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16 mars 2005 3 16 /03 /mars /2005 23:00

Aristocratie

Jeanpop2 et M. Poire furent seuls ce soir-là pour traiter avec brio du sujet du fantasme aristocratique dans le rock des années 60. Bien sûr, leurs réflexions nous menèrent encore une fois loin et au-delà des sentiers rebattus de la critique rock "classique", vieille louve lesbienne progressive.

Sermon de Jeanpop2

King Khan "Torture"

The Kings Ransom "Shame"

Freddy King "One hundred years"

The Impressions "Minstrel and Queen"

Erma Franklin "The right to cry"

I Kings "Trovane un altro"

The Charles "Motorcycle"

Screaming Lord Sutch "Jack the ripper"

The Landlords "I'll return"

New Colony Six "The time of year is sunset"

Les Fleur De Lys "Mud in your eye"

Scott Walker "Duchess"

The Marquees "Marquees theme"

The Buckinghams "I've been wrong"

James Knight and the Butlers "I love you"

The Noblemen "Short time"

The Noblemen "She thinks I still love her"

Sir Henry and his Butlers "Jenny take a ride!"

Sir Latimore "I do the jerk"

Sir Walter Raleigh "Tomorrow's gonna be another day"

Sir Winston and the Commons "We're gonna love"

Count Five "Peace of mind"

Young Aristocracy "Look and see"

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire. 

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14 mars 2005 1 14 /03 /mars /2005 23:00

          Boulter Lewis

 

Ecarté du circuit universitaire, hostile à toute publication, Boulter Lewis, dont la méditation ininterrompue sur l’essence psycho-batave lui vaut cependant une audience internationale, est un ami personnel de Jean Pop II. Né en 1943, Boulter Lewis est depuis vingt-cinq ans officier de police dans la ville de Concord, Massachussets.

 

            

Quand nous parlons de l’orgue du fantôme, tel que celui-ci résonne dans « Shades Of Blue » de The Werps, nous ne visons pas l’insuffisance technologique dont pâtit un groupe tout à fait inconnu lorsqu’il enregistre sa chanson dans l’année 1965. Nous ne moquons pas une curiosité esthétique datée, un bourdonnement amusant pour amateurs de pacotille. L’orgue du fantôme, aussi durablement que j’ai pu fixer mon esprit sur lui, m’apparaît comme le signe tardif et néanmoins exact d’un imaginaire national.

 

Les plus jeunes connaissent Sam The Sham  & The Pharaohs, peut-être ont-il méconnu The Topsy Turbys : dans les deux cas, il s’agit de turbans, mais les seconds sont les seuls à invoquer le véritable orgue du fantôme. Et cette invocation légitime ce qui chez les premiers paraît suspect. Je veux dire que grâce à ses parties d’orgue, « Topsy Turby » se rattache au grand motif imaginatif du Séduisant Oriental, que nous identifions chez des romanciers tels que R.L. Stevenson et Wilkie Collins. L’imaginaire colonial de la Grande-Bretagne comporte d’autres motifs qui tous allient l’énigme, l’érotisme et le sens du passé et de l’enfance. Bien mieux, tous les motifs dessinent un fantastique subtil et domestique. Ainsi l’admirable réussite de la Hammer : « La Malédiction Du Tombeau » où chaque lieu, chaque partie du décor atteint au confort absolu par son mélange de modestie et de maladresse. Ce sont les cachettes de l’enfance, de dimensions réduites, jonchées d’objets colorés et hétéroclites, entourées de la nuit amicale. « Shades Of Blue » de The Werps doit beaucoup au cinéma de Terence Fischer, mais également à certaines réussites de Michael Powell et Emil Pressburger, dont « Le Narcisse Noir ». Mais quelque chose, qui est la mélodie descendante en accords majeurs, hisse la chanson de The Werps au-dessus des autres chefs-d’œuvre de l’orgue du fantôme, je songe à « Wait & See » de The Solid State, « Look & See » de Young Aristocracy, « Tiger Girl » de The Tigermen. Par le seul enchaînement des notes, le choix d’une progression réellement égyptienne, The Werps renouent avec les fondements sublimes de l’imaginaire colonial britannique.

 

 "Free Michael Jackson!!!" The Topsy Turbys 

 

Le Slave Ombrageux n’est pas la moindre dimension de cet imaginaire. Plusieurs critiques que je n’estime point ont cru perspicace de souligner que l’attirance des Anglais pour le vampirisme était la conséquence de leur puritanisme. C’est évidemment stupide, parce que ce qui importe est le sens du cadre et du paysage, non pas les goules poudrées portant jabots. Il n’est qu’à regarder « Le Bal Des Vampires » du grand cinéaste psycho-batave Roman Polanski, à l’époque superbe Polonais de Los Angeles, pour comprendre qu’au cœur du récit de vampire se tient le Château, et notamment ses abords. Le jour, la neige recouvre un petit cimetière et givre les fenêtres, une paix sinistre plane sur les escaliers et les tourelles. Sur quoi repose l’étrange envoûtement de ces visions ? Je pense qu’elles suggèrent à leurs spectateurs, au-delà de la puissance iconique de la pierre enneigée, l’impossible ensevelissement de l’espèce et son retrait protecteur. De même, The Tigermen munis du talisman de l’orgue du fantôme, à l’abri des corruptions.

 

Plus proche d’actuelles manifestations de l’essence psycho-batave, issu lui aussi de l’imaginaire colonial anglais, il y a le Zombie Haïtien. Pourtant, Dr John n’a jamais eu recours à l’orgue du fantôme, ce qui montre combien son art devait moins à la fascination originelle et abstraite des Anglais qu’au contact plus rugueux avec l’objet en personne. Nous le répétons, afin de jouer l’orgue du fantôme aussi judicieusement que The Werps, il faut accepter d’être livré à l’horreur primitive du colon, et rejeter la connaissance de l’indigène ou du moderne. Deux exemples, encore tirés du cinéma, me semblent nécessaires : le château battu par les flots de « White Zombie », la complainte hagarde et fataliste du musicien dans « Vaudou » qui vient annoncer : « shame and sorrow for the family ». Ce sont là deux motifs dont on identifie sans peine l’ascendance européenne et qui se trouvent réévalués dans le paysage inquiétant de Haïti, deux terreurs anglaises qui se greffent sur la magie propre au lieu.

 

Je parle de lieux mais je n’en oublie pas les personnages, en particulier l’exquis colonel en retraite. Deux génies littéraires ont créé ces personnages, pasteur, docteur, mondaine, héritier, savant, égyptologue, comtesse hongroise, qui eux aussi dansent au son de l’orgue du fantôme : G. K. Chesterton et Agatha Christie. La deuxième, surtout, a achevé la mutation de l’imaginaire colonial en boîte de jeux, devenir logique de ce que l’enfance prompte à l’effroi de Stevenson et de Wilkie Collins offrait sous la forme de récits d’aventure. Le récit à énigme a exacerbé, dans son confinement social-riche, dans ses décors invariables de charmantes campagnes anglaises et de croisières de luxe, le désir de protection à l’œuvre dans le fantastique anglais. Agatha Christie a permis la création du Cluedo, jeu sans autre intérêt que son plateau et ses merveilleux personnages. Hommage à Hercule Poirot, seul détective psycho-batave.

 

Voilà, il me semble avoir suffisamment expliqué la provenance de l’orgue du fantôme et si vous m’avez lu avec talent, vous devriez maintenant mesurer combien l’amateurisme, la rapidité, l’imagination fertile et le goût de la composition nette et fine sont aussi essentiels au surgissement du psycho-batave que l’orgue du fantôme lui-même.

 

 

 

 

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13 mars 2005 7 13 /03 /mars /2005 23:00

             Nouvel extrait des notes du grand Randall Webb.

 

            "J'ai rencontré Dan Penn en 1969 à huit miles de sa ville natale de Vernon, Alabama. Le regard arrogant et les traits tirés par le sel d'un désert, il se trouvait exactement là où je pensais qu'il se trouverait, dans ce rustaud café sis en face de la Corinth Baptist Church. Ce ne fut pas facile de l'aborder, sa mine virile n'encourageant pas l'épanchement. Je profitai d'une seconde de silence dans la chaleur pour me glisser jusqu'au juke-box et y insérer mes dernières pièces. Je choisis "Take me (just as I am)" de Solomon Burke, chanson admirable de Dan Penn qui sut rendre émouvant le gros chanteur-vendeur de pop-corn. Aussitôt la donne était changée : j'existais. Il leva rapidement les yeux sur moi, redressa son chapeau noir et me fit comprendre d'un mouvement des lèvres qu'il m'invitait à sa table.

            "J'ai cessé d'écrire depuis quelques mois." me dit-il sans détours après quelques minutes de conversation. Naïf, je lui demandais si les causes de cette retraite anticipée résidaient dans l'assasinat récent de Martin Luther King. Il me répondit que je ne faisais que déplacer le problème et que je commettais un amalgame entre sa créativité et l'histoire collective, de laquelle il m'avoua faire peu de cas, ce qui m'étonna énormément. Mais Dan, m'empressais-je d'asséner timidement, toi blanc d'âme afro-américaine, toi parangon du raffinement noir, unique rescapé de l'aristocratie sudiste éclairée, comment peux-tu ainsi faire semblant d'ignorer cette faille incommensurable et ses conséquences fatales sur cette musique inestimable que noirs et blancs imaginèrent main dans la main, mus par une commune inspiration céleste?

 

Dan penn (à droite) et des amis

           

              Il ne répondit pas, laissant ses yeux se détourner et se disperser dehors. "Connaissez-vous ce groupe nommé Flying Burrito Brothers?" Bien sûr, dis-je -et tout devint clair, retourné que j'avais été par leur ardente relecture de "The dark end of the street" publiée quelques semaines plus tôt et dont le lyrisme échevelé n'aurait pu échapper à la vigilance de mon coeur. Il comprit que j'avais compris, et eut la délicatesse de n'esquisser qu'un sourire. Nous n'échangeâmes plus un seul mot en dix minutes, dix minutes qui furent des plus intenses de ma vie. Je me souvenais bien sûr, comme si elle était en ce moment même diffusée dans le bar, de la version de James Carr : bouleversante histoire d'amour interdit qui n'explique pas les raisons de cette interdiction, qu'on ne peut par conséquent qu'imputer à la mesquinerie d'un monde trop lent pour la fulgurance de cette dévotion cavalante.

            Je me souvenais alors de mon enfance dans l'Arkansas et combien j'avais aimé de filles si imaginairement voilées, et je comprenais immédiatement la retenue toute baptiste qui, d'une manière ferme et sublime, retenait la chanson de James Carr au sol. Je saisis alors à quel point la reprise de The Flying Burrito Brothers faisait écho, dans mon immense histoire personnelle, à ma première nuit d'ivresse dans le foin et les bras de Martha, cette libération charnelle, d'un blanc d'étoile. J'étais Sterling Hayden, et mon corps voûté était une cabane pour le corps menu et dénudé de Joan Crawford.

            Le groupe de Gram Parsons a détourné la soul sudiste comme Johnny Guitar a perverti le western classique à la Anthony Mann : en l'irriguant d'amour sublime, en lui faisant quitter la posture immobile de l'homme à terre qui admire le ciel pour le mettre sur les rails du romantisme le plus aveugle.

            Et Dan Penn, le gardien des clefs qui ne pensait pas un jour se les faire subtiliser par plus blanc que lui, je l'ai laissé, mutique et impassible, finir son verre puis repartir sans dire au revoir."

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9 mars 2005 3 09 /03 /mars /2005 23:00

Tambourines and clap-hands

Le tambourin et les claquements de main sont partie intégrante du magnétisme sexuel du rock psycho-batave. C'est donc une heure et demie ardente que Jeanpop2 et son crew passèrent. M. Lesec, individu décidemment peu fréquentable, fut souffleté par M. Poire pour avoir comparé The Meters à ornette coleman. Pour éviter de futurs malentendus entre notre crew et le monde mesquin du j***, Jeanpop2 débutera sa prochaine émission par un sermon.

The Meters "Handclapping song"

Love "My little red book"

Thor's Hammer "The big beat country dance"

Oscar Toney Jr "Ain't that true love"

Sam Cooke "Having a party"

The Starlets "You don't love me"

Les Sauterelles "Janet"

The King-Beez "Now"

Hugo "Girl in the garden"

Jon "Upstairs downstairs"

The Romancers "That's why I love you"

The Chants R&B "One two brown eyes"

The A-Cads "Down the road"

Bill Pinkney "I do the jerk"

The Shadows Of Knight "Gospel zone"

Joe Tex "The only way I know to love you"

The Poets "That's the way it's got to be"

The Zombies "She does everything for me"

Roland Stone "Down the road"

The Mockingbirds "How to find a lover"

The Bagdads "Jelly"

The Rising Storm "Bright lit blue skies"

Jon Spencer Blues Explosion "Full grown"

Black And Blues "Come to me"

The Poets "I love her still"

Bunker Hill "Hide and go seek"  

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire.

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7 mars 2005 1 07 /03 /mars /2005 23:00

Jeanpop2 et le salut psycho-batave

 

Ce troisième et dernier volet de la table ronde consacrée aux oeuvres saintes de Jean Pop 2 promet d'en livrer la clef puisqu'il portera essentiellement sur le noyau dur de cette doctrine, à savoir le salut par la musique. Au vu des implications sérieuses de la question, le plateau se devait d'être plus relevé en matière de poètes et d'analystes. Aussi, les présences désormais coupables de L. et de C. étant proscrites, François Becquerel réfugié dans un ashram de San Bernardino, seuls M. Poire et le discret mais fulgurant Sred Sweign (Landive assumera le rôle de liant et de relanceur, ce qui est conforme à ses réelles dispositions) alimenteront la controverse.

 Sred Sweign : contre l'idée d'une famille génétique, la famille d'élection musicale, c'est, je pense, là le salut, pour peu qu'il y soit.

Jean-Pierre Paul-Poire : plutôt que famille, j'avancerais le concept d'armée, mais pas du tout tel que le sens commun l'appréhende. Quand Jean Pop 2 évoque ses soldats Kenny And The Kasuals, il n'entend pas renverser un régime politique ou contester l'ordre social, pas plus qu'il ne souhaite éradiquer les guerres. Il est bien question de conquête, voire de croisade et ce, dans les termes spirituels les plus purs, ou bien défrichage et préservation d'un imaginaire accru, expansif, dédié à la beauté. Les foules rejettent cet idéal, simplement parce qu'elles n'en sont pas dignes.

Landive : ne soyez pas élitiste, Poire.

S.S. : j'aime, Poire, lorsque vous mettez en péril les conceptions d'autrui. Permettez-moi seulement de mieux défendre ma thèse, d'après laquelle la sanctification musicale s'accorde avec le thème de la famille d'élection. Ainsi, nos fils et les fils de Jean Pop 2 sont les groupes qu'il met en lumière, sont à une cause mondiale qui les dépasse, des sacrifiés iridescents. Voyez The Underdogs, que la perte de leur contrat précipita dans les crevasses de l'Histoire là où se forgent les armures immarcescibles de Jean Pop 2.

P. : Vous qualifiez là ce que certain philosophe nomme la Ruse de la Raison. J'ajouterai que si les lieutenants sont les fils, l'affection qu'on leur doit repose non pas sur de très hypothétiques liens héréditaires, même choisis, mais sur la bravoure de leurs actes, dans la mesure où ceux-ci ont atteint la majesté psycho-batave. Nous effleurons depuis le début cette notion centrale qui explique et motive le sacrifice et en somme offre le salut. J'aimerais, M. Sweign, que nous dirigions notre réflexion dans ce sens.

S. S. : La famille-armée de confession psycho-batave, nous tenons enfin le nom générique pour désigner ceux qui seront sauvés. Alors Sonny Flaherty, Wayne Proctor, James Knight, parce qu'ils sont turgides d'une même sève symbolique, ont pourchassé en régiments épars et aveugles les grâces souveraines du psycho-batave.

L. : (...)

P. : nous posons la question. Que faut-il pour jouer psycho-batave, si c'est là la condition pour entrer dans les rangs d'une famille-armée et ainsi obtenir le salut ? Je propose un premier élément de réponse qui serait le tamburine-beat insatiable, forme achevée de la pulsation du désir.

S.S. : du désir délivré d'assouvissement.

P. : un deuxième élément consisterait en la joie harmonique mesurée, telle que l'a portée à sa perfection The Easybeats, initiée par Roy Orbison, qu'on pourrait par ailleurs rapprocher, sans les confondre, de la délivrance harmonique replète de The Beach Boys, formation italo-américaine, et non psycho-batave. J'avance enfin un troisième élément qui est l'indépassable concision, où frémit le sentiment en même temps que la ferveur mélodique s'y fait jour.

S.S. : ce sont là pierres de touche d'un bâtiment merveilleux que l'esprit ne saurait embrasser dans son entier mais que vous et moi, Poire, pouvons décrire intuitivement, au moins en partie. Le psycho-batave comporte de si nombreux aspects que nous en donnons seulement les plus saillants. A nous d'en identifier le plus possible, afin de dresser un jour les Tables faramineuses du Psycho-batave.

L. : vous avez parlé de Pierre de Touche, ça m'a tout l'air d'être un sacré pédé progressif, celui-là.

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2 mars 2005 3 02 /03 /mars /2005 23:00

Dépression nerveuse

 

Jeanpop2 invita ce soir là le docteur Bon, psychiatre fortement controversé pour ses théories d'apparence parfois fantaisistes, et peu invité en raison de son comportement imprévisible et agressif. Sous ses conseils néanmoins avisés, l'émission se mit en place selon les trois phases chronologiques de la dépression : la rêverie mélancolique, l'éveil de la souffrance et la crise de nerfs. M. Poire absent, M. Landive s'est montré singulièrement entreprenant et aigre envers notre bon cher collaborateur. M. Lesec, auquel était accordée une seconde chance, traîne encore dans le purgatoire en raison d'une anecdote se déroulant dans le milieu du j***.

The Blue Rondos "Little baby"

The Outsiders "I love her still"

The Heartbeats "Cryin' inside"

Michael (The Bad Seeds) "I'm nobody's man"

The Mauve "You've got me cryin'"

Henchmen "Please tell me"

Tim Hardin "It'll never happen again"

John Williams and the Tick tocks "Blues tears and sorrows"

Roy Orbison "It's over"

The Tormentors "She's gone"

Q65 "The life I live"

Good Feelins "Shattered"

The Amberjacks "Blue Jaunte"

The Lost Souls "Peace of mind"

Junior Kimbrough "Sad days lonely nights"

John Schooley "Chicago breakdown"

Shepherd's heard "I Know"

The Atlantics "Come on"

I Principi "Diabolik"

The Incrowd "Set me free"

The Buzz "You're holding me down"

Vince Taylor "My baby left me"

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire.

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28 février 2005 1 28 /02 /février /2005 23:00

              Le lyrisme des deux derniers disques de The Impressions ne repose pas seulement sur les compositions de Curtis Mayfield. Il naît en grande partie de leur sonorité étrange, qui allie le goût classique pour la luxuriance et l’espace avec la puissance sans partage des cuivres et du jeu de guitare. C’est à la fois une musique d’arrangeurs, portée sur l’emphase, parfois académique, et une musique vivante, où l’instrument, plus du tout considéré comme pièce du dispositif orchestral, sort de ses rives, ou presque. A la différence du j***, auquel un lecteur malveillant ne manquera pas de penser, il n’y a aucun solo dans la musique de The Impressions, aucune mystique de l’expression, aucun voyage intérieur. Rien de stupide. Car l’instrument se met au service de l’ensemble, même s’il le fait en rugissant. Une mélodie jouée par le violon s’insère dans la chanson dont elle sera l’indicateur du drame, un chœur de trompettes voudra élever le sentiment et souligner la fierté du chant au moment du couplet. C’est toujours l’air qui justifie la participation des instruments, en quoi l’art de The Impressions relève apparemment d’une conception classique de la poésie : la représentation idéale d’un concept de la nature dont la réalité empêche le plein et harmonieux développement. Mais, dès lors que la représentation rompt avec l’idéal, l’équilibre des parties, qu’elle recherche la déformation, l’amplification au profit de l’intensification des traits, nous entrons dans autre chose, qui est l’art maniériste. The Impressions, maniéristes de la soul. Comprenons bien que l’art maniériste reste un art de la représentation, qu’il ne se prend pas lui-même pour objet, qu’il rejette toute transcendance et toute intériorité à la fois, bref qu’il se distingue du goût moderne. Le maniériste est simplement celui qui, pour nous parler de la nature, choisit de la styliser à l’extrême, souvent sur le mode de l’amplification (The Impressions mais aussi Brian De Palma). Voyez à quel point je ne doute pas de ce que j’écris.

 

 "Mickael Jackson est innocent" Fred Cash

           

            « My Deceiving Heart » est l’aboutissement de cette recherche ornementale. Au contraire d’une ballade de Paul McCartney, classique en ce qu’elle équilibre ses forces et vise à la plénitude d’un sentiment, produisant ainsi un effet de lissé, une ballade de Curtis Mayfield, un peu comme une ballade de The Band que chanterait Richard Manuel, comporte des accents, des notes italo-américaines, si bien que le sentiment est généré par la quantité de traits plutôt que par la qualité idéale d’un ensemble. Il s’agit pour Curtis Mayfield de graduer le sentiment là où Paul McCartney préfère l’exposer dans ce qu’il a d’achevé. Illustration : « Hey Jude » terrasse par la séquence mélodique toute entière ; « My Deceiving Heart » chavire d’abord par l’introduction vieux loup à l’orgue et au piano, ensuite par le riff de guitare et la cadence qu’il suscite, enfin par le soutien du chœur, et plus généralement, par l’irrégularité du chant de Curtis Mayfield. Cet amoncellement (incomplet) des traits, plus que le continuum mélodique et harmonique, excellent de toute manière, fait la beauté maniériste de la chanson. La succession de trouvailles, d’éclats, la volonté constante et pathologique de faire couler les larmes, non sur la durée mais dès l’apparition de signaux, la couleur unique et aveuglante des arrangements, telles sont les conditions d’un art maniériste, superlativement remplies par « My Deceiving Heart ». Non, il ne s’agit pas de variété, parce que tout ici, sans être boursouflé, aveugle par la grâce et le luxe des moyens mélodiques, incompatibles avec l’indigence de la variété sur ce plan, par la splendeur et le règne des arrangements, qui comme dans un film de Vincente Minnelli doublent toutes les scènes, par la profusion d’harmonies enfin –là, plus de comparaisons, le secret s’est perdu à mesure que se mettait en place la tyrannie mortelle de la variété. Quantifier n’est pas alourdir et tant que la confusion sera faite, des imbéciles, ceux-là même qui vous chantent les louanges de leurs « Otis », « James » (le génie de ces deux-là ne souffre pas qu’on les traite en intimes)  ou « Aretha » (fossoyeuse de la soul, pourvoyeuse de j*** soft aseptisé dont la musique inonde n’importe quel film familialiste ringard avec Robin Williams, mère de monstruosités frigides comme Alicia Keys qui ne sert que des clichés sentimentaux faisandés et qui ne mérite absolument pas qu’on la respecte, et là l’horreur un temps propagée par le Philly Sound doit être incriminée, destructrice de tout ce qui a été beau et psycho-batave dans la soul music, Aretha,  prisée des directeurs de chaînes de télévision, des festivaliers ignares et de Bill Cosby, qui éclipse depuis bientôt quarante ans Betty Harris, Della Humphrey et Gwen McRae, qui a sacrifié la soul music à l’usure du rock business, qui est apparue dans le désastreux Blues Brothers), puisqu’ils sont les gardiens de la tradition et de l’ordre, jugeront que The Impressions sont un orchestre de variété. Cela est intolérable et vous mourrez tous.

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28 février 2005 1 28 /02 /février /2005 23:00

Choeurs et harmonies

Jeanpop2, en homme de goût, aime les harmonies délicatement ciselées, et l'homme d'action en lui se galvanise de choeurs virilement rythmiques. Ainsi furent débattues, ce mercredi soir, ces notions à la fois distinctes et parentes. MM. Poire et Landive furent bien surpris de voir arriver en pleine émission M. Lesec qui, rappelons-le, en fut évincé à cause de sa fréquentation intime de M. Couderc et du jazz. Gageons que Jeanpop2, dans sa sublime munificence, laissera une seconde chance à ce naufragé...

 

The Majority "One third"

The Easybeats "Lisa"

Unrelated Segments "Where you gonna go"

The Byrds "Have you seen her face"

The Other Four "Once and for all girl"

The Burgundy Runn "Stop!"

The Impressions "Isle of the sirens"

Ernie K. Doe "Here come the girls"

The Clovers "Good lovin'"

Bobby Fuller "Don't ever let me know"

The Dovers "She's not just anybody"

Summer's Children "Milk and honey"

Of Montreal "Good morning M. Edminton"

The Action "Harlem shuffle"

The Merlynn Tree "Look in your mirror"

The Temptations "I heard it through the grapevine"

Connie Austin "She made a mistake"

Buddy Holly "Rave on"

The Chambers Brothers "I can't stand it"

Lee Dorsey "People I wish you could see"

The Fabulous Denos "Once I had a love"

The Ascots "Summer days"

Olivia Tremor Control "Spring succeeds"

The Beach Boys "Anna Lee the healer" 

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire.

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27 février 2005 7 27 /02 /février /2005 23:00

            Jeanpop2 était en vacances avec les Jeannettes sur la côte ouest. Cette douce compagnie avait décidé, pour se relaxer du voyage, de s'attabler à la terrasse d'un café choisi pour son âpreté visuelle et son manque de pittoresque. Leur repos fut de courte durée : des trentenaires aux crânes rasés et fines lunettes bleues vinrent s'asseoir près d'eux et se mirent à bavasser de The Radiohead en vantant le sérieux politique et artistique de ce groupe citoyen. C'en était trop pour le fourbu Jeanpop2. Il poussa un cri de rage, renversa sa table et apostropha ainsi cette clique : 

 

             "AAHHH! Il est temps d'affronter la vérité : vous êtes vieux et sans coeur! Votre vie s'épuise en contingences dénuées de la moindre rêverie! Vous travaillez jusqu'à mourir d'épuisement, redoutez d'être trop longtemps retenus devant un feu rouge car vous n'avez aucun but dans votre vie hormis celui de ne pas penser à son terme! Votre engagement politique n'est qu'un loisir sans conséquence! Excrément! Vous n'avez pas la moindre notion de la Flânerie telle qu'elle a été théorisée par Sred Sweign, poète non-institutionalisé dont le génie passera toujours au-dessus de vos têtes lisses! the radiohead! HAHAHAHAHAHA! HAHAHAHAHA! HAHA! Etes-vous des hommes ou n'avez-vous jamais eu conscience du génie d'Harry Vanda et George Young, que vos idôles louchantes, faméliques et sainement engagées n'osent pas citer, de peur de disparaître instantanément dans les oubliettes de l'art?

            The Easybeats commencèrent leur carrière en Australie, mais en rêvant du Merseyside et des jolies filles qui hantaient le club The Cavern, plus fraîches et douces que les gorgones violentes de Sydney. Leurs deux premiers albums, plus qu'honorables mais encore dénués de grâce, nous les révèlent en émouvants expatriés de sol et d'âme, soucieux d'apporter à leurs chansons cette touche anglaise tant fantasmée en cette fin d'époque 1965-1966. Précisons de manière tout-à-fait factuelle que les chansons étaient alors signées George Young (guitariste) et Stevie Wright (chanteur), c'est-à-dire qu'on reste encore à la lisière du sublime, on attend encore l'éveil miraculeux qui commence à s'accomplir avec le premier titre du troisième album, "Sorry", chef-d'oeuvre indéniable de l'équipe Young/Wright. Rythmique implacable, métallique, danse sauvage que viennent éclairer en fin de piste les choeurs de Vanda et Young, choristes géniaux dans la profusion d'idées comme dans l'exécution.

 

 

            Un des beaux versets de cette histoire est que le groupe dût déménager en Angletere pour s'affranchir de ses obsessions Liverpudliennes. Le 45 tours subséquent, "Friday on my mind", produit par l'aveugle Shel Talmy, n'est heureusement plus à présenter, et pour cause : c'est un phare absolu. Le morceau grâce auquel régulièrement, et encore de nos jours, des milliers de jeunes gens délaissent un avenir confortable et assuré pour rejoindre l'usine, le travail de nuit, renouveler les gestes somnanbuliques et ressentir le désir cataclysmique de l'ouvrier qui attend de tous ses muscles la libération du vendredi. Fulgurance psycho-batave absolue, pour laquelle on accepterait volontiers de sacrifier son intelligence et toute vie sociale afin de se perdre pour l'éternité dans les méandres de ces harmonies extraordinairement compliquées et limpides pourtant. "They don't know what it means to be alive" surenchérit le titre suivant en me l'apprenant. Et, comble du sublime, l'histoire de The Easybeats ne s'arrête même pas là. L'album "Friday on my mind", dont la géniale inégalité est soulignée par la reprise à prendre au premier degré de "River deep mountain high", sera suivi de deux médiocres albums dont une multitude de titres sont à sauver néanmoins. Peu importe.

            Passons directement à l'ombre dans l'histoire. En 1977 sont rééditées des bandes enregistrées entre 1966 et 1968, sous le titre "The shame just drained", collection incroyable de morceaux composés et dirigés par Vanda et Young. Les notes de l'album prétendent que si ces titres avaient vu le jour à l'époque, l'histoire du rock en aurait été changée. Et l'on ne peut que souscrire à cet argument, à tel point The Easybeats bouleversent ici la notion même de goût : comment "Lisa", "Peter" ou "Amanda Storey" (véritables êtres animés d'émotions, suggèrent ces titres touchants comme le refrain de "Friends of mine" de The Zombies), destinés par leur enflure, leur grandiloquence, à végéter dans l'arrière-cour faussement entretenue du pédé progressif, comment ces titres au souffle presque trop long sont ils si clairement irrigués par l'essence psycho-batave? D'un autre côté, le groupe est en ces moments immortels loin d'oublier sa propre humanité profonde : ainsi, pas d'heroic fantasy putride ou de fantaisie psychedelick-my-ass dans les textes, mais des bouleversantes confessions d'homme moyen comme dans "Me and my machine" ("Bought myself a car /thought I would go so far /thought all the girls would hang around with me /but so far I've been wrong /cos' no girls came along /and now there's just a car and only me /I thought that happiness was just a car away") dont la pulsation spectorienne en fait un véritable hymne populaire.

            Et malgré mon manque d'oxygène, je m'en vais tout de suite vous porter le coup fatal. En 1968, The Easybeats infligèrent à leur méchante époque poilue le suprême bon goût d'enregistrer un morceau superlativement mélodique, sexy, violemment exalté, et de ne pas le laisser paraître pour ne pas le voir se noyer dans la boue. Ce morceau s'appelle "I'm just trying" et c'est en son nom que je m'en vais de ce pas vous émasculer."

           

            Ainsi fit Jeanpop2. Les Jeannettes, bonnes vestales, immolèrent les attributs génitaux des infidèles.

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22 février 2005 2 22 /02 /février /2005 23:00

Italo-Américains

Jeanpop2 et sa cour se sont acharnés cette fois-ci à élucider le concept de rock, donc de mode de vie, Italo-américain. Ainsi tout ne fut que satin, bon goût, politesse et veste lamée pendant cette heure et demie. En revanche, la gourmette de M. Poire et la playlist disparurent mystérieusement lors de l'émission. Voici donc les titres dans le désordre.

 

The O'Jays "Let it all out"

Bergen White "Hurt so bad"

The Miracles "Baby baby don't you cry"

JJ Barnes "Baby please come back home"

The Universals "New lease on life"

Johnny Robinson "Gone but not forgotten"

The Sweet Things "You're my lovin' baby"

Bobby Mandolph "Tell me tomorrow"

Eddie Whitehead "Just your fool"

Plush "What'll we do"

Rudy Bennett "I'm so proud"

Michael (The Bad Seeds) "Gotta make my heart turn away"

The Mystery Trend "There it happened again"

Los Chijuas "Esclavo del sueno"

The Easybeats "Can't take my eyes off of you"

The Young Rascals "How can I be sure"

The Young Rascals "Lonely too long"

The Steeple People "Green Plant"

Ruby and the Romantics "Hey there lonely boy"

The Lovettes "Lonely girl"

The Four Seasons "Let's hang on"

Johnny Ace "Pledging my love"

The Flamingos "I only have eyes for you"

Dion and the Belmonts "Where or when"

Vous pouvez écouter l'émission en direct tous les mercredis de 20h à 21h30 sur le site de radio campus Orléans (voir les liens). Vous avez grand intérêt à le faire.

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