui aimait la chasse dans les bois de Sologne, et figurez-vous que ce Japonais est presque mon voisin à présent, il habite la rue d’en face et nous faisons nos courses ensemble, lui ne me connaît pas mais il m’arrive de discuter avec sa femme, une très gentille femme qui aime les oiseaux, je l’ai déjà prise en photo, c’est un cliché très étonnant que j’ai réalisé avec un antique Voigtlander, dont je ne me sers plus à présent mais qui possédait un piqué merveilleux…

-Arrêtez, Becquerel. Dites-moi plutôt, et sans digression, pourquoi on vous a convié ?

-Jean Pop 2 a besoin de moi pour les filles.

-Vraiment ?

-Demandez-le lui.

-Becquerel, vous rassemblez une collection de reliques Psycho-bataves, destinées à orner les murs et galeries des Maisons du Corps et de l’Esprit. Personne n’ignore cela, pourquoi me mentez-vous ?

-Jean Pop 2 répand tout un tas de calomnies sur mon compte : ce sont, je le répète, des calomnies. Il cherche à me nuire publiquement, mais je lui suis nécessaire, c’est moi qui le tiens sous ma coupe, ne l’oubliez pas, Monsieur Lewis.

-Bien. Poire vous a rencontré à Milan, il y a plusieurs mois.

-Milan, oui.

-Qu’y faisiez-vous ?

-J’avais une tante qui…

-Je vais briser un à un ces gadgets ridicules qui encombrent votre bureau, si vous ne me parlez pas en toute franchise.

-J’étais en mission, comme vous aujourd’hui. J’avais acquis une pièce de premier ordre dont la nature vous choquera si vous êtes un homme de morale.

-Je le suis bien plus que vous, sale français… Veuillez me pardonner.

-Il s’agissait, Monsieur Lewis, d’une main d’enfant momifiée. Oui, une main d’enfant momifiée.

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29 novembre 2005 2 29 /11 /novembre /2005 18:23

L’unique 45 tours (le lecteur attentif saisira la magie contaminée par l’adjectif « unique ») de The Living Children présente en face A un honnête mid-tempo plagié sur le riff de « Smokestack lightning ». La face B, en revanche, vient d’un autre flacon, millésimé teenage trauma 66 : guitares blafardes prostrées sous un néon, percussion minimale et noyée dans le brouillard, voix blanche de forêt boréale.

Mais la caractéristique du genre que la chanson pousse plus loin que jamais, c’est une chaleur paradoxale : le motif bavard, presque enjoué, de basse, offrant une alternative à la rythmique « travaux forcés » habituelle, les voix entrelacées autour d’une dernière chandelle, Byrds d’après la catastrophe… ces éléments moins coutumiers nous autorisent à avancer cette affirmation : « Now it’s over » est une chanson heureuse, à des kilomètres de la béatitude imbécile des crasseux de san francisco ; Elle met en situation un stoïcisme élégamment bouleversant. « When the day is through you’ll be glad it’s over » : il ne s’agit pas ici d’une satisfaction mais d’un soulagement, la perte d’un fardeau plutôt qu’un pas de plus vers la bonhomie et le ventre.

La chaleur de cette chanson est celle de la nuit, la nuit au cours de laquelle, comme le rappellent les paroles, on a besoin d’être quelqu’un : la plénitude du désespoir n’est pas offerte à n’importe qui. The Living Children, derrière leurs allures d’ectoplasmes sans visage, incarnent à merveille cette sensualité des dernières minutes.

The Living Children - Now it's over

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24 novembre 2005 4 24 /11 /novembre /2005 19:30

Gras

"Eh oui mon pote, un bon coup de fuzz, un batteur qu'en a dans le slip, un chanteur qui donne tout et t'as le morceau du siècle" en prononçant cette phrase définitive il y a peu, notre ami DJ Connard ne savait peut-être qu'à moitié qu'il venait de résumer les éléments essentiels du gras en musique. Nous lui avons donc rendu hommage en programmant ce track-listing pur Vieux loup. 

The Novas "The crusher"

The Wailers "Hang up"

The Fabulous four "Rotten rats"

The Swamp Rats "Hey freak"

The Third Bardo "Lose your mind"

The Spontaneous Generation "Up in my mind"

Bob Seger "Vagrant winter"

Prince George "Wrong crowd"

Mickey Lee Lane "Hey sha-lo-ney"

Piney Brown "Bring it on home"

Hustlers "Dear John"

The Easybeats "Good times"

The Barbarians "Hey little bird"

The Shades "With my love"

The Painted Faces "I lost you in my mind"

Chis and Craig "Isha"

James Brown "I got a bag of my own"

Wilson Pickett "Don't knock my love - part 1"

Rocky and The Riddlers "Flash and crash"

The Creatures "Ugly thing"

The Dead-Heads "Stupid little baby"

Carl Holmes and The Commanders "Soul dance N. 3"

Eddie Kirkland "I love you"

The Missing Links "You're driving me insane"

The Oblivians "Guitar shop asshole"

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. Le site est actuellement en maintenance mais vous pourrez bientôt l'écouter en différé. 

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21 novembre 2005 1 21 /11 /novembre /2005 19:38

Nouvel extrait des notes de Randall Webb, datant du printemps 1969.

"Je ne peux pas me l’expliquer : La Floride m’a toujours évoqué le western. Le genre le plus cinématographique qui soit, ce monde mouvant, inachevé, monde d’adulte raconté à travers le prisme jubilatoire de l’enfance, c’est dans le rock de Floride de 1966-1968 que j’en trouve la plus juste traduction harmonique ; la même amplitude de rêve. Epique ("I talk to the sun" de The Rare Breed ), intemporel (de nombreux titres de We The People) ou mû par l’enthousiasme des pionniers (I’ll get you back again" de Burgundy Blues), il partage avec son aîné anamorphique la même horizontalité à perte de vue que viennent peupler des images similaires, échos chuintants, comme captés à la dernière seconde, juste avant la perte.

Quand j’écoute « I’m not alone » par The Maundy Quintet, se surimprime à cette ode bouleversante de qui se sait accompagné pour toujours, le visage de Van Efling tel qu’il apparaît dans 3 : 10 pour Yuma, homme à quelques pas de la tranquillité, qui doit pourtant franchir ce dernier intervalle, le plus accidenté, menant finalement à la félicité, la pluie nourricière.

« She’s coming on stronger » de The Outsiders, c’est l’amour lancinant de Johnny et Vienna qui irrigue Johnny Guitar et bariole sa nuit de flambeaux clandestins. « She’s coming on stronger, much stronger than before » : l’amour qu’on subit par fièvres ponctuelles, qu’on ne guérirait pour rien au monde, c’est bien celui mis en images par Nicholas Ray.

                          

Il y a aussi les coups de sang : le malade « Count back » de The Purple Underground auquel fait écho la course absurde, ponctuée de cris porcins, du personnage blessé de Royal Dano dans L’homme de l’ouest, alors cousin des plus terrifiants personnages faulknériens. Ou bien le désespoir infernal de The Cavemen (« It’s trash ») représenté cinématographiquement par la harangue du Gary Cooper éteint du Jardin du diable, alors à deux doigts d’INSULTER LE SOLEIL, et qu’on imaginerait volontiers devenir fou et abattre son cheval d’une balle dans la tête.

La Floride, c’est donc l’Ouest. La Floride, c’est la Californie, ce qui s’embrase de Californie dans ma tête inclinée quand elle se détourne en rêveries de la pourrissante Californie. C’est pour cette raison que j’ai levé les voiles. J’ai délaissé le soleil jaune pour la lumière blonde du sud-est. J’ai jeté mon linge blanc dans l’avion pressé avec pour consigne intime de ne pas me retourner, jusqu’à tout oublier, tout, les vêtements peinturlurés, les révoltes étudiantes, les gens nus sur la pelouse, le désespoir démonstratif de musiciens hirsutes. Se détourner pour toujours des reptiles californiens, engeance déchue, abrutis de chaleur et de drogues, retrouver la candeur immaculée de jeunes gens pour qui le soleil reste une quête, quitter la torpeur de ceux pour qui il est simplement ICI. Et c’est la tête pleine du « Reaching for the sun » de The Ravens que je pose les pieds sur le sol frais de l’aéroport de Kissimmee ce 4 avril 1969."

(Vous pouvez écouter les morceaux de The Cavemen et The Outsiders dans le module "Top-notch music" en haut de la page)

 

 

 

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14 novembre 2005 1 14 /11 /novembre /2005 23:00

           Aux antipodes de la Nouvelle-Angleterre était une région où le goût du Psycho-batave tendre était partagé par des hommes qui ne comptaient pas de puritains parmi leurs ancêtres, ni d’universitaires parmi leurs cousins, encore moins de futurs Présidents des Etats-Unis d’Amérique parmi leurs proches relations. Cette région pouvait tout juste s’enorgueillir d’avoir vu naître le gouverneur philanthrope John Pear ainsi que le pilote mélomane Don Creux, qui tous deux, par ailleurs, préférèrent l’exil incertain au tassement inéluctable d’une existence écrasée par le soleil, la pierre et le sable. L’Histoire n’explique pas pourquoi les studios Viv-Debra de Phoenix, Arizona, développèrent un style Psycho-batave tendre éminemment parfait. L’amateur sait que la conscience d’une pureté produit à terme un maniérisme, que l’on identifie par exemple chez les meilleurs groupes de Nouvelle-Angleterre : retenue de l’énergie, recherche de la maigreur, prédilection pour l’accord mineur. Tels maniérismes n’avaient pas cours à Phoenix. De même, on observera que le centre mondial du style Vieux loup, l’Etat de Washington, générait certains procédés, toujours à cause de cette conscience de la pureté. Mais plus à l’Est, dans l’Etat de l’Iowa, la même signature musicale pouvait être appréciée, dans une forme aussi vigoureuse et saine, mais surtout moins lourde, délestée de ses penchants les plus manifestes pour le cri et la violence.

            En 1965, Phoenix damait le pion à toute la Nouvelle-Angleterre, en même temps qu’elle contribuait à l’éclosion du style Sunrise Pop, bientôt magnifié par The Dovers. L’heureux groupe arizonien avait pour patronyme The Door Knobs. The DOOR Knobs, mes chers frères, ne lisaient pas aldous huxley. Ils ne pouvaient pas même prononcer correctement le nom germanique de bertold brecht. Ils ne savaient pas qui était Antonin Artaud. Mais ils connaissaient leur affaire bien mieux que leurs louches quasi-homologues de Californie du Sud. Leur principal fait d’arme fut l’épiphanique « I Need You Lovin’ Baby », et l’adjectif n’est pas usurpé si tant est que l’épiphanie, dans l’emploi singulier qu’en fit James Joyce, désigne un événement du quotidien promis à l’Eternité. « I Need You Lovin’ Baby » allie en effet l’instantané et l’indestructible dans une alchimie typique du Psycho-batave et s’interroger sur la possibilité d’une telle alchimie revient à avouer que l’on est soi-même capable de la provoquer. Quel mystère ne sonde-t-on pas sous la permission accordée à certains individus de créer un Anodin supérieur, une Evidence supra-terrestre ! Car rien, mes chers frères, ne vous étonnera dans « I Need You Lovin’ Baby » mais tout vous séduira par la grâce ineffable de son mouvement. La lumière est prodigieuse en ceci qu’elle est première et ennemie du secret. Orchestre de la lumière, comme d’autres l’ont été avant ou après eux, The Door Knobs firent exactement comme s’ils avaient été les premiers à célébrer l’amour. Ce n’est pas de la prétention, mais une disposition spéciale dont ceux qui en sont dépourvus se plaindront avec aigreur, comme ils fulminent après le Pat qu’ils n’auront jamais.

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12 novembre 2005 6 12 /11 /novembre /2005 23:00

Profondeur

Mac Curtis en route pour la caverne

Nouveau marathon, nouvelle victoire pour Jeanpop2 et M. Poire, qui se sont ce mercredi penchés sur le son des abysses, les échos caverneux et autres fréquences basses telluriques. "Le moins qu'on puisse dire, c'est que c'était encore du bon boulot" a proclamé l'invité, Clint Eastwood, en sortant du studio.

Los Bonny Boy's Hot's "Virgenes del sol"

The Savages "Quiet town"

The Night Patrol "Trippin'"

Paul Martin "You were there"

New Colony Six "The time of year is sunset"

The Network "Ears of stone"

The Zombies "Beachwood park"

Irma Thomas "Ruler of my heart"

Ida Sands "Prophesize"

The Impressions "I can't stay away from you"

The Poets "I am so blue"

John Brown' Bodies "Out of my mind"

Those Of Us "Without you"

Johnny's Guitars "Suppannahong"

Adrian Lloyd "Got a little woman"

Something Else "Let me say now love"

Chuck Brooks "Baa baa black sheep"

Carl Burnett and The Hustlers "Jerk baby jerk"

Isaac Hayes "Walk on by"

Mac Curtis "The low road"

The Nightcrawlers "The last ship"

The Ascensions "All alone"

The Shakers "Tracks remain"

The Rockin' Ramrods "Bright lit blue skies"

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. Le site est actuellement en maintenance mais vous pourrez bientôt l'écouter en différé. 

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 23:00

            L’année écoulée fut marquée par l’exhumation de textes majeurs de Randall Webb et de Boulter Lewis, textes dont l’ambition synthétique en même temps que la finesse analytique, sans parler de la vigueur poétique, autorisent à nouveau l’espoir le plus fou de la théorie : rassembler le divers du champ musical en un tableau des possibilités. Webb et Lewis avaient mis en évidence l’existence de qualités spirituelles recherchées par les musiciens. Qu’est-ce qu’une qualité spirituelle ? C’est une certaine combinaison de valeurs morales et esthétiques grâce à laquelle un monde particulier peut naître. Il existe quatre qualités spirituelles : le Psycho-batave, l’Italo-américain, le Vieux loup et le Pédé progressif. A l’occasion d’un voyage dans le Massachussets en juillet 1966, Webb eut la révélation que ces qualités spirituelles n’étaient pas aussi pures au point de ne comporter aucune nuance : ainsi, il découvrit une variété de Psycho-batave que, dans sa candeur, il nomma le Psycho-batave tendre. En termes modernes, nous dirions que ce que Webb comprit alors, c’est que pour se manifester, une qualité spirituelle n’exige pas un seul et même rituel. Plus simplement, on peut atteindre à la même qualité spirituelle par des voies multiples. Ce sont les itinéraires dramatiques empruntés par les musiciens selon leur sensibilité, leur culture ou leurs aptitudes. On en dénombre quatre : le Pat, le Mood, les Couilles (« balls ») et la Toge (« toga »). En croisant les qualités spirituelles et les itinéraires dramatiques, nous obtenons les seize possibilités génériques de la musique. De ce point de vue, certains genres que la critique journalistique a arbitrairement séparés se voient confondus en une seule catégorie : il n’y a, par exemple, aucune différence de nature entre le folk punk et la soul baroque. Ce tableau classificatoire est l’œuvre du centre d’études Psycho-bataves, sa réalisation a demandé une année complète. Nous tenons à renouveler notre dette envers ces défricheurs méconnus que furent Randall Webb et Boulter Lewis, et aussi à remercier Jean Pop 2 pour la largesse philanthropique de ses crédits. That’s right.

 

 

 

   Pédé progressif Vieux loup   Italo-Américain  Psycho-batave
 Toga

 Frisco Acid Shit

Quicksilver Messenger service

 Red Greasy Punk, Chicago white blues

MC5, The Shadows Of Knight

 Deep Soul

James Carr

Pre-Moustache Psych, Maniacs

The Electric Prunes, Joe Meek

 Balls

 Hard-Prog

Deep Purple

 Northwest Stomp

The Sonics

 Stax Sound

Rufus Thomas

Aussie Beat

The Chants R&B

 Mood

 Bearded Bards

Fairport Convention

Urban Folksingers

Tim Hardin 

 Drama Soul, New York Baroque pop

Brooks O'Dell, The Left Banke

New England Garage, Sunrise Pop

The Rising Storm, The Dovers

 

 Pat

 Sunshine Pop

Sagittarius

 East L.A. Pachuco sound

Thee Midnighters

 1966 Motown, New Orleans Soul, Blue-Eyed Soul

David Ruffin, Lee Dorsey, The Young Rascals

Folk Punk, Twisted Soul Music, One-Shot Terrors

The Brogues, Sly And The Family Stone, The Bees

 

Genre

Exemple

Le Centre d'études Psycho-bataves en 1966

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2 novembre 2005 3 02 /11 /novembre /2005 23:00

        « Il suffit d’un chef-d’œuvre pour devenir une légende. Il en faut deux pour prétendre au génie. » asséna Jeanpop2 un jour de soleil vertical, plus Wellesien que jamais. Puis il me prêta deux 45 tours, « Shades of blue/Love’s a fire » de The Werps et « Voices green and purple/Trip to New Orleans » de The Bees, en me précisant tout de même qu’il s’agissait de deux volets d’un triptyque Psycho-batave dont l’achèvement ne devait m’être révélé que lorsque je serais digne de jouer dans un film de Sam Peckinpah. Depuis, j’ai sombré dans l’alcool, enterré ma femme, respiré la poussière rouge du Mexique et parlé au vautour que j’avais juré voir perché sur mon lavabo.

        Alors j’ai eu accès à la pièce manquante du triptyque, « Lorna/Got a little woman » d’Adrian Lloyd, auquel je m’intéresserai ici pour sa face B. Larsen se déployant comme une menace aérienne, rythmique aux semelles de plomb et arpège en toile d’araignée, les premières secondes donnent la pleine mesure du génie d’Adrian Lloyd, que partagent très précisément The Werps et The Bees à plusieurs niveaux : d’abord, chacun des trois groupes n'a publié qu’un 45 tours, soit deux titres d’une intensité maximale et constante, carrière Psycho-batave absolue. Mais surtout, ils convoquent tous trois des imaginaires qui, bien que géographiquement lointains, convergent sur un point central, le primitivisme païen. Si The Werps évoquent les malédictions Egyptiennes, The Bees le vaudou haïtien et ses débris louisianais, Adrian Lloyd semble rescapé du romantisme anglais le plus tribal, celui de Mary Shelley. Et bien qu’il chante la femme, et que les rythmes avec lesquels il fait marteler ses histoires sales évoquent parfois The Troggs, le moral n’est pas ici rattrapé par la tendresse de Reg Presley ou par le parfum des filles du premier rang. Les musiciens d’Adrian Lloyd sont d’authentiques troglodytes, qui n’ont pas appris les règles élémentaires du sourire et de la poignée de main. S’il y a ici un parallèle à proposer avec Frankenstein, il ne s’agit évidemment ni du monstre rigolo chanté sur le mode du rockabilly horrifique, ni du croquemitaine trop fardé des films de la Hammer : Adrian Lloyd, c’est la créature de Frankenstein dépouillée de pittoresque. En détresse sur la banquise, elle vient de tuer son père et s’apprête elle aussi à plonger dans la nuit.

               Adrian Lloyd - Got a little woman

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29 octobre 2005 6 29 /10 /octobre /2005 22:00

Devant le peu de réponses satisfaisantes données la semaine dernière, nous allons cesser de vous surestimer et proposer des questions un peu plus faciles :

Question 1 :

De quel personnage public la chanson "Youth and experience" de Doug Brown and The Omens est-elle le chaleureux dithyrambe ?

Question 2 :

Pour l'anniversaire de quel grand acteur Américain The Five Americans chantèrent-ils ?

Question 3 :

Quel est le rapport entre "L'homme qui en savait trop" d'Alfred Hitchcock et la pop californienne ?

Question 4 :

Quel est ce groupe Hollandais qui connut une gloire internationale lorsqu'il se convertit au hard-rock après avoir ôté un S de son nom ?

Question 5 :

Quel chanteur soul débordant de Pat fut boxeur sous le surnom de "Kid Chocolate" ?

Question 6 :

Quel chanteur Psycho-batave originaire du Texas mourut probablement par le feu ? 

Blind test :

Hé Hé...

 Indice blind test : Ce groupe a également signé la chanson la plus mélodique et "poppy" d'une célèbre compilation dont le titre est emprunté à une chanson de The Pleasure Seekers.

 

Réponses de la semaine dernière :

1- Les Psycho-bataves Remains (Boston) ont repris le titre "Heart" initialement chanté par petula clark.

2- Il s'agit de Warren Oates qui partage l'affiche de "Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia" avec Kristoferson.

3- Il s'agit bien sûr du surestimé Brian jones dont la blonde chevelure décore de manière trompeuse l'album "Songs of protest and anti-protest" du mystérieux Chris Lucey.

4- Allen Toussaint, épaulé par le Mc Wellback Willie Harper, enregistra sous le nom The Rubaiyats un hommage éponyme au poète persan Omar Khayyam.

5- Joe Meek refusa de produire The Beatles et le très laid david bowie.

6- Ils sont deux rares artistes blancs signés sur Motown ou une subsidiaire de la compagnie.

7- Aucune.

Blind test : The Ugly Ducklings : "That's just the thought that I had in my mind"

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