Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 août 2005 7 21 /08 /août /2005 22:00

Promesses/menaces

Johnny Ace, la promesse de l'amour supra-mortel

Nouvelle émission pirate au cours de laquelle Jeanpop2 et M; poire, vacances oblige, ont fait preuve d'une espièglerie à laquelle il ne nous avaient guère accoutumés. Ainsi furent délivrés des commentaires pertinents, des messages à l'usage de la jeunesse et des traits d'humour que n'auraient désavoués Raymond Roussel.

The Embers "Paradise hill"

Humans "Warning"

The Shady Daze "I'll make you pay"

The Fabulous Blue Jays "I'll make you cry too"

Detroit Soul "All of my life"

George Jackson "Don't use me"

Betty Everett "Too hot to hold"

Sandy Coast "We'll meet again"

The Mad Hatters "I'll come running"

The Landlords "I'll return"

Miki Dallon "I'll give you love"

Sons Of Fred "I'll be there"

The Others "Revenge"

Lena Mone "You stay on my mind"

Freddie Scott "Forever my darling"

Spencer Wiggins "I'll be true to you"

Front Page News "You better behave"

Jonathan's Experiences "I will make it"

The Burgundy blues "I'll get you back again"

The Midnight shift "Never gonna stop lovin' you"

The Chocolate Light Bulbs "I'll forgive you girl"

The Standells "Someday you'll cry"

Johnny Ace "Pledging my love"

Oscar Toney Jr "Until we meet again"

Billy Gales "Dreaming of you"

Al Green "Beware"

Vous pourrez écouter l'émission à la rentrée en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. Vous pourrez également l'écouter à n'importe quel moment ici!!! 
 
 
Partager cet article
Repost0
20 août 2005 6 20 /08 /août /2005 22:00

Le 20 08 2005

 

 

«  SALUT CHAPEAU, DISCIPLES DU PAT,

 

 

C’est en tant que récemment promu directeur du bureau 459 du centre d’études psycho-bataves, que je me permettrai de prendre la plume.

 

Je serai bref, efficace et concis. Je me dois de reprendre les choses en main ! Car quand j’entends dire ici et là que le Pat serait une histoire de chevelure ou de tour de taille ou que sais je encore… Ceci devient intolérable, à plus forte raison que le support de diffusion qu’est le blog de sa Majesté JeanPop2 est d’une qualité indiscutable !

 

Donc, pour aller droit au but, il y a ceux qui ont le Pat et ceux qui ne l’ont pas ! Irait-on mettre en doute la négritude des Africains ? Non, et bien il en va de même pour les possesseurs (et non propriétaire) de Pat !  

 

D’autre part, ne croyez pas que ma venue sera accompagnée de réformes en tout genre (il n’est pas à l’ordre du jour que les femmes se voient affublées de Pat). Encore une fois, il y a la Pat liste officielle et l’Anti-Pat liste non moins officielle. Il faudra dorénavant vous y référer scrupuleusement. Car n’oubliez pas, le Pat n’est pas histoire de style ou d’allure, c’est une ATTITUDE !! »

 

 

Keep Da Pat !

 

 

Jean Pat, bureau 459 du centre d’études psycho-bataves.

Jean Pat

Partager cet article
Repost0
19 août 2005 5 19 /08 /août /2005 22:00

Nouvel extrait des notes Late sixties de Randall Webb :

« Je suis souvent revenu au Texas, et même si je ne suis pas natif de cet état, j'ai toujours l'impression en y posant le pied de rentrer à la maison. Mon ami Marvin Marty, alors jeune assistant réalisateur, avait trouvé un moyen de s’inviter, et moi avec, à l’anniversaire de John Wayne dans son ranch. Au-delà de l’acteur, que j’admirais évidemment, j’étais enchanté par la perspective d’assister à une prestation de Kenny and The Kasuals, groupe Psycho-batave en diable, que John Wayne avait assez étrangement invité à jouer.

Je reconnus dans la foule bigarrée  qui peuplait la très haute salle de réception de nombreux producteurs, réalisateurs et quelques acteurs fidèles, discrets mais irrémédiablement magnétiques. John Carradine, qui portait l’élégance Italo-américaine à sa boutonnière, tendait une coupe à la mutine Cathy O’Donnel. J’eus l’insigne honneur de retenir le regard bleuté d’Henry Fonda, qui était en conversation Macwellback avec Woody Strode. De lui-même, John Wayne vint nous serrer la main et nous présenter un drink. Brûlé par la curiosité, je finis par lui demander la raison pour laquelle il avait invité Kenny and The Kasuals à se produire pour son anniversaire. Voici ce qu’il me répondit :

« Avez-vous vu  Le Réveil de la Sorcière Rouge ? Bien. Connaissez-vous son réalisateur, Edward Ludwig ? C’était un drôle de type, du genre à dormir dans la neige quand il y a trop de bruit à l’intérieur. Et un poète. Un vrai grand poète. Vous qui avez vu ce chef-d’œuvre, vous ne pouvez que convenir avec moi qu’Edward a la dimension céleste, volatile, qui manque à Jack Ford, génie de la terre et de la durée. Et bien le bleu de Ludwig et le brun de Ford, je les retrouve tous deux, puissance combinatoire, chez Kenny and The Kasuals. La diversité de leur palette le place définitivement sous la bannière argentée des poètes Psycho-bataves. Qu’ils soient aussi à l’aise dans la rugosité tectonique (Journey to tyme, Chimes on 42nd street, Revelations)  que dans le fantomatique aérien (Strings of time, As I knew, Come Tomorrow) le prouve bien. Parfois ils harmonisent même ciel et terre, comme sur le gilgameshique Come on kid. Avez-vous entendu parler de ce transpirateur français que des menteurs appellent « le poète leo ferre » ? C’est un escroc et un dangereux voyou. Il veut nous faire croire que l’art est histoire de profondeur, mais il est aussi éloigné de l’art que Kenny and The Kasuals le sont de la france. Car je vais vous dire, randall, le grand art est affaire de superficie.

                                                 Kenny and The Kasuals au berceau

De quel droit leo ferre veut il faire passer sa désespérante monochromie pour une vision stratifiée de l’âme humaine ? Non mon pote, le grand art, c’est en technicolor, et ça recouvre notre bonne vieille planète entière. Si Christophe Colomb avait creusé un trou dans son jardin au lieu de parcourir la surface du globe, où en serions-nous aujourd’hui ? Pas de westerns ! Pas de Psycho-batave des prairies ! Que de la rengaine Irlandaise à tous les coins de rue ! Les souterrains, c’est bon pour les taupes, et leo ferre en est une. Tout comme ce cinéaste efféminé, comment s’appelle-t-il déjà, eric romère ! Il croit creuser un sillon cultivable alors qu’il creuse la tombe du cinéma, et partout on l’applaudit tandis qu’on se méfie d’un génie comme Henry Hathaway qu’on soupçonne d’éparpillement, simplement parce que sa palette porte plus de couleurs que peut n’en voir la critique daltonienne. C’est ça la vérité mon vieux. »

John Wayne s’éloigna alors pour accueillir de nouvelles convives. Je sortis prendre l’air. Je m’allongeai dans un fauteuil en osier en me disant que leo ferre ne reconnaîtrait pas l’amour, même si l’amour le frappait en pleine face. Et je m’endormis doucement, songeant que partout sur la calme surface du globe ensommeillé, des milliers de Kenny and The Kasuals préparaient la révolution Psycho-batave. »

 

 

Partager cet article
Repost0
18 août 2005 4 18 /08 /août /2005 22:00
Psycho-Batave Revolution on the march ! 
Partager cet article
Repost0
15 août 2005 1 15 /08 /août /2005 22:00

Obstination

Curtis mayfield, ou l'art de creuser le même sillon pour le bien de la communauté

Pas de vacances pour Jeanpop2 et M. Poire qui poursuivent leur quête de la torsion Psycho-batave fondamentale sous le soleil idiot du mois d'août. Ainsi firent-ils leur le vieux concept de Conatus en l'appliquant au rock sixties. Les lecteurs égarés par ce terme n'ont qu'à retourner à l'école, ou blâmer leurs parents pour avoir mal choisi leur précepteur.

Red Beard and The Pirates "Go on leave"

The Jynx "Come on up"

Paul Revere and The Raiders "Get it on"

Kenny and The Kasuals "Come on kid"

The O'Jays "Hold on"

The Supremes "You keep me hangin' on"

Maurice Rodgers "Gotta keep talkin'"

The Action "I'll keep holding on"

Sharon Tandy "Hold on"

The Jay-Jays "I keep tryin'"

Buddy Holly "Rave on"

Ronnie and The Delinquents "Keeps dragging me on"

The Flippers "Let's dance on"

Charles Lamonte and The Extremes "I've got to keep movin'"

The Impressions "Keep on pushing"

Vernon Garrett "Shine it on"

Riots "I can go on"

The Barons "Come on"

The Moxies "Get a move on"

The Grifs "Keep dreaming"

Del Shannon "Move it on over"

Russ Kruger "Keep me satisfied"

Candi Statton "I'm gonna hold on (to what I got this time)"

The Hi-fi's "I keep forgettin'"

The Rites Of Spring "Comin' on back to me"

Names And Faces "Keep smiling"

The Intruders "I'll go on"

The Glass Candle "Keep right on living"

Curtis Mayfield "Keep on keeping on"

 Vous pourrez écouter l'émission à la rentrée en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. Vous pourrez également l'écouter à n'importe quel moment ici!!! 

 
Partager cet article
Repost0
14 août 2005 7 14 /08 /août /2005 22:00

1. La Naissance

 

En 1964, Marvin Marty, adolescent gauche et impopulaire, étudie le cinéma à l’Université de Virginie. Il ne montre guère de disposition pour les compétitions sportives, encore moins pour les batailles électorales et ne parvient pas à intégrer la moindre fraternité : même étudiant de troisième année, il est rituellement insulté par les nouveaux venus qui gagnent ainsi le droit de rentrer dans leurs clubs respectifs. Marvin Marty sait au fond de lui-même que ces rebuffades tendent à prouver qu’il ne finira pas sa vie dans la peau d’un square et qu’elles le destinent en outre à devenir une Légende dans son Etat natal. C’est pourquoi Marvin Marty devient le premier organiste des inoubliables Talismen. Or ceux-ci ne pouvant souffrir sa laideur et son grand âge (23 ans) l’évincent avant l’enregistrement du légendaire « She Was Good » dont il co-signe néanmoins les paroles. Cet échec signe le début de son implication totale et effrénée dans la connaissance et la pratique du cinéma. Marvin Marty, qui a très tôt constaté chez lui l’absence de tout charisme, songe combien douce et ferme doit être la sexualité d’un metteur en scène quand on la compare au brusque déchaînement de la sexualité d’une Légende dans son Etat natal. Cette pensée tiendra lieu de consolation et bientôt de credo esthétique. En 1981, sur le tournage de son dernier long métrage Have Some More Wine, Suzy Joe, Marvin Marty, que la mort va faucher dans quelques mois, déclare : « Oui, l’instant Psycho-batave m’a toujours fui. A la place, j’ai imposé une rigueur et une concentration, qui, elles, ont au contraire toujours fui mes modèles. » Marvin Marty puise l’essentiel de ses références dans le cinéma de la MGM et dans celui de la RKO. Il méconnaît ou affecte de méconnaître les cinémas européen et asiatique, à l’exception de Mario Bava et d’Akira Kurozawa. Plus saillant, il se tient à l’écart des débats théoriques qui passionnent alors ses camarades et pendant que le journal des étudiants glose sur Robert Bresson et la morale franciscaine du travelling avant, Marvin Marty, cocaïnomane dès l’été 1966, se repaît de films de cavalerie et de pirates des Mers du sud.

Pour lire l'intégralité de l'article, cliquez ici

 
Partager cet article
Repost0
9 août 2005 2 09 /08 /août /2005 22:00

Le lecteur n’est pas sans savoir que Jeanpop2 emploie deux ecclésiastiques Polonais, Woycek et Cekwoy, pour ratisser de fond en comble les conventions de disques et participer aux enchères les plus primordiales. Woycek et Cekwoy se trouvaient donc dans la salle des ventes « Basil Goulandris » de Lausanne à l’occasion de la célèbre mise aux enchères « Teenage trauma 66 ». De nombreux collectionneurs au poil sale aboyaient à l’unisson dans cette salle, parmi eux le français Bertrand B. accompagné comme d’habitude de jeunes filles anorexiques à franges laquées. Les enchères allaient bon train et Jeanpop2 donnait ses consignes par téléphone. Cependant, Bertrand B., certainement jaloux de la renommée et du flair de l’éclairé Jeanpop2, surenchérissait systématiquement sur les objets que ce dernier convoitait, jusqu’à les remporter ; ainsi s’appropria-t-il « I am alone » de Bad Manners, « Come to me » de Black And Blues et l’acétate de l’inestimable « Love is tuff » de The Fantastic Dee-Jays, « lui qui n’entend rien au genre suprême du trauma adolescent, pour se consacrer entièrement à la plus niaise sunshine pop. Je m’en vais de ce pas rosser cet impudent vendeur de meubles » proclama Jeanpop2, délaissant alors son œuf d’autruche à la coque pour apprêter l’hélicoptère qui allait l’amener deux heures plus tard sur les lieux du délit. Ainsi parla Jeanpop2 face à l’assistance médusée :

" Messieurs les ours, j’ai fait un long voyage pour punir cet individu qui par tous ses efforts tente d’accéder à la félicité Psycho-batave, mais je vous affirme ceci : ses motivations sont uniquement dictées par la mode. Ainsi ce pantin mondain tente-t-il aujourd’hui de s’approprier le folk-punk dépressif parce que je l’ai remis au goût du jour en dévoilant ses infinies qualités au grand public. Ne lui faites jamais confiance ! Abhorrez-le de toutes vos fibres, car il a sali des pans entiers de l’art en les désinterprétant, de sorte que le monde entier aujourd’hui les mésinterprète !

Oui, cet homme a voulu nous faire croire que l’innocence a pour borne 1969 et non 1966. En d’autres termes, son infantilisme aux allures de sophistication l’incline à attacher le plus grand crédit au genre dit sunshine-pop qu’il ne déchiffre qu’en diagonale. Fort de sa pseudo-science qui n’est que collectionnite de banlieue, Bertrand B. n’a finalement retenu qu’un kitsch diffus et quelques trucs techniques de son accointance avec la musique californienne.

l'aube de The Byrds

En choisissant d’ériger sur un piédestal de liège le genre le moins noble et le plus touristique de cette musique, ce faux aristocrate scandaleusement non oisif jette un voile public sur la branche essentielle que je baptiserais Sunrise pop, et dont les fruits les plus gorgés de sève Pycho-batave sont Bobby Fuller, The Dovers, The Tormentors, The E-Types et bien sûr The Byrds. Ici, pas de candeur feinte, pas de chœurs en arc-en-ciel au-dessus d’un berceau de carton, rien qui distraira le pédé progressif, ce raciste qui fait semblant de s’ignorer tel, rien non plus qui alimentera son fantasme de « musique paradoxale », où la surface guillerette dissimulerait un « torrent noir », comme il se plait à le dire de The Beach Boys, groupe suprême dont il ne connaît qu’un album et demi.

Non, chez tous les groupes précédemment cités, le torrent c’est la chanson, et elle dit ce que souligne la musique, et la chanson est sentiments, c’est-à-dire météorologie et non pantomime. Pas de sourires en l’air, pas de mouvements exaltés ou ironiques des bras, finalement presque pas d’image du tout avec ces groupes. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard s’il n’existe aucune photographie de The Dovers, presque pas de The Tormentors ou The E-Types, pas tellement de The Byrds, malgré leur stature historique. Et c’est ce qui sauvera pour toujours ces immenses entités Psycho-bataves, cavaliers de l’Aube immaculée, aussi loin de la mode que John Ford l’est d’Hollywood, c’est-à-dire en plein centre, en rotation perpétuelle. Et c’est au nom de la générosité, monsieur très laid, que je vais maintenant vous enfoncer une cassette de Cheap Trick dans l'oreille."

Ainsi fit Jeanpop2, et il fit vite et bien. Puis il s'en retourna dans sa villa, lui qui est allergique à la poussière.

 
Partager cet article
Repost0
8 août 2005 1 08 /08 /août /2005 22:00

Jean Pop 2, Chers amis

 

                L’unité de la personnalité et de la vie de Randall Webb n’apparaît qu’à ceux qui lui ont témoigné suffisamment d’amour et d’admiration pour en saisir la forte ossature. Certes, plusieurs parmi nous ne l’ont fréquenté que durant de brèves périodes, et peu, à la vérité, peuvent s’enorgueillir de l’avoir côtoyé sur de longues périodes. Randall Webb qui, je le répète, a mené une existence parmi les plus cohérentes, une existence dédiée aux plaisirs de la recherche et de l’action Psycho-batave, Randall Webb a toujours pris soin de se défausser de ses compagnons de route, et ceux-ci n’avaient alors pour ressource que de l’observer à distance ou de recueillir le témoignage de nouveaux pèlerins. Ainsi, par un effort de recoupement, peut-on aujourd’hui rassembler en un nœud indémêlable les très nombreuses incurvations et sinuosités de son parcours. J’ai eu le privilège insigne de guider les derniers efforts vers la lumière de notre ami défunt. Vous, Poire, m’avez immédiatement précédé, mais dérouté par ce que vous avez dédaigneusement baptisé « la psychose russe » de Randall Webb, votre intérêt a fléchi dès notre départ de Copenhague. Vous, Jean Pop 2, avez nourri une compréhension exacte de la jeunesse de Randall Webb par le biais le plus illustre, j’entends celui de la littérature. Vous, Sred Sweign, avez connu Randall Webb d’une manière qui reste à déterminer mais qui, vraisemblablement, procède par éclipses ou plutôt éclairs instantanés, en quoi vous avez fait écho à l’une des passions juvéniles majeures de notre ami, celle qu’il vouait avec une intensité qui ne souffrait aucun relâchement à l’œuvre de The What Fours : « Eight Shades Of Brown ». Enfin, notre frère américain, l’officier Boulter Lewis a, lui, assisté et même stimulé Randall Webb entre l’année 1966 et l’année 1971, c’est-à-dire qu’il a été le témoin et le catalyseur de la floraison spirituelle du grand écrivain Psycho-batave. Pour ce qui est de la période 1971/1982, ce que nous nommons la Nuit de Randall Webb, personne hélas ne fait entendre sa voix, sinon celle, qui nous parvient d’outre-tombe, du metteur en scène Marvin Marty, l’auteur de Sad Was The Wine. D’après les Mémoires de Maurizio Benutto et le témoignage de son fils, Maurizio Benutto Jr, Marvin Marty et Randall Webb, pourtant jamais en présence l’un de l’autre, songeaient souvent, du moins en ce qui regarde Marvin Marty, à ce que l’autre pouvait faire, penser et aimer. Les storyboards et le scénario manuscrit de Wine Killing ! sont émaillés de références cryptiques à Randall Webb. De même, un article de 1973 de Randall Webb, paru dans une revue du Montana sur la chasse à l’ours, mentionne Keep The Wine Alive. Tous ces hommes, aussi divers soient-ils, riches ou pauvres, Américains ou non, seront bientôt égaux, quand leur histoire aura fui de la mémoire de l’humanité. Or nous pensons ici que l’œuvre de Randall Webb, promise à une reconnaissance mondiale et dont la révélation affectera le cours des événements, modifiera la perception générale que nous avons du temps et de l’esprit, cette œuvre assurera notre salut, à nous qui en avons chanté les louanges et en avons, pour une part seulement, saisi le développement et le sens.

 

(Randall Webb en 1964)

                Alors n’ayez crainte. Ne pleurez pas celui qui depuis plusieurs décennies a écarté le spectre de la Mort, celui dont la Mort n’a plus voulu et qu’elle ne saurait jamais gagner à sa sinistre cause, parce que Randall Webb dès 1965, par la grâce du fluide Psycho-batave, s’était élevé au-delà de la contingence. Et ne pleurez pas les vies dont aucune puissance ténébreuse ne vous dépouillera dès lors que vous avez reçu la parole sanctificatrice de Randall Webb. Aujourd’hui est fête et je ne souhaite pas voir Jean Pop 2 retirer la gaine de son sceptre, ni Sred Sweign mettre un terme à ses accouplements lacrymaux pendant que je vous console avec l’ultime intuition Psycho-batave de Randall Webb. Car les mots sur lesquels Randall Webb a pris congé de sa somptueuse forme terrestre ne manqueront pas d’atteindre votre cœur : « Land beyond the moon, I’m on my way to you ». Ces vers trouvent leur origine dans une chanson de The Motions. Ce sont ces mots qui ont donc servi de sésame à Randall Webb.  J’ignore quelle place « Land Beyond The Moon » a occupé dans la jeunesse puis dans la vie adulte de Randall Webb. Il est vrai que notre ami s’était fait une spécialité des reniements. Un attachement tôt contracté pour une musique, quelle qu’elle soit, ne conduit généralement qu’à un enfermement dans une religion. Ce n’est qu’ensuite lorsque telle musique ouvre non pas le champ de toutes la musiques mais l’espace d’un genre musical ou d’une époque de création que l’on sait notre goût formé et notre pensée prête à enfanter des pensées de valeur. Alors telle passion précoce pour un groupe anodin qui ne nous enfonce que dans le culte et la morale doit être combattue. Randall Webb n’a probablement découvert que fort tard « Land Beyond The Moon » , assez tard pour que cette chanson constitue un socle à sa réflexion et à son action. Vous l’entendez en ce moment-même qui remplit les voûtes de ce lieu. Sa cadence évoque une charge héroïque vers l’astre de la nuit ou bien le chariot des airs qui virevolte sous la conduite fougueuse du dieu Hélios. Et pourtant c’est aussi bien l’océan, le défi d’une traversée, ou même les chevaux qui se ruent dans le désert brûlant, que l’on perçoit, comme si la logique expansive du thème mélodique niait toute distinction entre les éléments. Ainsi « Land Beyond The Moon » se rue à l’assaut de tous les paysages, parcourt en tous sens les territoires du monde. C’est, si je puis dire, un air de conquête absolue. Mais il est autre chose, que nous ne comprenons qu’aujourd’hui, qui forme le legs de Randall Webb, et que la mort de ce dernier pouvait seule rendre intelligible. « Land Beyond The Moon » ne décrit pas seulement des parcours physiques mais une ascension vers la mort bienheureuse : The Motions, génies ineffables, attestent l’une des vocations primordiales de la philosophie d’après les Anciens, à savoir que la sagesse, l’amour de la sagesse sont une préparation à la mort. Aussi bien l’art témoigne de la perpétuation de la vie et célèbre ce qui existe. Or vous savez tous combien les artistes sont pour la totalité d’entre eux des gens grotesques et infatués. Au contraire de The Motions et de l’ensemble des cohortes Psycho-bataves. Ne pas ressembler aux artistes peut constituer un but valable dans la vie, et Randall Webb préféra toujours la sagesse de The Motions à l’art de lou ride. Cette préférence est la nôtre également. Nous sommes des sages. A bientôt Randall Webb.

 

 

 

 
Partager cet article
Repost0
2 août 2005 2 02 /08 /août /2005 22:00

            Ainsi parla Jeanpop2 :

            "Poire, je vois la candeur McCartnéenne de vos yeux se changer en stupeur, la stupeur des veilles de grandes révolutions, d'épiques découvertes. Vous ne comprenez pas. On vous a dès le plus jeune âge appris à faire le In and out Psycho-batave au son de Larry and The Blue Notes. Vous avez également expérimenté le sexe Italo-américain enveloppé des volutes ouatées de Smokey Robinson. Dans vos heures de Vieux loup, l'écume aux lèvres, vos déhanchements sont rythmés par The Chants R&B ou The Sparkles. Mais jamais vous n'imaginiez commettre la chose au son du "Depression" de The Specters. Laissez-moi vous raconter alors l'histoire de ce morceau :

             Ces quatre adolescents du Massachussets, lestes, décomplexés, avaient expérimenté les ravissements du in and out, défiant la permissivité des chauves, au bordel local. Ils en tirèrent leur sûre virilité et un morceau en hommage à cette psycho-batave whorehouse. Bien évidemment, les chauves et les grises s'offusquèrent de la hardiesse  des paroles de cette ritournelle bourrée de Pat. Ils séquéstrèrent alors leurs progénitures, leur imposèrent un régime au pain sec et à l'opérette des Appalaches, jusqu'à les forcer de laisser de côté la chanson honteuse. Après cette humiliation, plein de honte et de fierté, le groupe s'enferma en studio pour composer la chanson qu'ils voulurent par réaction la plus mélancolique du monde. Et écoutez, Poire, ils l'ont accomplie, et cette mélancolie est le bonheur d'être triste, d'être vivant, d'être la pointe rouge de la pyramide dans ce long désert privé de pittoresque, braise dans cet hiver sans étoiles.

Les parents et la petite soeur du chanteur de The Specters

             Parfaitement, Poire, vous avez tout saisi ! Cette chanson toute en faux-semblants, est un leurre ! Ma tête est surmontée d'un masque et tout ceci n'est que mascarade intense, à l'image du divin "Depression" ! Souvenez-vous, le jeu de l'ombre et de la proie ! Maintenant, amusez-vous et laissez-moi me faire gober le dard ! "

              A ces mots, Jeanpop2 s'éloigna en accomplissant de vertigineux sauts de cabri pour aller rejoindre un groupe de femmes lascivement expectatives. Je réalisai soudain qu'entrainé pas sa loghorrée, mon ami et maître ne m'avait pas laissé le temps de lui présenter Randall Webb. C'est alors qu'en me retournant je vis ce dernier fort occupé avec trois femmes noires, et ce de manière absolument frénétique. Randall Webb faisait le in and out comme on étrangle un tigre, son poitrail ruisselait et il hurlait son plaisir entre ses dents sans aucun égard pour le sublime "Depression" qui peinait alors à remplir l'espace.

                Soudain Randalll Webb s'immobilisa, tourna son visage défiguré par la douleur et s'affaissa d'une pièce. La musique avait cessé. Tous les visages convergèrent vers le corps de la bête et il  passa dans l'air comme l'haleine empoisonnée de l'été 1969.

Partager cet article
Repost0
28 juillet 2005 4 28 /07 /juillet /2005 22:00

Lesquels de ces personnages détiennent le Pat?

(Postez vos réponses justifiées de préférence

dans les commentaires en bas de l'article.

De nombreux cadeaux à gagner!)

 

Jeangopoulos

Winston Churchill

Frank Zappa

Vladimir Nabokov

Sky Saxon

Peter Sellers

Pam Grier

Tomas Milian

George Clinton

Buddy Holly

Partager cet article
Repost0